mercredi 29 mars 2017

Le Château de l'araignée : Kurosawa réinvente Macbeth

En DVD et Blu-ray : La collection Akira Kurosawa Les années Toho, éditée par Wild Side, s'enrichit d'un nouveau titre, Le Château de l'araignée (1957). Quand Shakespeare rencontre le théâtre nô. Tu as peur ? Tu as tort !

Un esprit apparaît dans une forêt à deux généraux victorieux. A Washizu, il promet qu'il deviendra le maître du château de l'araignée ; à Miki, que son fils succédera à Washizu. L'épouse de ce dernier le pousse à provoquer la prophétie. Cette adaptation de Macbeth est somptueuse de bout en bout. Kurosawa signe un film dont chaque image, composée à la perfection, reste gravée dans la rétine du spectateur. Splendide noir et blanc baigné de brume qui confère au film une aura fantastique.


L'étrangeté qui se dégage du Château de l'araignée tient également au recours aux codes du théâtre nô. Musique tout en flûte et percussions, jeu dépouillé, gestuelle chorégraphiée, expressions faciales rappelant celles des masques... Le spectateur gaijin est un peu perdu et surtout fasciné devant ce spectacle qui, contre toute attente, s'adapte merveilleusement bien à la production cinématographique. Kurosawa se joue des contraintes de chaque art pour les fondre en une oeuvre unique, à la fois occidentale et profondément japonaise. Le jeu marqué de Toshiru Mifune répond à l'interprétation minérale d'Isuzu Yamada. Le feu et la glace. Pour autant, l'esthétique n'étouffe jamais le souffle du récit. La tragédie progresse inéluctablement jusqu'à un spectaculaire final.

La version HD restaurée est, comme il est de coutume pour la collection, accompagnée d'un livret et de bonus très éclairants sur le tournage et les intentions du cinéaste. 

Anderton

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