Dossier

vendredi 17 mai 2019

Cannes 2019 : Alain Delon, ses grands polars (2/4)

Artistes : A l'occasion de la Palme d'honneur qui sera remise à Alain Delon lors du Festival de Cannes 2019, Cineblogywood revient sur la longue carrière de l'acteur, qui compile plusieurs très grands films... et quelques nanars. Après ses chefs-d'oeuvre, place au genre policier. 10 polars, 10 flics ou voyous, 5 réalisateurs.



Henri Verneuil : Mélodie en sous-sol (1963) / Le Clan des Siciliens (1967). Que ce soit en voyou héritier filial ou rebelle face à Gabin, Delon s’impose, en être déterminé, prêt à tout pour exister selon ses propres règles. Duels mythiques. Musiques encore plus. Scènes qui ont marqué notre enfance : les dollars dans la piscine ; l’avion atterrissant sur l’autoroute.




José Giovanni : Deux hommes dans la ville (1973) / Comme un boomerang (1976). Deux sujets à thèse – la peine de mort, la drogue – pour des réussites mitigées. Mais l’honnêteté de Giovanni emporte tout, même les approximations de scénario, et les points de vue moralisateurs. Delon y est également pour beaucoup. 


Georges Lautner : Mort d'un pourri (1977). A la revoyure, on se pince : en plein giscardisme finissant, un polar décomplexé qui a pour toile de fond l’affairisme giscardien... Un quasi brûlot politique sous couvert de polar et de règlements de comptes entre politiques, affairistes et voyous. Musique de Stan Getz, s’il vous plaît ! Delon y polit sa stature de justicier pris dans un écheveau qui le dépasse. Très bon polar, à revoir.  


Jacques Deray : Borsalino (1970) / Flic story (1975). Deux duos (Belmondo / Trintignant) ; deux époques (les années 30/ les années 50) ; deux types de rôle (le voyou / le flic). Delon dans sa dualité, accompagné par son complice Jacques Deray – 8 films au compteur tous les deux. Deux exemples de l’apogée de Delon, star du cinéma français : invincible, entêté, solitaire. L’inverse donc de son double solaire et moins ombrageux Bébel.


Alain Delon : Pour la peau d'un flic (1980) / Le Battant (1982). Cela devait arriver, surtout après avoir tourné avec autant de maîtres, et dans un genre qu’il affectionne : Delon passe derrière la caméra pour deux polars. De facture assez classiques, certes, mais qui témoignent d’un vrai sens de la mise en scène : dans le premier, un long plan séquence introductif, de Delon traversant Paris à moto, sur un morceau d’Oscar Benton ; dans le second, un sens de l’autodérision et de masochisme, assez inattendu, qui le rapproche d’un autre acteur qui effectuait au même moment sa mue vers la réalisation, Clint Eastwood. Mais pour le Français, l’expérience s’arrête là. Dommage.


Travis Bickle

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