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dimanche 13 mai 2018
lundi 25 novembre 2013
Fanny et Alexandre : version TV ou cinéma, laquelle voir ? Notre avis
En DVD et Blu-ray : Il est des films dont il est très difficile de parler. Parce que mythiques, inaccessibles, bigger than life. Qui vous accompagnent toute une vie. Il était une fois en Amérique, Apocalypse Now, Barry Lyndon, Heaven's Gate, Gens de Dublin, Huit et demi, L'Eclipse ou Love Streams en font partie. Et Fanny & Alexandre. Enfin en DVD & Blu-ray, dans une édition complète, qui rassemble la version cinéma ET la version TV !
Car bien avant Jane Campion, David Fincher ou David Lynch, et contrairement à son alter ego italien Fellini, le maître suédois Ingmar Bergman avait tout compris : seule la télévision pouvait lui permettre de mener à bien un projet aussi ambitieux, riche en personnages et intrigues, aussi personnel en notations biographiques, aussi audacieux sur le plan de l'écriture.
mardi 20 novembre 2012
Thérèse Desqueyroux : portrait de femme à la Bergman
En salles : Compliqué de parler d’un film posthume. Surtout quand il est signé d’un cinéaste qu’on admire pour sa constance jamais démentie dans ses thématiques, son ambition et son exigence formelle et son constant souci du public. Et finalement, on en sort rassuré. Car Thérèse Desqueyroux clôt en beauté l’œuvre de Claude Miller. Sur une note qui n’a rien de testamentaire.
vendredi 9 octobre 2009
L’oeuf du serpent : Bergman était dans Berlin, et regardait Abel
En DVD : Bon, allez, avant d’évoquer prochainement en long et en large Fellini (rétro et expo à la Cinémathèque fin octobre), un petit détour par Ingmar Bergman, via l’édition DVD par Carlotta de son film mal aimé, L’oeuf du serpent (The Serpent's Egg, 1977).Je ne me lasserai pas de signaler la qualité du travail de cette maison d’édition, que ce soit son approche archéologique d’exhumation de trésors oubliés du cinéma, la remasterisation des copies ou la richesse et l’intérêt des bonus.
Bref : L’oeuf du serpent, bien que décrié par les bergmanophiles – le film le plus faible de son auteur, selon Michel Ciment… - est l’occasion pour ceux qui ne connaissent que partiellement le cinéaste suédois d’entrer par la petite porte dans l’univers du maître décédé il y a deux ans. La preuve par quatre.
Entre Fritz Lang et Bob Fosse
C’est tout d’abord une remarquable évocation du Berlin des années 20. Pas de doute : Bergman sait camper un décor, dépeindre une atmosphère. La nuit, le froid, le labyrinthe urbain, l’alcoolisme, la vie nocturne, les petits matins blêmes, la morgue, les chambres froides d’une clinique, les sombres méandres d’un service d’archives, le cadavre d’un cheval dépecé…
Déroulant son action entre le 3 et le 13 novembre 1923, Bergman compose une œuvre picturale qui évoque à la fois les grands peintres expressionnistes (Otto Dix…) et les cinéastes de l’époque, Fritz Lang notamment. Manière pour Bergman de régler sa dette envers le nazisme qui l’avait fasciné un temps, comme il le raconte dans ses mémoires, Laterna Magica.
Acrobaties et paranoïa
Et l’intrigue ? Une enquête à la limite du fantastique qui voit Abel, un acrobate américain, accusé du meurtre de son frère et de sept individus. Traqué par la police, ses démons et un antisémitisme latent, il se réfugie chez sa belle-sœur, une ex-acrobate devenue prostituée. C’est là qu’il rencontre un mystérieux médecin, mi-Mabuse mi-Mengele. Bref, du feuilletonesque, du serial, qui rappelle plus d’une fois Fritz Lang, mâtiné des obsessions bergmaniennes : l’angoisse, la paranoïa, le vide existentiel.
Pour interpréter cet homme à la dérive, aux côtés de sa muse et compagne Liv Ullman, on attendait son acteur fétiche Max von Sydow. Surprise : contraintes de co-production ? Choix de dernière minute ? Bergman fait appel à David Carradine, tout récemment décédé dans les mystérieuses conditions que l’on sait… Choix judicieux in fine d’un acteur étranger à cet univers, qui traduit parfaitement le caractère somnambule de son personnage.
Vision paranoïaque et kafkaienne de l’exil
C’est enfin un film de l’exil. Exil linguistique – c’est le seul film de Bergman tourné en langue anglaise. Exil géographique – c’est le seul film de son auteur tourné à l’étranger, contraint qu’il avait été de quitter la Suède pour des raisons fiscales. En demeure cette atmosphère cafardeuse, paranoïaque et kafkaïenne, propre à deux autres films d’exilés contemporains de L’œuf du serpent : Le Locataire de Polanski, et Monsieur Klein de Losey
Bref, à mi-chemin du Docteur Mabuse de Fritz Lang et de Cabaret de Bob Fosse, L’œuf du serpent s’impose comme une œuvre magistrale sur le Berlin de Weimar, un nid finalement fécond pour les obsessions de son auteur – même si elle ne possède pas la force de ses œuvres majeures (Le Silence, Persona, Fanny et Alexandre).
