vendredi 8 mars 2013

Les Paradis artificiels / Tourbillon : un autre cinéma brésilien



En DVD : La Cité de Dieu, Troupe d'Elite... ces dernières années, le cinéma brésilien s'est résumé pour beaucoup à ces deux films-chocs. Mais de même qu'il y a une société brésilienne hors de la favela, il existe d'autres films en provenance de ce pays-continent. Damned Distribution nous le rappelle en éditant en vidéo deux longs-métrages brésiliens très différents.


Sexe, drogues et électro

Comme son titre baudelérien l'indique, Les Paradis artificiels (Paraisos artificiais) est un film qui aborde la place de la drogue, ou plutôt des drogues, au sein d'une certaine jeunesse brésilienne. Une jeunesse qui s'éclate dans des raves géantes, emportée par un cocktail à base d'electro, d'amours libres et de substances illicites. Une jeunesse qui trafique également non plus pour fuir la réalité mais pour améliorer son quotidien.

Extases, ecstasy... mais gare au bad trip. Producteur de Tropa de Elite 1 & 2, Marcos Prado a réalisé un film qui ne se veut ni une apologie des plaisirs interdits, ni une oeuvre moralisatrice. Juste un instantané sur une génération perdue, de Rio à Recife, en passant par Amsterdam. Difficile pourtant de s'attacher aux personnages (je dois être trop vieux). Restent des images superbes et une bande-son qui ravira les fans d'electro.


Rêves et batucadas

Oubliez les plages bruyantes de Recife. Direction la campagne brésilienne. Les batucadas remplacent les rave parties. On y suit la nouvelle vie d'une octogénaire devenue veuve. A l'opposé du rythme syncopé des Paradis artificiels, Tourbillon (Girimunho) mise sur une lenteur qui finit paradoxalement par devenir hypnotique. Plans fixes, dialogues rares, comédiens qui semblent être amateurs, le film est exigeant. Là encore, la beauté des plans s'impose au spectateur. Helvecio Marins Jr et Clarissa Campolina signent une oeuvre qui mêle hyper-réalisme et surréalisme. Le résultat est déroutant... et marquant. Une belle curiosité accompagnée par un bonus dans la même veine : Passage (Trecho), le court-métrage du duo de réalisateurs, sur un homme qui décide de suivre les routes brésiliennes, marchant au hasard le long de ces rubans d'asphalte. Là encore, les images restent en mémoire longtemps après le générique de fin.

Anderton
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