mardi 29 septembre 2015

Jean-Louis Trintignant (2/2) : expérimentations et engagements - VIDEOS


Artistes : Dans le cadre de la publication de Jean-Louis Trintignant l’inconformiste, de Vincent Quivy (Seuil), Cineblogywood revient sur la carrière originale de cet acteur atypique. Après un premier article sur Jean-Louis Trintignant, la star boulimique, inconformiste et fidèle, découvrons ses passages derrière la caméra, sur les planches ou le petit écran.



Nadine Trintignant

Son épouse, jusqu’en 1976. Il tournera 7 films avec elle, dont un court métrage et un pour la TV. Des films pour la plupart d’inspiration ouvertement biographique, qui livrent des clés sur l’homme Trintignant, ses douleurs et ses joies. Un peu oubliés aujourd’hui, ils mériteraient, à moins d’une réévaluation, un nouveau visionnage à coup sûr. Citons en particulier Mon amour, mon amour (1967), L’Eté prochain (1985) et surtout Le Voyage de noces (1976), qui raconte et scelle la rupture entre l’acteur et la réalisatrice.




Jean-Louis Trintignant réalisateur

Deux films et demi ! Deux échecs et demi. Pourtant, jeune frais émoulu de son Gard natal – Pont Saint-Esprit – quand il monte à Paris, c’est d’abord pour faire du cinéma en tant que réalisateur. Son 1er film, Une journée bien remplie, avec Jacques Dufilho et Luce Marquand (la mère de Nadine T), est un échec d’un point de vue commercial, mais reste adulé par les amateurs d’humour noir et d’absurde. Il reste secrètement lié à la perte de sa fille Pauline, décédée un an plus tôt dans de tragiques conditions. 

Son deuxième film, Le Maître-nageur (1980), tiré du roman de Vahé Katcha, avec Moustache, Jean-Claude Brialy, Stefana Sandrelli, Guy Marchad et JLT himself, est une fable sur les rapports dominants-dominés, située dans le Nord roubaisien et une piscine d’un milliardaire dans le Midi, dans laquelle se tient un marathon aquatique. Ni le second degré ni l’humour sarcastique ne tiennent la rampe. Le film est un échec cinglant. Victime d’un accident de moto, il laisse la place à Dominique Roulet pour réaliser le film qu’il envisageait de réaliser en 1993, L’Oeil écarlateJean-Louis Trintignant restera un acteur qui aura réalisé deux films.



Hamlet et le théâtre

Hamlet est le grand rôle qui l’a tenu tout au long des années 60. Il joue le rôle à deux reprises, sous la houlette du même metteur en scène, Maurice Jacquemont. Une première fois, avec un certain succès en 1960, même si les critiques portaient sur son jeu ; une seconde fois, en 1971, sous les huées des critiques, qui pourtant, épargnèrent son jeu. Un échec qui le meurtrit profondément, au point de l’éloigner des planches jusqu’en 1986. Un rôle qui a secrètement irrigué toute sa carrière. Admirateur de Charles Dullin qui lui a ouvert sa vocation au début des années 50, il joue au total près d’une trentaine des pièces – Tennessee Williams, Marcel Pagnol, Ionesco, Françoise Sagan, avant 1971 ; Yasmina Reza, Samuel Benchetrit, Aragon, Apollinaire plus récemment.



Ses expériences à la télévision

En se retirant du cinéma après La Vallée fantôme (1987), d’Alain Tanner, il se rapproche à la fois des planches, et des plateaux de TV. Il y tourne des œuvres marquantes et exigeantes, tout en étant populaires : Credo, de Jacques Deray ; Pour un oui, pour un non, le texte de Nathalie Sarraute adapté par Jacques Doillon ; et surtout, La Controverse de Valladolid, de Jean-Daniel Verhaeghe, sur un scénario de Jean-Claude Carrière.





Ses engagements politiques

Discrètement, mais en choisissant judicieusement ses films, Jean-Louis Trintignant a souvent manifesté son ouverture au monde et son soutien ou opposition à des causes politiques : le régime des colonels en Grèce, via Z de Costa Gavras; les suites de la guerre d’Algérie, avec L’Opium et le bâton, de Rached Achedi ; le tiers-mondisme, à travers L’Attentat d’Yves Boisset ; l’ingérence américaine avec Under Fire  de Roger Spottiswoode ; la chute d’Allende, avec Il pleut sur Santiago, d’Helio Sotto. Proche de la bande à Montand-Signoret dans les années 60, il est resté longtemps l’ami de Jorge Semprun.



Travis Bickle


1 commentaire:

Tietie007 a dit…

J'ai toujours apprécié Trintignant, notamment dans Le Fanfaron avec Gassman.