A LA UNE

mardi 1 avril 2014

Poisson d'avril : un Top films sans queue ni tête

Buzz : Oubliez les infos bidons sur Angelina Jolie quittant Brad Pitt pour George Clooney ou la mise en chantier des Visiteurs 3, en ce 1er avril, Cineblogywood rend hommage aux poissons au 7e art. Avec un top tout personnel sans queue ni tête.



Le film poil à gratter : Le Monde du Silence (1956). Cela ressemble à une vaste blague : à 21 ans, Louis Malle, alors étudiant dans une école de cinéma parisienne, est appelé par Jacques-Yves Cousteau pour coréaliser un film sur les explorations sous-marines menées par l’équipage de la Calypso. Une prouesse technique au passage puisque le film est même réalisé en couleurs. D’où de sublimes images qui montrent Cousteau et sa bande se livrer à un massacre de requins, recenser la faune marine dans une crique en y faisant exploser de la dynamite (tout ce qui remonte ventre à l’air est précieusement identifié), jouer avec des tortues marines en les empêchant de respirer, effectuer des plongées sans respecter les règles de sécurité… Sans oublier une interview condescendante, voire raciste, d’un pêcheur de l’océan Indien. Résultat : public et critiques adorent. Palme d’or à Cannes et Oscar du meilleur documentaire. Malgré les critiques qui se sont élevées quelques décennies plus tard, Louis Malle n’a jamais voulu retoucher le film, arguant qu’il était le reflet d’une époque et de ses erreurs.

Le film coussin péteur : Un Poisson nommé Wanda (A Fish called Wanda, 1988). Un vol de diamants, des malfrats bien barrés (Wanda la charmeuse, Ken le bègue amoureux des bêtes, Otto le psychopathe), un avocat coincé, une vieille dame aux petits chiens et un poisson nommé Wanda donc. Cette comédie signée Michael Crichton (rien à voir avec l’auteur de romans) emporte le spectateur dans des vagues de rires grâce à un casting en or (John Cleese, Michael Palin, Jamie Lee Curtis et Kevin Kline) et des séquences hilarantes à base de slip sur la tête et de meurtres de petits chiens ou de poissons mais sans mauvais goût. La fine équipe remettra le couvert avec Créatures Féroces (Fierce Creatures, 1997) sans rencontrer le même succès. Un coussin péteur, ça fait marrer une fois. Au-delà…



Le film fluide glacial : Les Dents de la mer (Jaws, 1975). Un "grand blanc" terrorise la station balnéaire d’Amity. Pour son deuxième film, Steven Spielberg réalise un chef-d’œuvre : des séquences de terreur glaçante, de l’humour malgré tout, des personnages bien brossés grâce à un trio d’anthologie (Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss), une réalisation brillante, un score de John Williams devenu mythique… Et tout cela alors que le tournage a été infernal (il faut en lire le compte-rendu dans le livre rédigé par le scénariste Carl Gottlieb) et que les faux requins ne fonctionnent pas. Immense succès au box-office, souvent imité mais jamais égalé, Jaws est considéré comme le premier blockbuster de l’histoire, faisant disparaître d’un coup de gueule le règne des cinéastes-rois à Hollywood. Douche glacée pour le Nouvel Hollywood.



Le film poudre à éternuer : Le Monde de Nemo (Finding Nemo, 2003). C’est l’un des plus gros succès de Pixar, un de ses films qui illustre le mieux le savoir-faire et l’esprit du studio fondé par John Lasseter. Et pourtant, coproduit par Disney, Nemo s’inscrit complètement dans la longue liste des œuvres traumatiques signées de l’Oncle Walt. Mort violente de la mère dès la première scène, enlèvement du fils, petite fille tortionnaire, poissons bargeots ou sanguinaires, tortues sous substances… Jusqu’à un final à te dégoûter de manger du poisson. 



Le film bougie qui ne s’éteint jamais : Vingt mille lieues sous les mers (20,000 Leagues Under the Sea, 1954). Le Nautilus fendant les flots dans la nuit, la découverte magique des fonds marins, le capitaine Nemo jouant de l’orgue, Ned le marin jouant du banjo à son otarie, l’attaque de la pieuvre géante… Autant de scènes inoubliables dont on ne se lasse pas. L’adaptation du roman de Jules Verne par Richard Fleischer est une réussite en tout point : du casting (James Mason, Kirk Douglas, Peter Lorre) aux effets spéciaux. Une grande production Disney.



Le film fleur arroseuse : Moby Dick (1956). Encore une adaptation, cette fois-ci du roman de Herman Melville. Derrière la caméra : l’immense John Huston. Devant : un grandiose Gregory Peck en capitaine Achab nevrosé. Attention à la belle fleur qui vous arrose : le film, comme le livre, se présente comme un récit d’aventure (le grand large, la chasse à la baleine blanche) qui vire à l’exploration de l’âme humaine dont elle révèle les noirceurs : obsession, haine, vengeance... C’est également une œuvre sur la lutte entre le bien et le mal, aux multiples références bibliques. Huston parlait d’ailleurs d’une "œuvre blasphème". Et là, même en ce premier avril, on ne rit plus.



 
Sinon, j’avais bien pensé à des films "fausses merdes" mais disons que certains étrons étaient un peu trop réalistes.
Anderton
Enregistrer un commentaire