Dossier Super Bowl

jeudi 3 juin 2010

Invictus : Clint au-dessus de la mêlée

 
En DVD et Blu-ray : "Je suis le maître de ma destinée / Je suis le capitaine de mon âme". Ces vers ont permis à Nelson Mandela de tenir bon pendant la trentaine d'années qu'il a passée derrière les barreaux, à Robben Island. Ils sont tirés d'un poème de William E. Henley, dont le titre est aussi celui du dernier film de Clint Eastwood : Invictus.

Plus qu'un poème donc, un hymne au courage que Nelson Mandela transmettra à François Pienaar, capitaine des Springboks bien moribonds, alors que l'Afrique du Sud doit accueillir en 1995 la Coupe du monde de rugby. Malgré la fin de l'apartheid, le pays reste divisé et les Noirs associent les "Bokkes" au régime raciste qui les a opprimés pendant de longues années. Contre toute attente, Mandela décide de soutenir le XV sud-africain avec le secret espoir que ses victoires uniront un peuple encore marqué par la haine. La suite, on la connaît : les Springboks gagnent la Coupe du Monde face aux All-Blacks.

Invictus ? En voilà !

De cette belle histoire, Clint Eastwood tire un beau film, que Warner Home Video vient d'éditer en Blu-ray et DVD. Un film qui fait la part belle aux grands sentiments, avec parfois le défaut d'en faire un peu trop, comme lorsque des policiers blancs qui jetaient des regards méchants à un enfant noir au abords du stade finissent par lui sauter au cou (de joie !) lors du coup de sifflet final. Mais comment ne pas être ému par les destins incroyables de Mandela et Pienaar, l'un prisonnier politique devenu président, l'autre loser en chef devenu héros national ? Sans tomber dans l'imitation, Morgan Freeman incarne Nelson Mandela avec beaucoup de sincérité et de justesse tandis que Matt Damon interprète le rugbyman tout en retenue. L'émotion que dégage le film tient beaucoup à leur présence.

Derrière la caméra, Clint fait un travail honnête : comme beaucoup de metteurs en scène, il n'est pas très à l'aise pour filmer les compétitions de sport. Au-delà, sa réalisation est assez classique et se laisse porter par le sujet, non sans tomber parfois dans la facilité. Mais on retrouve le grand Eastwood quand il s'agit de filmer Mandela, le vieil homme confronté à la solitude (Mandela est alors divorcé) et à la mort. Quelques éclats sombres qui rappellent ceux de Gran Torino. Et le premier plan du film pose en un mouvement de caméra (un panoramique) la problématique du film. Comme l'ont écrit Marcel Martial et Travis Bickle, Clint is good ! Invictus n'est certainement pas son oeuvre la plus aboutie mais c'est un film qui fait gonfler la poitrine et pique parfois les yeux.

Anderton

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