Affichage des articles dont le libellé est Robert Aldrich. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Robert Aldrich. Afficher tous les articles

vendredi 9 juin 2017

L'Empereur du Nord : ceux qui saignent prendront le train

En DVD et Blu-ray : Robert Aldrich, Lee Marvin, Ernest Borgnine et Keith Carradine. Avec une telle association de talents, L'Empereur du Nord (Emperor of the North, 1973) ne pouvait pas me décevoir. D'autant que Wild Side lui consacre une belle édition collector.

jeudi 28 novembre 2013

En Quatrième Vitesse : polar apocalyptique

En DVD et Blu-ray : Série de plans sur les pieds nus d’une femme qui court dans la nuit, haletante, le long d’une ligne blanche. Gros plan sur son visage effrayé et ébloui par les phares d’une voiture. Nat King Cole retentit soudain alors qu’elle ne cesse de haleter… Générique, dont le défilement se fait à l’envers de haut en bas. Plus de 50 ans après, En Quatrième Vitesse reste toujours aussi stupéfiant, audacieux, surprenant. Et donc mythique.
 

mercredi 1 mai 2013

L'Ultimatum des 3 mercenaires : d'une étonnante modernité !


En salles : Il va falloir s'y faire : aux célébrissimes Docteur Folamour, 7 jours en mai et Un crime dans la tête, il faudra ajouter L'Ultimatum des 3 mercenaires – quel titre ridicule ! - parmi les grands thrillers de politique-fiction que les Américains avaient si bien réussi à trousser pendant la Guerre Froide. Sorti dans une version tronquée en 1977, le revoici dans une version inédite, augmentée de 60 minutes, et qui permet de le considérer comme un des sommets de la carrière de Robert Aldrich.

D'une étonnante modernité

Il faut dire qu'avec Aldrich, rayon paranoïa et fiction, En 4ème vitesse avait donné le la. Là, avec un de ses derniers films – lui restera Un Rabbin au Far West et Deux filles au tapis - , on retrouve certes tout ce qui fait le sel de son cinéma :- son goût pour les atmosphères viriles, claustrophobiques et paranoïaques ; sa dénonciation de l'autorité arbitraire ; son sens de la cruauté. Mais rétabli dans sa version director's cut par Carlotta, le film nous arrive tout neuf, d'une étonnante modernité de par son propos et sa réalisation.

jeudi 3 septembre 2009

Robert Aldrich : Plein la gueule à la Cinémathèque

Buzz : Il y a quelques semaines, nous avions ici même évoqué la sortie du DVD du Grand Couteau de Robert Aldrich.
Et je vous avais dit tout le bien qu’il fallait penser du cinéaste que Chabrol surnommait "Le gros Bob".
Grâce à la Cinémathèque, ce n’est pas un, mais TOUT Aldrich que vous prendrez "plein la gueule", pour reprendre le titre d’un de ses films, et découvrir l’œuvre d’un cinéaste essentiel qui – hasard de l’ordre alphabétique ! - occupe la 1ère place de l’indispensable dictionnaire des cinéastes américains de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon (éditions Omnibus).
"Plans à la truelle"
Entre permanence d’une tradition classique et son dépassement, il préfigure par son inscription dans le système et la radicalité de ses thèmes (paranoïa, claustrophobie, cruauté, rejet de l’autorité) l’œuvre d’un Sam Peckinpah et d’un David Lynch.
Focus sur 10 immanquables d’un cinéaste qui envoyait "ses plans à la truelle" (dixit Chabrol). Du brut, du brutal, de l’hallucinant :

