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mercredi 23 janvier 2013

L'Homme qui viendra : poignante chronique d'un massacre


En salles : Hiver 1943. Martina, fille unique d’une humble famille de paysans, a huit ans et vit sur le flan du Monte Sole. Martina ne parle plus depuis la mort à la naissance d'un petit frère qu'elle espérait tant. Sa mère est de nouveau enceinte et Martina vit dans l’attente de l’enfant qui va naître, tandis que la guerre avance et que la vie devient de plus en plus difficile, entre les brigades partisanes du commandant Lupo et l'avancée des nazis. Dans la nuit du 28 au 29 septembre 1944, l’enfant voit enfin le jour. Au même moment, les SS se livrent dans la région à une série d'exactions sans précédent, inscrites dans l’histoire comme le massacre de Marzabotto.

On l’appelle l’Oradour-sur-Glane italien. En 1943, "le massacre de Marzabotto" désigne la même barbarie faite par les nazis. L’Homme qui viendra s’inspire de ses faits avec un objectif : contribuer au devoir de mémoire en rappelant les horreurs commises par les nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale et qui sont restées impunies. L’histoire se déroule sur neuf mois. Neuf mois avant la naissance d’un enfant mais également neuf mois de la vie d’une famille de paysans italiens en pleine guerre. Avec ce deuxième long-métrage, Giorgio Diritti décide de se placer du côté des victimes. 

 
Dans les yeux d'un enfant

Mettre en scène un drame comme celui-ci est un pari difficile. Connu principalement pour ses documentaires et son travail à la télévision, Giorgio Diritti s’en sort avec un résultat poignant. Il nous fait suivre le quotidien de cette famille qui tente de survivre lors de l’arrivée des nazis dans la région. On sent clairement la volonté du réalisateur de graver chaque scène et chaque détail dans notre tête.

Au final, on s’attache principalement au message d’espoir véhiculé par le personnage de Martina, petite fille âgée de 8 ans qui ne parle plus depuis qu’elle a vu son petit frère mourir dans ses bras peu après sa naissance. Le réalisateur met en avant avec brio la capacité de cette enfant à voir des choses que les autres ne perçoivent pas forcément. Martina apparaît comme une enfant qui aurait développé un sixième sens dans cette période si sombre de l’Histoire. La richesse de ce personnage est soulignée par la prestation de la jeune Greta Zuccheri-Montanari pour qui L’Homme qui viendra était le premier film. Sa performance lui vaudra d’ailleurs le Prix Alida Valli du Meilleur Espoir féminin en 2010. La qualité de ce personnage vaut le détour et avec L’Homme qui viendra, Giorgio Diritti réussi à nous laisser des images difficiles à oublier.

Lois Lane


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