Dossier

mercredi 15 mars 2017

Sing Street : au top de la pop

En DVD et Blu-ray : Le blazer à écusson et la mèche rebelle, un putain d'esprit rock ou punk en sus, c'était ça, l'écolier british dans les années 80. Idem pour son cousin irlandais que Sing Street remet à l'honneur. La sortie en vidéo du film de John Carney ravira autant les anciens ayant connu les échanges scolaires across the channel que leur progéniture peu au fait de la musique des 80's.




1985. Tandis qu'en France, Peter et Sloane trustent la première place du Top 50 avec Besoin de Rien, Envie de Toi - alors que je me souviens très bien n'avoir eu ni besoin, ni envie d'eux -, nos voisins d'Outre-Manche prouvent que, contrairement à nous, leurs oreilles sont plus développées que leur palais. Au top de la pop, The Cure, Joe Jackson et Duran Duran tournent en boucle sur leurs platines. Trente ans plus tard, In Between Days, Steppin' Out et Rio tiennent toujours la route alors qu'essayez d'écouter Peter et Sloane plus de 30 secondes... Comme des madeleines de Proust, ces chansons rappellent aux vieux cons comme moi le good old time où pour aller taquiner les petites Anglaises, il fallait prendre le ferry puis un tortillard dont le chef de gare claquait une à une les portes avant le départ. On débarquait alors à Soho pour faire le plein de vinyls et de fringues excentriques. C'était un autre monde.

Effet de groupe

En 1985, London fascine aussi les Irlandais, à l'instar de Conor, le protagoniste de Sing Street. L'ado pourrait couler des jours heureux dans son foyer, aux côtés de son grand frère rebelle et de sa soeur polarde, si ses parents ne passaient pas leur temps à s'engueuler. L'amour et l'argent se sont envolés. Voilà donc Conor obligé d'aller à Synge Street, un lycée catho moins cher donc craignos. Le premier jour dans l'établissement ressemble à une traversée des neuf cercles de l'enfer. Conor croise successivement le chemin de prêtres autoritaires, d'une petite brute et d'une tripotée de boutonneux à la peau grasse et aux rires niais. La lumière vient du dehors, lorsqu'il tombe sur Raphina, une jeune femme qui prétend être mannequin et à qui il propose illico de jouer dans le clip que son groupe de rock va tourner. Elle accepte. Conor n'a plus qu'à... créer un groupe de musique !



Ce qui fait le charme de Sing Street, c'est sa fraîcheur. Pas de cynisme ou d'ironie, le réal John Carney porte un regard tendre sur une époque loin d'être idyllique mais où une forme d'innocence rendait supportable un quotidien à l'image de la météo locale : souvent couvert. Mais il y a la musique et l'amour. Tous deux transportent les personnages et mettent en sourdine leurs drames aux rythmes de la New wave. La fraîcheur vient aussi des acteurs (pas tous professionnels) qui apportent par leur jeu naturel, leurs joues rosées, leurs tâches de rousseur et leur accent irish, la sincérité qui rend le film et les personnages attachants. Mention spéciale à Ferdia Walsh-Peelo (Conor) et Lucy Boynton (Raphina) mais l'ensemble du cast est juste craquant. A noter la présence au générique d'Aidan Gillen, qui interprète Petyr Baelish dans Game of Thrones.

Quant à la musique des années 80, elle est présente évidemment et sert de tremplin au groupe pour créer ses propres compositions. Lesquelles s'avèrent complètement dans l'esprit de l'époque. Très catchy ! Sing Street mérite ses prix au Festival de Dinard (notamment le Hitchcock d'or). Un pur feel-good movie que TF1 Vidéo accompagne de bonus sur le tournage et de vidéoclips.

Anderton

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