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dimanche 3 octobre 2021

Luca : une ode colorée à l'enfance et à la différence

Luca Disney-Pixar CINEBLOGYWOOD


En DVD et Blu-ray : On a tous besoin d'Italie. Surtout en ces journées pluvieuses d'automne. L'occasion est donc trop belle de se (re)plonger dans le monde coloré et poétique de Luca, la dernière production Disney-Pixar réalisée par Enrico Casarosa. Outre le film, magnifique, l'édition vidéo offre une pléthore de bonus passionnants.


Luca est un monstre marin. Mais c'est avant tout un enfant rêveur et curieux qui, malgré les mises en garde de ses parents, a envie de pointer la tête hors de l'eau pour découvrir l'étrange et attirant monde de la surface. C'est alors qu'il rencontre Alberto, un de ses congénères, qui lui donne le courage de poser son pied palmé sur la terre ferme. Les deux gamins décident de pousser jusqu'à la petite ville de PortoRosso où la chasse aux monstres marins est un sport local. Sur place, le duo se lie d'amitié avec Giulia, une fille de pêcheur débordante d'énergie. Laquelle n'a qu'une idée en tête : remporter la PortoRosso Cup, un triathlon où il faut nager, pédaler... et engloutir un énorme plat de pasta.

Originaire de Gênes, Enrico Casarosa a fait appel à ses souvenirs d'enfance aussi bien pour évoquer l'amitié entre trois enfants aux caractères très différents que pour inventer ce petit village typique de Ligurie, qui rappelle ceux des Cinque Terre. Mais pas seulement, un supplément du Blu-ray montre l'équipe du film lors d'un périple dans cette région italienne - un déplacement sur le terrain qui est désormais un passage obligé chez Disney et Pixar: appareil photo ou carnet à dessin à la main, Enrico et sa troupe ont immortalisé les habitants, l'architecture, les couleurs, les jeux d'ombre et de lumière, les ondulations de la mer. Ils ont arpenté des ruelles escarpées, nagé, mangé des glaces, regardé les enfants jouer au foot et discuté avec des pêcheurs. Des "vacances" studieuses qui ont enrichi leur imaginaire et leur ont permis de créer un monde et des personnages dont on perçoit à l'écran la texture ou le grain de peau. Le résultat est magnifique. Il emporte le spectateur dans une Italie de carte postale (avec ses chansons éclatantes et où l'on repère ici et là des affiches de La Strada et de Vacances romaines) et rend attachants les protagonistes de l'histoire, jusqu'aux habitants de PortoRosso, surpris dans leur quotidien, mimiques et interjections (Santa mozzarella !) comprises.

L'univers sous-marin est tout aussi enchanteur. On y plonge avec le même plaisir pris dans Le Monde de Nemo (2003). Mais le savoir-faire des équipes de Pixar ne serait rien sans leur capacité à raconter une histoire. On n'est pas déçus ! D'autant que le joli message sur la différence, la tolérance et l'amitié n'est jamais appuyé. Résultat : beaucoup de jolies séquences, souvent drôles, parfois spectaculaires, qui font naître l'émotion jusqu'à un final qui peut piquer les yeux (et pas à cause de l'eau de mer).

Un autre bonus de l'édition vidéo s'attache à décrypter la création des monstres marins et surtout leur transformation lorsqu'ils passent de l'eau à l'air libre. On n'y prête pas attention tant on est pris par le film et pourtant, cette métamorphose n'a rien d'évident. Autre supplément intéressant : les séquences abandonnées, que présente et décrypte Casarosa. On comprend comment l'histoire même a continué d'évoluer pendant la production, certains personnages restant même sur le côté tandis que des idées créatives ont pu être recyclées dans la version finale. Ces séquences sont en fait des storyboards animés, parfois assez aboutis, avec des lignes de dialogue, parfois juste des crayonnés, mais on découvre avec fascination comment ils arrivent systématiquement à créer une ambiance et provoquer une émotion.

Si le générique de fin nous donnent quelques nouvelles des personnages après le mot Fine, on aimerait retrouver Luca, Alberto et Giulia tout en sachant qu'à l'instar de belles vacances, revenir au même endroit l'an prochain ne suscitera pas les mêmes émotions. Replongeons donc avec Luca dans ce tendre et chaleureux été italien, Santa Mozzarella !

Anderton 

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