Dossier

mardi 19 octobre 2010

Friday Night Lights : viens te faire foot !

En DVD : Il y a six ans, Peter Berg (Hancock, Le Royaume) adaptait un bouquin d’HG Bissinger : Friday Night Lights. L’histoire d’une petite ville du Texas qui vit au rythme de son équipe de College Football. Succès aux USA, le film ne dépassa pas les frontières et pour cause, le football américain n’a jamais trouvé d’écho à grande échelle en Europe.

Grey’s Anatomy chez les rednecks !

Mais fort de son marché domestique, Peter Berg, se dit que le sujet étant tellement riche, il y avait de quoi produire une série TV. Ainsi en 2006, Friday Night Lights voit sa saison 1 et ses 22 épisodes débouler sur NBC. Le succès est immédiat, et  la chaîne diffuse cette année la 5e saison. En France, c’est NRJ 12 qui avait les droits avec TF1. Résultat : faute d’audience après six épisodes, NRJ 12 abdique et TF1 enterre la série. Finalement, Universal obtient le droit de sortir la saison 1 en DVD en septembre 2010 ! Et c’est là que j’interviens : achetez fissa cette série qualifiée par USA Today d'"une des séries TV les mieux écrites, jouées et produites de la télévision".

Que l’on se rassure, pas besoin d’y connaitre grand-chose au foot US, car il n’est ici que le fil rouge pour visualiser à la loupe la vie d’un petit village rempli d’irréductibles yankees. On y parle de Dieu, de politique, de guerre - et pas en bien, croyez-moi. A Austin, le quaterback titulaire est handicapé à vie (1er épisode), du coup sa fiancée sort avec son meilleur ami, son remplaçant est une lopette sur le terrain, il travaille au McDo et s’occupe de sa grand-mère atteinte d’Alzheimer, car son père est en Irak. Le coach se voit critiqué par le maire et ses adjoints, et ses choix sont sans cesse remis en cause par la plèbe, voire jusque dans son foyer.


Dans le village d’Austin, nous suivons la vie de la population au rythme de sa jeunesse sportive car ici, tout le monde ne vibre que pour le match du vendredi soir. Le modèle US porté à son paroxysme : le foot est la seule échappatoire pour les jeunes de quitter leur bled, il est pour les vieux le seul divertissement et il est pour tous une raison d’être, d’espérer (ou pas), mais il est surtout une raison de vivre. Avec un casting au couteau, une bande d’inconnus tous plus brillants les uns que les autres, sur une mise en scène décalée en plan serré, cadrage, décadrage, proche des gens, et avec des riffs de guitares rappelant un Radiohead première époque (en réalité, il s’agit du groupe Explosion in the sky), la série a en plus une identité visuelle qui ne se substitue à aucun moment à l’histoire.

Berg Alors !

Voilà enfin une série ou il n’y pas de président à sauver, de prison d’où s’évader, d’île mystérieuse, de vampires de Louisiane, de flic psychopathe ou serial killer ou encore de meurtres à élucider à partir d’un poil de cul resté collé sur un couteau à Nutella au fond d’une armoire de cuisine. Bref, voilà une série qui parle de la vraie vie des rednecks, à savoir des gens de la France profonde… au Texas !  

Friday Night Lights est sans doute aujourd’hui la série US la plus progressiste, où les valeurs de solidarité, de rivalité, de courage et tout simplement de règles de communauté sont mises en avant

Marcel Martial (Coach Marcel)

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