Travis Bickle
vendredi 31 juillet 2009
Scorsese version hard rock
Sur le web : Scorsese revu Scorpions, Ingmar Bergman façon Iron Maiden, Michael Fassbinder à la Metallica... Mondo a créé une ligne de t-shirts où les noms de grands cinéastes sont dessinés dans les typo de célèbres groupes de heavy metal. Il y en a aussi avec DePalma, Ozu, Herzog...Pour info, Seth Rogen porte le Scorsese dans Funny People. Highway to Hellywood !
source : Ain't It Cool
Anderton
samedi 25 août 2007
SOS cinéastes : Tornatore agressé !
Artistes : Quel été pourri ! Je ne parle pas de la météo mais de la terrible malédiction qui s'est abattue sur les cinéastes.Récapitulatif : après les décès d'Ingmar Bergman et de Michelangelo Antonioni, puis la maladie invalidante de Sydney Pollack, voici qu'un quatrième réalisateur de renom est victime d'un coup du sort en moins d'un mois. Giuseppe Tornatore souffre en effet d'un traumatisme crânien après avoir été agressé !
Le metteur en scène de Cinéma Paradiso (Oscar du meilleur film étranger, avec l'inoubliable Philippe Noiret), Malena (avec la sublime Monica Bellucci) et Ils Vont Tous Bien ! (avec le magnifique Marcello Mastroianni) s'est fait attaquer dans une rue de Rome par deux hommes. Lesquels l'ont frappé avant de le voler. En tombant, Tornatore s'est cogné la tête contre le trottoir. C'est ce qu'il a expliqué au Corriere della Sera. On lui souhaite évidemment un prompt rétablissement, comme à Sydney pollack d'ailleurs.
Au delà de ce nouveau drame, pourquoi cette malédiction ? Qui en veut aux cinéastes ? Qui sera le prochain sur la liste ? Pourquoi Luc Besson est-il épargné ?... Autant de questions qui demeurent sans réponses.
Anderton
lundi 30 juillet 2007
Serrault-Bergman, même combat ?
Artistes : Michel Serrault, Ingmar Bergman. Deux monstres sacrés du cinéma disparus à quelques heures d'intervalle. A priori, tout les séparait : Serrault était un clown (j'emploie ce terme à dessein car il avait beaucoup d'admiration pour ces saltimbanques), tantôt Auguste déconneur, excessif... hilarant (Le Viager, La Cage aux Folles, Le Miraculé, Préparez Vos Mouchoirs, Buffet Froid, Le Cri du Cormoran le Soir au-dessus des Jonques...) ; tantôt clown blanc, voire triste, tout en nuances, sobre... émouvant (Garde à Vue, Mortelle Randonnée, Docteur Petiot...). Bergman, lui, est assimilé à un cinéma exigeant, voire difficile d'accès, à mille années-lumières des rôles "grand public" de Serrault. Pour autant, chacun à sa manière s'est attaché à décortiquer l'âme humaine, à pénétrer au plus profond des personnages pour en révéler leur vérité. Comme le précisait ce lundi le critique Michel Ciment sur France-Info, l'oeuvre du cinéaste suédois est caractérisée par la diversité : il a réalisé des films très épurés (Le Septième Sceau), des sagas (Fanny et Alexandre) comme des adaptations d'opéras (La Flûte Enchantée)... Le réalisateur était également un grand metteur en scène de théâtre.
Artistes multi-genres
Serrault aussi a usé ses souliers sur les planches, de La Cage aux Folles à Knock en passant par L'Avare. Il a aussi beaucoup oeuvré à la télévision, notamment au côté de Pierre Tchernia (Offenbach, adaptations des nouvelles de Marcel Aymé). De la télé, Bergman en a aussi beaucoup fait, notamment ces dernières années. Et puis, Serrault comme Bergman n'ont jamais cessé de travailler : le second jusqu'en 2003 (Sarabande), le premier jusqu'en 2006 (Pars Vite et Reviens Tard de Régis Wargnier). Bref, des artistes intégraux, ouverts mais exigeants.
Enfin, comme ce blog est largement consacré au cinéma américain, il est intéressant de noter que ni le comédien (à l'instar de Philippe Noiret), ni le cinéaste n'ont répondu aux sirènes d'Hollywood, si tant est qu'elles les aient jamais appelés. Et pourtant, leur influence s'y est fait sentir : Bergman est un dieu pour Woody Allen et il a inspiré de nombreux réalisateurs, jusqu'à Spielberg dans Minority Report. Quant à Serrault, il a d'abord marqué indirectement Broadway, où La Cage aux Folles a été adapté avant de l'être sur grand écran.
L'acteur concluait son émouvante autobiographie, Vous avez dit Serrault ?, en écrivant qu'il était impatient de retrouver Poiret et Carmet pour refaire les cons comme au bon vieux temps. Allez, va Michel, fous-toi à poil devant Saint-Pierre, ça le fera sûrement marrer.
Anderton
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