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mercredi 15 juillet 2009

La Baie sanglante : Mario Bava se jette giallo

En DVD : Allez, autant l’avouer : visionner un DVD, bien que somptueusement édité et enrichi par Carlotta, d’un film de Mario Bava ne me disait rien.
Le cinéma bis, avec son lot de scènes gore et d’érotisme pré-pubère, je passe la main et laisse Marcel Martial s’exécuter !
Reste qu’un soir de bourgeonnement estival, ma main a ripé : croyant glisser la galette d’un bon vieux Losey (Monsieur Klein), me suis retrouvé devant La Baie sanglante (Reazione a Catena, 1971). Merci Losey ! Mais faudra quand même que je range ma DVDthèque…
Mocky, De Palma, Haneke
Je m’égare. Avec La Baie sanglante (ci-dessous le trailer d'époque), Mario Bava signe un petit-chef d’œuvre en son genre, représentatif du giallo – film d’horreur italien en cours dans les années 70, qui tient son nom de la couleur jaune qui orne la couverture des polars publiés en Italie.
Avec une intrigue gore d’Agatha Christie – une héritière sauvagement assassinée, des individus qui vont jusqu’au bout pour s’accaparer son héritage, qui pour monter un projet immobilier, qui pour raisons familiales, etc… - Mario Bava réalise un pur joyau de mise en scène. Il recrée une atmosphère d’angoisse avec les moyens de bord – zoom, panoramiques, images floutées – et fait montre d’un sens du montage particulièrement efficace – il n’est qu’à voir la scène d’ouverture, absolument magistrale dans son montage et son découpage.
Si l’on pense à Mocky pour le côté caricatural et grotesque de l’intrigue et des personnages, c’est De Palma qui nous saute aux yeux pour ce qui est de la mise en scène – autant dire un maître. Quant au final, stupéfiant, on n’est pas loin de Haneke et Funny Games.
Bref, un bon petit film du samedi soir, mené entre autres par la très excitante Claudine Auger-et-son-petit-grain-de-beauté-juste-là, à compléter par l’érudite présentation du film assurée par le Philippe Manœuvre du cinéma, son acolyte Jean-Pierre Dionnet.
Travis Bickle


jeudi 6 mars 2008

Les Trois Visages de la Peur dans ta face

En DVD : Mario Bava est un cinéaste dont tout ceux qui s'intéressent un peu à l'histoire du cinéma ont entendu parler. Souvent sans savoir ce qu'il a réellement apporté ou en l'associant à de la série B horrifique et datée (il est vrai que sa filmographie en regorge). Il serait pourtant dommage de laisser ses oeuvres à la seule communauté, évidemment restreinte, de geeks éperdus devant la maestria du réal transalpin.
Rendons donc grâce aux Editions Montparnasse qui nous permettent de redécouvrir le réalisateur auquel certains des plus grands prêtent allégeance : Tarantino, Carpenter, Burton...
Avec la réédition des Trois Visages de la Peur (titre US: Black Sabbath) en DVD, nous plongeons dans le meilleur de l'univers macabre de Mario Bava : un univers sombre dans lequel le danger est partout présent même s'il devient rarement concret.
Lieux macabres
Le secret du maître réside dans la création d'une atmosphère lugubre propice au développement de la peur : la tension est permanente. Durant les trois sketchs constituant Les Trois Visages de la Peur (adaptations de nouvelles de Tchekov, Maupassant et Tolstoï), l'ancien chef op prend le temps d'installer ses protagonistes dans un lieu unique (un appartement, une auberge...) où il fignole ses éclairages angoissants selon l'évolution du récit.
Ce n'est pas tant les menaces, réelles ou imaginaires, pesant sur les héros qui provoquent le frisson (un criminel rancunier, des vampires assoiffés, une apparition machiavélique) mais bien ces lieux où seul le pire, inévitable, peut se produire.
D'ailleurs on perçoit jusque dans la dernière partie, considérée par les afficionados comme la plus aboutie, une certaine ironie dans la manifestation du danger. Comme si Bava, satisfait nous avoir bien foutu les jetons avec quelques lampions, ne se préoccupait guère de montrer ce qu'il nous dissimulait...
Mon conseil : à voir ne serait-ce que pour Michèle Mercier en nuisette...
Bonus : la scène du dernier sketch pendant laquelle nos papas ont dû rassurer nos mamans.
Sentenza (Bava)

mercredi 26 septembre 2018

Make My Day! Du nouveau dans le culte

En DVD et Blu-ray : C'est aujourd'hui que StudioCanal commercialise les quatre premiers titres de sa nouvelle collection vidéo, Make My Day! Tel l'inspecteur Harry, Jean-Baptiste Thoret, sélectionneur en chef, dégaine des pépites oubliées ou méconnues pour "faire la journée" (et la nuit) des cinéphiles dans des combos Blu-ray & DVD.

mercredi 17 mai 2017

Le Festival de Cannes selon Gérald Duchaussoy (Cannes Classics)

Buzz : Bienvenue à la saison 5 de notre Questionnaire cannois (découvrez nos interviews) ! Le principe : Cineblogywood soumet à des professionnels du cinéma douze questions sur leur Festival de Cannes. Premier rendez-vous avec Gérald Duchaussoy, assistant de Thierry Frémaux à Cannes Classics. Où il est question de jogging, de Chesterfield Light et de Mario Bava.



jeudi 13 août 2009

Prolongez l'été italien !

