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lundi 6 août 2018

Dans la brume : 3 raisons de craquer pour le Blu-ray

En DVD et Blu-ray : Ils sont rares, les films de genre made in France. C'est qu'ils peinent souvent à convaincre le public, lequel leur préfère les productions hollywoodiennes. D'où des carrières décevantes en salles. Dans la brume en est l'illustration. Et c'est bien dommage car le film de Daniel Roby, avec Romain Duris et Olga Kurylenko, ne manque pas d'ambition. 



1) L'apocalypse au coin de la rue
Un jour comme les autres à Paris et tout bascule : une brume se répand dans les rues, tuant tous les êtres vivants qui ont le malheur d'en respirer les particules. Les seuls survivants sont les personnes qui ont pu se réfugier aux derniers étages des immeubles ou sur les toits. C'est le cas de Mathieu et Anna, qui ont dû abandonner leur fille quelques étages plus bas. Atteinte d'une maladie génétique, elle vit en permanence dans une bulle de verre qui la protège de tout contact avec l'air extérieur. A priori, elle ne craint donc rien. Problème : les batteries de son équipement ne vont pas tarder à s'épuiser.
Pas de longs discours pour expliquer l'origine de la brume mortelle ou celle de la maladie dont souffre la jeune Sarah. Et c'est tant mieux car le blabla, c'est la tare de bien des films français. Daniel Roby, qui est canadien (ceci expliquant peut être cela), ne tombe pas dans le panneau. La catastrophe tombe sur la tête de Mathieu et Anna - ou plutôt, elle leur monte à la tête - et ils doivent rapidement prendre des décisions pour survivre et tenter de sauver leur enfant. Le rythme est le bon : les spectateurs ont eu le temps de découvrir les protagonistes, de comprendre à quel point leur vie tourne autour de leur enfant malade. La connexion est faite, sans pathos. Désormais, on est avec eux, à la vie, à la mort. Le récit peut alors se dérouler dans un cadre (relativement) réaliste, et si les rebondissements sont surprenants, ils n'ont rien d'aberrant. 


2) Des personnages attachants
Nous, spectateurs, partageons la détresse de Mathieu et d'Anna, contraints d'abandonner momentanément leur fille. Le couple est touchant, en partie brisé par la maladie de Sarah. L'optimisme à toute épreuve de Mathieu se heurte parfois à la raison d'Anna. Leur héroïsme, qui n'est jamais flamboyant, n'en est que plus fort. Romain Duris et Olga Kurylenko sont formidables : ils apportent beaucoup de nuances à leurs personnages. Leur interprétation "naturaliste" contribue grandement à la réussite du film. Ils rendent totalement crédibles les situations et les réactions de leurs personnages. Egalement au générique, Michel Robin, sur lequel les années semblent glisser alors qu'il va sur ses 88 ans : son regard triste, le ton si particulier de sa voix rendent son personnage bouleversant.

3) Des effets spéciaux au service de l'histoire
Même si le savoir-faire des Frenchies en matière de CGI n'est plus à prouver, on craint toujours que dans un film français,  les FX ne soient pas à la hauteur du propos. Ici, ce n'est pas le cas. La brume prend forme de manière complètement crédible. Impossible de distinguer ce qui a été créé par ordinateur ou ce qui relève d'un procédé réel. Idem pour les décors : sublime reconstitution de Paris dans un gigantesque studio, comme le révèle le making of très intéressant de l'édition signée TF1 Studio. Pour autant, effets spéciaux et décors n'engloutissent ni le récit, ni les personnages. Ils sont omniprésents (avec quelques plans saisissants) et parviennent pourtant à se faire oublier. La preuve qu'ils sont réussis.

Résultat : un récit prenant et touchant, des personnages attachants abordés avec une psychologie "à la française", une technique qui n'a rien à envier à celle des productions hollywoodiennes... autant de raisons de ne pas bouder son plaisir et de plonger sans retenue dans cette brume enivrante.

Anderton

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