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mercredi 10 juin 2026

Disclosure Day : Spielberg en met plein les cieux

Disclosure Day Steven Spielberg CINEBLOGYWOOD

Steven Spielberg garde la tête dans les étoiles et revient à un de ses sujets de prédilection : l'existence d'extra-terrestres et leurs contacts avec l'humanité. Dans Disclosure Day, il aborde cette rencontre dans une approche qui évoque les films parano des années 1970, entre théorie du complot, manipulations et questionnement philosophico-religieux, avec ce qu'il faut d'action, et même un zest d'humour et d'émotion.


Un déluge de mystères

Un homme qui est en possession d'un mystérieux artefact, une organisation non gouvernementale à ses trousses ; une Miss Météo qui se met à parler un langage inconnu en direct à la télévision ; une équipe qui semble construire un décor de cinéma au sein d'un gigantesque hangar... Dès le début de Disclosure Day, Steven Spielberg nous plonge au coeur d'un déluge de mystères, qui s'entrechoquent plus qu'ils ne se répondent. Nous voilà d'emblée partenaires d'une cavale à travers les Etats-Unis, ponctuée par des phénomènes paranormaux qui déconcertent autant les personnages que les spectateurs. 

C'est ce qui nous rapproche de Daniel (Josh O'Connor) et Margaret (Emily Blunt). Nous sommes tous ensemble déboussolés. Déboussolés et inquiets. Quelle est cette mystérieuse organisation qui les traque, sous la direction de l'inquiétant Noah (Colin Firth) ? Noah qui, à l'instar du Noé de la Bible, mène sa barque dans ce déluge de mystères, qu'il est le seul à comprendre, sans toutefois parvenir à totalement les maîtriser.

Daniel hors de la fosse

Daniel, dans la Bible encore, c'est le prophète qui est capable d'interpréter les visions et les songes. Au début du film, Daniel, comme le personnage biblique, est jeté dans une fosse aux lions (un combat de catch). Il parvient à s'en extraire et cherche à rejoindre le tout aussi mystérieux Hugo (Colman Domingo), sorte de démiurge rassurant qui semble savoir ce qui se passe, comme Noah. Les trois hommes faisaient d'ailleurs partie de la même organisation. Disclosure Day baigne dans la brume poisseuse du complotisme. On est pile-poil dans une tendance très actuelle en même temps que dans une ambiance qui rappelle les films des années 1970 habités par la paranoïa et la manipulation, des Trois jours du Condor à Conversation secrète en passant par Capricorn One.

Et Dieu dans tout ça ?

Daniel, Noah mais aussi des bonnes soeurs, une croyante bouleversée et Jane (Eve Hewson), la petite amie de Daniel qui s'accroche à son crucifix... la religion imprègne le message de Disclosure Day. Si les extra-terrestres existent, s'ils sont parmi nous, sont-ils nos dieux ? Et Margaret et Daniel en sont-ils les prophètes ? Le film peine à convaincre sur ce sujet. Ces questionnements alourdissent le propos et ralentissent l'action. Ou sont survolés de manière parfois caricaturale.

Sens dessus dessous

Comme souvent chez Steven Spielberg, le regard est au coeur du film. Et pour autant, la vision est le sens qui est le plus manipulé, corrompu, trompé. Le film est traversé par un maëlstrom d'images qui se reflètent, se télescopent, se contredisent, et avec lesquelles le cinéaste joue brillamment.

[Attention spoiler : c'est d'ailleurs une belle idée qu'après nous avoir ouvert les yeux, le cinéaste conclue son film par le mot "Listen". Une écoute qui passe autant par les oreilles que par le coeur.]

Cours après moi si tu peux

Qui dit cavale, dit courses-poursuites. Et celles de Disclosure Day sont en tous points réussies. La virtuosité de la mise en scène est mise au service du récit et de l'action. La caméra de Spielberg s'affranchit une fois de plus des contraintes spatiales, elle vole, vire, plonge, y compris au sein des habitacles de voiture. Il y a également de brillantes transitions, jamais gratuites, toujours porteuses de sens. Steven Spielberg reste un maître absolu pour raconter une histoire en images. 

Que penser de Disclosure Day

On ne retrouve pas le souffle de Rencontres du troisième type, ni l'émotion d'E.T. l'extra-terrestre. Il y a certains propos et effets trop appuyés. On ne parvient pas complètement à s'attacher aux protagonistes. La musique de John Williams est trop discrète tandis que la photo bleutée de Janusz Kaminski m'a rappelé celle de Minority Report. Pour autant, les acteurs sont bons, les séquences d'action spectaculaires. Il y a quelques beaux moments, quelques moments drôles et touchants. Et on est bluffé par la maestria de Spielberg. Je suis sorti de la salle, un peu perplexe. Pas complètement convaincu mais le film m'a accompagné plusieurs jours après l'avoir découvert. Et pour dire vrai, j'ai envie de retourner le voir.

Anderton


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