- Vera Cruz (1954): western sur la une amitié trahie, Gary Cooper-Burt Lancaster, mythique
- Bronco Apache (1954) : le premier film à dénoncer le massacre des Indiens – sanglant, brutal, désabusé
- En quatrième vitesse (1955): la matrice du thriller paranoïaque à la David Lynch – immanquable
- Le Grand Couteau (1955) : radiographie au scalpel du fonctionnement d’Hollywood au temps du mccarthysme, tournée comme un cauchemar les yeux ouverts
- Attack ! (1956) : lâcheté et incompétence pendant l’assaut des Ardennes, avec Jack Palance, Eddie Albert et Ernest Borgnine. Digne de Samuel Fuller
- Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? (1962) : 120 mn de crépage de chignon entre deux stars hollywoodiennes vieillissantes et hystériques, Joan Crawford et Bette Davis
- Les Douze salopards (1967): son plus gros succès commercial, qui a ouvertement inspiré Quentin Tarantino pour Inglourious Basterds (découvrez notre dossier : trailer, photos, buzz...)
- L’Empereur du Nord (1972) : Lee Marvin et Ernest Borgnine au temps de la Dépression. Rare et fort comme un Jack Daniel’s
- La Cité des dangers (1975) : incursion de Catherine Deneuve à Hollywood, aux côtés de Burt Reynolds – son chef-d’œuvre inconnu ?
- Deux filles au tapis (1981) : son dernier film sur le catch féminin, allégorie sur le spectacle et le showbizz, avec Peter Falk

Et pour la route, je rajouterais Un Rabbin au Far-West (1981), western-comédie avec le comédien fétiche de Mel Brooks, Gene Wilder, et Harrison Ford ; et surtout Bande de flics (1977), parabole sur l’arbitraire du pouvoir, située au cœur d’une brigade de police, avec son acteur fétiche Ernest Borgnine.
Travis Bickle

jeudi 11 juin 2009

Le Grand Couteau : Hollywood autopsié au scalpel

En DVD : Tu aimes le cinéma ? Et plus particulièrement le cinéma hollywoodien ? Normal, tu es en train de lire Cineblogywood…
Alors, toutes affaires cessantes, tu vas te précipiter dans les bacs pour te procurer
Le Grand couteau (The Big Knife, 1955), dans une magnifique édition DVD signée Carlotta.
Un film qui est une radiographie au scalpel du fonctionnement d’Hollywood au temps du mccarthysme, tourné comme un véritable cauchemar les yeux ouverts, par celui que Chabrol surnomme affectueusement le gros Bob, Robert Aldrich.

Du brut, du brutal, de l’hallucinant
Aldrich, tu le connais pour avoir vu et revu Les Douze salopards, dont se serait inspiré l’ami Quentin Tarantino pour Inglourious Basterds (découvrez notre dossier : trailer, photos, buzz...). Autant dire un cinéaste efficace, parfois brutal, qui t’en met plein la gueule, pour reprendre un de ses titres. Mais pas que. La preuve avec ce Grand couteau, où il fait montre d’un talent hallucinant pour créer une ambiance cauchemardesque et paranoïaque digne d’un David Lynch, avec l’efficacité et la rugosité cynique d’un Sam Peckinpah.
Dénonciation des sirènes de la gloire, de l’argent et du pouvoir, description d’un homme tenaillé entre ses idéaux et sa soif de reconnaissance – interprété par un Jack Palance (Le Mépris, Bagdad Café) méconnaissable, sorte de colosse aux pieds d’argile – analyse des mécanismes de domination et d’asservissement, via la figure du producteur interprété par un Rod Steiger (Sur les quais) en blond peroxydé terrifiant, Le Grand Couteau, plus de 50 ans après sa réalisation, est une œuvre incroyable et d’une force peu commune sur le monde du cinéma.
Broyé par les studios
Si l’on songe parfois à Boulevard du Crépuscule, Eve ou Les Ensorcelés, c’est davantage par leur thème commun que par leur mise en scène. En assumant clairement l’origine théâtrale de son œuvre – une pièce de Clifford Odets, auteur dénoncé par Elia Kazan lors du mccarthysme – Aldrich livre une mise en scène polanskienne en diable : huis clos, omni-présence des plafonds et fausses perspectives dressent ainsi le paysage intérieur de Charlie Castle, le héros tourmenté incarné par Jack Palance, un homme en quête d’indépendance et inexorablement broyé par la machine des studios.
Bref, du cinéma brut, percutant et détonnant, à l’image des trois films que Big Bob tourne entre 1954 et 1955, (c’est-à-dire autour du Grand Couteau) : Bronco Apache, Vera Cruz et le cultissime En quatrième vitesse.
A noter : outre une B.O. lancinante et entêtante, un superbe générique créé par le débutant Saul Bass, qui réalisera ceux d'Alfred Hitchcock (Vertigo, La Mort aux Trousses), d'Otto Preminger (Autopsie d’un meurtre) ou de Martin Scorsese (Les Nerfs à vif, Casino).
Travis Bickle