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samedi 18 juin 2022

Bill Finger : dans l'ombre de Batman

Bill Finger Dans l'ombre du mythe BD comics Batman CINEBLOGYWOOD

A lire : "Créé par Bob Kane". Pendant de longues années, les lecteurs de Batman connaissaient le nom de celui qui avait inventé le célèbre Chevalier noir. Sauf qu'à l'origine du super-héros, il y avait un duo, dont l'un des membres est resté ignoré du grand public. Julian Voloj et Erez Zadok le tire de l'oubli avec un superbe roman graphique : Bill Finger Dans l'ombre du mythe.


Après s'être intéressé à Joe Shuster, l'un des pères de Superman, Julian Voloj a voulu mettre sous la lumière Bill Finger. Au côté de Bob Kane, il a donné vie au détective ailé, élaborant une mythologie qui l'a rendu immédiatement populaire et lui inventant de prestigieux ennemis. Mais cet apport fondamental est resté méconnu pendant des décennies. Et pour cause, Bob Kane avait l'habitude de traiter en direct avec les éditeurs mais aussi de faire travailler des collaborateurs sans les créditer dans les comics. Créateur de génie, Finger était un piètre gestionnaire et un ami naïf.

Dans les années 1970, fans et spécialistes lui ont rendu hommage, obligeant Bob Kane à reconnaître la contribution de son partenaire. Mais Finger en a peu profité. Il est mort seul et sans sou, bien avant que DC Comics ajoute enfin son nom à côté de Kane sur chaque aventure de Batman. Le scénariste serait resté dans les limbes d'une industrie qui a broyé bien des talents sans l'enquête acharnée de Marc Tyler Nobleman, qui a débouché sur un livre, Bill The Boy Wonder, dont s'est inspiré Julian Voloj.

La belle idée de Voloj, c'est d'avoir raconté le destin de Bill Finger à travers l'enquête de Nobleman. Lequel se voit parfois affublé d'un side-kick imaginaire. On suit le "détective" sans cape sur les traces d'un artiste qui semble avoir disparu, sans en laisser aucune. Le récit, mené sur deux échelles de temps, est rythmé et vivant. Le dessinateur Erez Zadok le met en scène avec son trait expressif et souple, qu'il enrichit par un somptueux travail sur les couleurs. Le duo fait preuve de beaucoup d'inventivité pour rendre hommage et réhabiliter un scénariste méconnu. Leur BD peut également être lue comme un témoignage sur la difficulté pour un talent de vivre de son art. A quoi tient une carrière. Une vie.

Comme d'habitude, Urban Comics a soigné l'édition. L'album est magnifique et l'histoire enrichie par un avant-propos de la petite-fille de Bill Finger, une intro de Marc Tyler Nobleman et une postface de Julian Voloj.

Chroniques du Chevalier noir

C'est un pavé mais pas de ceux qui tombent des mains. Au contraire, on s'y agrippe à ce volume 1 des Batman Chronicles. 448 pages qui compilent en format souple l'ensemble des aventures du Chevalier noir publiées en 1987. Sous la houlette de Dennis O'Neil, les enquêtes du détective capé se font plus sombres et plus violentes. Et elles sont réalisées par quelques-uns des plus grands artistes de l'époque (et de tous les temps, d'ailleurs). A savoir : Jim Starlin, Frank Miller, David Mazzucchelli, Max Allan COllins, Alan Moore, Jim Aparo, Ross Andru, Dave Cockrum... Au sommaire : Year One, Son of the demon et d'autres épisodes dans lesquels Bruce Wayne affronte la pire engeance de Gotham mais aussi ses propres démons. Indispensable !

Anderton



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