Dossier Super Bowl

vendredi 20 septembre 2019

Une soirée avec Will Ferrell

Artistes : Annulez vos plans pour ce soir. OCS Max propose ce vendredi à partir de 20h40 une programmation 100 % Will Ferrell. Au programme : un inédit, un chef-d'oeuvre et quelques perles rares. TGIF... Thank God It's Ferrell !




Premier rendez-vous à 20h40 avec Holmes & Watson (2018). Inédit en France et pour cause, le film a été un échec retentissant aux States. Pourtant, Will Ferrell y retrouve son compère John C. Reilly pour incarner le plus célèbre duo de détectives. Face à eux, Moriarty est interprété par Ralph Fiennes. Le récit parodie le Sherlock Holmes de Guy Ritchie, joue sur les anachronismes et surtout permet à Ferrell et Reilly de partir dans leurs délires régressifs dans des costumes d'époque et au milieu de magnifiques décors. Autant d'ingrédients qui auraient pu donner lieu à une généreuse tarte à la crème dans laquelle le spectateur hilare aurait pu plonger la tête avec délectation. Au lieu de quoi la recette a donné lieu à un pudding informe et un peu gras. Il faut vraiment être un fan hardcore du grand Will pour s'ingurgiter cette succession de gags hénaurmes. Non sans quelques aigreurs d'estomac. On ne veut pas tout mettre sur le dos du chef pâtissier mais quand même, Etan Cohen n'est pas Adam McKay. Il faut savoir canaliser les excès de Ferrell, lui laisser de l'espace pour ses improvisations tout en l'empêchant d'en faire trop. Et ça, McKay sait faire. La preuve avec les deux films qui suivent.

A 22h10, on retrouve Ferrell et Reilly dans un chef-d'oeuvre de la comédie américaine. J'ai nommé Frangins malgré eux (Step Brothers, 2008). L'histoire de deux sexagénaires - lui est veuf ; elle, divorcée - qui tombent amoureux et décident de vivre ensemble. Problème : l'un comme l'autre est affublé d'un "Tanguy" immature et capricieux. Evidemment, les fistons se détestent au premier regard et n'arrêtent pas de se faire des sales coups, faisant vivre à leurs parents un calvaire permanent. Il faut voir ces deux grands couillons se chamailler comme des mômes, se mettre des coups de pelle, faire du rap ou se faire agresser par une bande d'écoliers. Le duo, qui se retrouve après Ricky Bobby roi du circuit, se complète à merveille. Un échange de regards, un simple mot suffisent à nous plier en deux. Entre les compères, il y a une alchimie manifeste qui transforme une blague caca-prout en sommet de la comédie. Ferrell et Reilly n'ont honte de rien et ne reculent devant rien pour nous faire poiler. Face à eux, Richard Jenkins et Mary Steenburgen incarnent des parents aimants mais dépassés et impuissants. Adam Scott joue un frangin puant dont l'épouse malmenée craque pour son beau-frère. Seth Rogen et Ken Jeong font également des apparitions. On surkiffe. C'est le film que Joaquin Phoenix a vu plus que tout autre (cf 3:50) et que Gilles Lellouche regarde deux à trois fois par an. Et ça nous les rend d'autant plus sympathiques.


A 23h50, les zygomatiques douloureuses à force d'avoir hurlé de rire, hors de question d'aller au lit (même superposé). On enchaîne avec un second film réalisé par Adam McKay : Very Bad Cops en français, soit The Other Guys (2010) en V.O. Cette fois-ci, Will Ferrell a pour partenaire Mark Wahlberg. Une association a priori improbable tant le comique exubérant de l'un semble à l'opposé du sérieux testostéroné de l'autre. Mais là encore, les deux font la paire dans cette comédie policière où Will joue un flic nerd et procédurier qui se retrouve allié à une tête brûlée - celle de Mark Wahlberg. Evidemment, les deux flics vont finir ami-ami au bout d'une enquête riche en rebondissements et en gags. Le film débute par un prologue génial avec Dwayne Johnson et Samuel L. Jackson ! Eva Mendes, Michael Keaton, Steve Coogan sont au générique mais aussi Damon Wayans Jr, Rob Riggle, Bobby Cannavale, Andy Buckley (The Office), Ben Schwartz (Parks and Recs), Tracy Morgan (30 Rock), Rosie Perez ainsi que deux acteurs de la série Silicon Valley, Thomas Middleditch  et Zach Woods.


En prime, OCS propose à la demande les saisons 1 et 2 de Funny or Die. Et surtout deux pépites produites pour HBO. La première, Ferrell takes the field (2015), permet à l'acteur de s'adonner à l'une de ses passions : le baseball. Pour une oeuvre de charité, il joue dans 10 équipes de MLB, à des postes différents, lors de cinq matchs (de pré-saison) qui se déroulent la même journée. Pas besoin de bien connaître le sport pour apprécier la prouesse et assister au show de Ferrell, qui excelle à incarner le type sûr de lui et condescendant face à des pros qui jouent le jeu (à tous les sens du terme) et à un public conquis. L'occasion également de découvrir que l'acteur a un coeur à l'échelle de son corps : très grand ! 


L'autre bijou, c'est un spectacle intitulé Will Ferrell : Une dernière soirée avec George W. Bush (Will Ferrell: You're Welcome America - A Final Night with George W. Bush, 2009). Cette pièce jouée dans des salles combles à Broadway donne l'opportunité à l'acteur d'interpréter une dernière (?) fois le président américain, qu'il a longtemps imité au Saturday Night Live. Sous forme d'un monologue, Bush Jr retrace son parcours, depuis sa jeunesse jusqu'à son départ de la Maison-Blanche. Connerie abyssale et vantardise caractérisent le personnage, présenté comme le pantin d'une bande de malfaisants pour le coup pas drôles du tout - le spectacle annonce Vice, qu'Adam McKay réalisera en 2018. Chaque fois que "Junior" ouvre la bouche, on explose de rire. Ferrell fait montre de son talent aussi bien de comédien que d'auteur puisqu'il a signé les textes. Tout est bien vu (certains propos sont réels) et fait parfois froid dans le dos. Il y a même un moment où le comédien redevient grave pour évoquer les victimes des guerres en Irak et en Afghanistan. Une petite parenthèse au milieu d'un déluge de rires.

Will Ferrell est un génie. 

Anderton


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