En salles et En DVD : Il fait beau, les terrasses s’animent, le campari coule à flots, les jupes virevoltent, les piaggio pullulent. Cet été, Paris ressemble davantage à Rome qu’à Beauvais. Comme la saison cinématographique qui vire clairement italien. La preuve avec ces nombreuses rééditions, en salles comme en DVD :

- Ces Messieurs Dames : Palme d’or 1966 ex aequo avec Un homme et une femme – ce qui s‘appelle avoir le sens de l’à propos, sifflée par le public, représentatif d’un genre dont seuls les Italiens semblent détenir le secret : le film à sketches. Immanquable.
- Casanova 70 : une pure kistcherie signée Monicelli, qui vaut le détour pour un sublime générique 70’s en diable, et un cameo de Marco Ferreri hilarant en mari jaloux. Dispensable, néanmoins
- le dyptique Hier, aujourd’hui, demain (dont on vous reparlera) et Mariage à l’italienne : à voir pour le couple glamourissime Marcello Mastroianni- Sophia Loren
- Scola, à travers ses deux films les plus réussis, qui ressortent en salles. Et les plus emblématiques de son œuvre : Une journée particulière, magnifique huis-clos historique d’inspiration théâtrale, filmé en sépia ; Affreux, sales et méchants, qui relève de sa veine satirique et politique.
- Dino Risi, dont on ressort un autre fleuron du film à sketches, Les Monstres.
- Mario Bava : magnifique travail de Carlotta qui à travers ce cinéaste ressuscite un genre typiquement italien et tombé dans l’oubli, le giallo, source d’inspiration manifeste d’un réalisateur comme de Palma
- enfin, ressortent les tout premiers films de Nanni Morretti, Ecce bombo, Je suis un autarcique et Sogni di Oro, le cinéaste post-Fellini et post-comédie italienne

Merci, entre autres, à Carlotta (Pasolini et Antonioni), à Opening (Monicelli)et aux éditions Montparnasse (Rosi, Monicelli) pour ce patient travail de mise au jour d’une cinématographie riche en œuvres devenues au fil du temps totalement invisibles.
Car de mon temps, (OK, chuis vieux, j’assume !) les inédits qui sortaient au ciné avec quelques années de décalage par rapport à leur sortie sur le sol italien, c’était Mesdames et messieurs bonsoir, ou bien Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? (non, ce n’est pas un Max Pecas, mais une satire anticolonialiste hilarante signée Scola) ou bien Une poule, un train et quelques monstres
Et les nouveaux films, c’était La Terrasse, Dernier amour ou La chambre de l’évêque… Autant de titres tombés dans l’oubli et qui méritent franchement d’être réédités, ne serait-ce qu’en DVD.


Messieurs les distributeurs, petite sélection subjective :
- D’abord, et avant tout : Les Nouveaux monstres. Actuellement édité dans une édition indigne de ce chef d’œuvre (uniquement en VF !!!) qui rassemble la crème du ciné italien, devant et derrière la caméra.
- Hormis à son goûter, qui a récemment vu Pain et chocolat ? Le Welcome italien des 70’s signé Franco Brusati, un cinéaste à redécouvrir
- Mario Monicelli, tout le monde connaît Le Pigeon. Mais où sont passés Brancaleone aux croisades ? Mes chers amis et sa séquence de baffes ? La Grande guerre ? Rosy la bourrasque ? Et surtout, Un bourgeois tout petit, petit ?
- Dino Risi : certes, on accède facilement à ses classiques (superbe Fanfaron, grandiose Parfum de femme, parmi mes préférés. Pour combien de chefs d’œuvre oubliés : ses gothiques Fantôme d’amour (Romy Schneider-Mastroianni) et Ames perdues (Gassman-Deneuve) ? Et drames psychologiques, intrigants et sarcastiques (La chambre de l’évêque, Dernier amour et Caro papa) ?
- Ettore Scola : peut-être le moins négligé, si on excepte les éditions DVD pourries d’Une journée particulière et de La Terrasse en VF, et l’absence de Belfagor le magnifique, Drame de la jalousie, La plus belle soirée de ma vie et Passion d’amour.
- Comencini : je ne demande qu’un film : Le Grand embouteillage !!! Sordi, Tognazzi, Depardieu, Girardot, Dewaere, Miou-Miou dans le même film, puissante parabole sur nos sociétés contemporaines… Tant que vous y êtes, rajoutez-y Qui a tué le chat ? A cheval sur le tigre et L’Argent de la vieille.

Même les monstres sacrés ne sont pas épargnés : Huit et demi, de Fellini, par exemple, quelqu’un a des news ? Sandra, Les nuits blanches, de Visconti : késako ? Rosi : pour une belle édition de Main basse sur la ville, où sommeille Cadavres exquis ? Et Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, d’Elio Pietri ? J’arrête là…
C’était juste histoire de signaler combien il est urgent de profiter des rééditions des films italiens en salles ou DVD pour mesurer la splendeur d’un cinéma qui recèle plus d’un trésor…
Travis Bickle

mercredi 3 février 2016

Enragés : bon choc, bon genre


En DVD et Blu-ray : Ce n'est jamais évident de réussir un film de genre. Trop de respect, trop d'hommage, trop de citations... et voilà un copié-collé sans âme de films cultes inégalables. Pour sa première réalisation, Eric Hannezo ne tombe pas dans le panneau. Enragés est un thriller qui porte bien son nom.