Cannes 2022

dimanche 20 mars 2022

Notre-Dame brûle : Annaud alchimiste de génie

Notre-Dame brûle Jean-Jacques Annaud CINEBLOGYWOOD


En salles : En ce premier jour du Printemps du cinéma (4€ la séance jusqu'à mardi), je suis allé voir Notre-Dame brûle dans une salle Imax. Immersion totale, salle conquise. Et pompiers en prime.


Tel un alchimiste de génie,  Jean-Jacques Annaud a réussi à mêler images d'actualité et reconstitution soignée pour nous plonger au coeur du brasier et de l'opération de sauvetage menée par les Pompiers de Paris. Le premier quart d'heure met en place les personnages, pose le décor et évoque quelques causes probables de l'incendie, mégot, étincelle d'un outil sur le chantier de rénovation... A partir du moment où l'alarme résonne, le rythme devient haletant. On assite à l'incroyable enchaînement de circonstances qui a retardé l'intervention des soldats du feu et qui aurait pu aboutir à la destruction totale de la cathédrale. Le public a l'impression d'être pris dans le chaos qui s'est abattu sur Paris avant de se joindre aux pompiers partis affronter le feu avec des moyens qui semblent dérisoires.

Le talent du cinéaste, c'est à la fois de rendre lisible ce chaos et la multitude de récits parallèles qui se déroulent pendant la catastrophe - en recourant parfois au split screen - mais aussi de mettre en scène d'impressionnantes séquences d'action avec une grande efficacité. Chaque mouvement de caméra est pensé pour raconter au mieux ce qui se passe à l'écran. Annaud ne perd jamais de vue les personnages au sein de cet enfer de flammes, de fumées toxiques et de plomb fondu. Spectaculaire, le film l'est assurément. Il dégage aussi de beaux moments d'émotion. L'humour n'est pas en reste, d'ailleurs. Certes, il y a parfois quelques plans un peu appuyés sur la symbolique du lieu et de la tragédie qui s'y déroule mais oublier que Notre-Dame est un lieu (pas seulement de culte) vénéré, au-delà même de la communauté catholique, aurait été une erreur. Athée revendiqué mais curieux des religions, Annaud saisit l'esprit du monument et le lien profond qui l'unit à l'humanité entière.

Le choix d'avoir reconstituer grandeur nature des pans de l'édifice et des moments-clés de l'incendie s'avère payant. Ces séquences réalisées en studio s'associent parfaitement aux effets spéciaux et aux scènes tournées dans des cathédrales "soeurs". On ne voit rien de cette impressionnante machinerie, racontée par le cinéaste et le journaliste Stéphane Boudsocq dans un ouvrage passionnant. On est juste emporté par l'histoire formidablement mise en scène et habilement montée. Le travail sur le son et la musique de Simon Franglen participent activement à nous captiver jusqu'au générique de fin.

Au Pathé de Conflans, les pompiers à l'honneur

Je ne sais pas si Notre-Dame brûle contribuera à faire revenir le public dans les salles. Il y avait en tout cas du monde, à la séance de 11h du Pathé de Conflans-Sainte-Honorine. A ceux qui le peuvent, je conseille de voir le film dans une salle Imax : l'immersion est totale. On en prend plein les yeux et les oreilles. La fin du film a d'ailleurs été saluée par des applaudissements nourris, lesquels ont repris lorsqu'une trentaine de pompiers, beaucoup de jeunes et d'adolescents, se sont levés de leurs fauteuils. Les pompiers des Yvelines, qui avaient prêté main forte aux Pompiers de Paris lors de la catastrophe, étaient venus en nombre au cinéma Pathé, pour présenter leurs activités et faire une haie d'honneur aux spectateurs venus voir le film. C'est nous qui aurions dû leur rendre ce bel hommage.  

Anderton

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