Dossier Super Bowl

mercredi 29 septembre 2010

Wall Street L'Argent ne dort jamais : Bourse flappie


En salles : J'aime bien Oliver Stone. Oui, je sais, aujourd'hui, ça fait marrer... J'aime ce cinéaste engagé, de parti pris, avec parfois (enfin, souvent) une mauvaise foi assumée. Le bonhomme est entier. En colère. Teigneux. Et ses films sont à son image. Normal qu'on aime ou qu'on déteste. Je suis donc allé voir Wall Street L'Argent ne dort jamais avec un a priori favorable. Et, comme beaucoup... j'ai été déçu.

Il y a pourtant de bonnes intentions. Le sujet, d'abord. Ces irresponsables de financiers ont planté l'économie mondiale. On se frottait les mains à l'avance de voir Oliver Stone passer au scalpel ce milieu de pourris. D'autant qu'il revenait avec un personnage qui a élevé l'enculage à sec au rang d'art : Gordon Gekko ! Gordon "Greed is Good" motherfucking Gekko ! L'association d'un jeune trader revanchard (Shia LaBeouf) et du gourou des 90's (Michael Douglas) promettait donc de faire des étincelles.

Et ben, l'histoire tombe à plat, comme l'indice Dow Jones au plus fort de la crise. Gekko est aseptisé. Oh, bien sûr, le salopard à bretelles n'a pas été complètement anéanti par ses années de prison (sa sortie de taule, qui évoque le début de Blues Brothers, est pourtant réussie) mais ce n'est plus lui le bad guy. Les nouveaux maîtres de Wall Street sont plus polis, plus fréquentables que Gekko mais leur appétit pour l'argent est immense et tous les moyens sont bons pour toucher le pactole. Pour mieux dénoncer ces nouveaux prédateurs, Oliver Stone refusede diaboliser Gekko. Dommage. Le personnage perd en intérêt.



Plaqué or

Autre déception : la mise en scène. Oliver Stone multiplie les effets visuels. Bonne idée d'associer la skyline de Big Apple (le contour des immeubles, quoi) aux courbes fluctuantes de la Bourse. Le reste semble gratuit, brouillon, maladroit. Le split screen apporte une dynamique intéressante mais Stone ne parvient pas à créer la tension adéquate. Et certains effets font carrément sourire (incrustation de la tête du mentor alors que le jeune trader fomente sa vengeance).

Restent les acteurs. Michael Douglas montre tout son talent dans deux-trois scènes, dont celle de la conférence à la fac, mais son personnage est sous-exploité. Josh Brolin est impeccable en salaud du Nasdaq, de même que Frank Langella, émouvant en papy de la finance dépassé par les événements. Shia LaBeouf, un acteur que j'adore pourtant, est inconsistant, faute d'un rôle bien écrit. Carey Mulligan n'arrête pas de pleurer et à la fin, ça gave. Susan Sarandon tire son épingle du jeu. Eli Wallach aurait également gagné à être mieux utilisé dans un rôle proche de celui qu'il interprétait dans Le Parrain 3.

Sans être un ratage complet (il y a quelques bonnes séquences), le film d'Oliver Stone manque de rythme et de conviction. Wall Street L'Argent ne dort jamais mais le spectateur, un peu.

Anderton

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