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dimanche 27 septembre 2020

#JeSuisLà : la tendre crise selon Chabat

#JeSuisLà DVD Alain Chabat CINEBLOGYWOOD

En DVD : Envie de tout larguer et de se réinventer. C'est ce qui amène Stéphane à lâcher son restaurant pour rejoindre à Séoul Soo, une Sud-Coréenne avec laquelle il a tissé une relation sur Instagram. Mais la rencontre tant espérée prend une tournure inattendue. Avec #JeSuisLà, disponible en vidéo chez Gaumont, Eric Lartigau signe une comédie romantique atypique et offre à Alain Chabat un beau rôle de sexagénaire en crise.

La crise existentielle, Chabat connaît. Son personnage dans Les Gamins pétait un câble et retombait en adolescence. Ici, il interprète un restaurateur divorcé qui a laissé passer le vie. Plongé dans son travail, il n'a pas vraiment prêté attention à ses deux fils. Il erre dans l'existence un peu en retrait, comme effacé, presque physiquement, comme lorsqu'il se perd dans la brume qui s'abat parfois sur les montagnes de son pays basque natal. Alain Chabat incarne avec beaucoup de justesse un homme largué : pas amer, ni dépressif, non, une sorte de Pierrot lunaire qui se cherche. Le comédien nous le rend immédiatement sympathique. On comprend ses questionnements tout comme son coup de folie qui l'amène à rejoindre une inconnue à l'autre bout du monde. 

Cette inconnue, elle est interprétée par Doona Bae. Elle apporte son mystère à son personnage, qui lui aussi vit une forme de mid-life crisis. Le film qui s'annonçait alors comme une romcom dont on devinait la tournure prend un chemin de traverse. Stéphane est livré à lui-même et forcé à sortir de sa bulle en même temps que de sa fixation sur Soo. Ce choix d'Eric Lartigau de ne pas avancer dans une direction attendue peut surprendre et risque de laisser certains spectateurs sur le côté de la route. Pour ma part, j'ai apprécié cette prise de risque et le portrait tendre d'un homme en plein doute que le cinéaste a choisi de nous faire partager. D'autant que sa réalisation nimbe le film d'une aura poétique, complètement raccord avec l'état d'esprit du protagoniste, un doux rêveur qui s'ouvre à la réalité qu'il avait tant cherché à fuir. Les échanges sur les réseaux sociaux sont d'ailleurs intégrés au récit avec beaucoup d'inventivité.

La relation de Stéphane avec ses deux grands fils est très touchante. Autres bons moments : ceux que le restaurateur partage avec sa "seconde", une femme terre à terre et pleine de bon sens, que Blanche Gardin campe avec beaucoup d'humour. 

#JeSuisLà séduit par sa tendresse, sa poésie et son empathie. Un feel-good movie qu'on apprécie à sa juste valeur en ces temps troubles. 

Anderton

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