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vendredi 29 octobre 2021

COMICS - Skulldigger & Skeleton Boy : justiciers à l'état brut

Skulldigger & Skeleton Boy BD comics CINEBLOGYWOOD


A lire : En cette période d'Halloween, les squelettes sont de sortie. Tels ceux qu'arborent sur leurs costumes un justicier et son side-kick. Skulldigger & Skeleton Boy, c'est leurs noms ainsi que celui d'un excellent album de BD publié chez Urban Comics. 


Spiral City, 1996. A la sortie d'une station de métro, un couple, accompagné de son enfant, se fait braquer. Le gamin voit ses parents se faire assassiner. Le criminel pointe son revolver vers lui... avant de se faire fracasser le crâne par le justicier masqué Skulldigger. Lequel s'excuse d'être intervenu trop tard puis disparaît dans les ténèbres. L'enfant est recueilli par la police. L'inspectrice Reyes veut obtenir son témoignage pour arrêter Skulldigger, dont les méthodes sont aussi radicales qu'illégales. Mais le môme demeure mutique. Il est placé en foyer. Un soir, Skulldigger va le retrouver et lui propose de vivre avec lui. L'enfant accepte. Commence alors pour lui un entraînement brutal. L'inspectrice Reyes veut retrouver le môme, tout comme l'impitoyable criminel GrimJim, au visage défiguré.

Ce récit complet s'inscrit dans l'univers Black Hammer, que je n'ai jamais lu. Pour autant, l'histoire tient en elle-même. Jeff Lemire (à qui l'on doit notamment les séries Sweettooth et Gideon Falls) signe un scénario âpre, à l'os, qui s'intéresse à la genèse - et la jeunesse - d'une carrière de justicier. Batman, Daredevil, Le Punisher sont des références évidentes et c'est toujours passionnant de découvrir comment des mythes archi-connus peuvent être relatés sous un angle et une ambiance inédits. 

Combattre et répandre le mal

La violence, aussi bien physique que psychologique, suinte des pages. Il est question d'enfance maltraitée, de solitude, d'abandon. De mort. Le repaire du héros n'abrite aucun équipement high tech, son costume n'est pas équipé de gadgets. La "justice" est rendue à coups de poings et d'un fléau dont le boulet est un crâne de métal. Sang, sueur, cicatrices. Le traumatisme du gamin et son enrôlement, voire son endoctrinement, en révèlent d'autres. Dans le droit fil du Dark Knight de Frank Miller, Lemire pointe la folie de ceux qui se déguisent pour combattre le mal... et le répandre. Et comme Mark Millar avec Kick-Ass, il démontre à quel point un enfant n'a rien à faire dans un univers aussi glauque.

Skulldigger & Skeleton Boy est superbement illustré par Tonci Zonjic, au trait précis, ferme. Chaque planche est composée avec intelligence et efficacité. Et le travail sur les couleurs - et le noir et blanc - est remarquable. Il instaure une ambiance oppressante, qui culmine lors de séquences d'action brutales.

Complété par une galerie de couvertures alternatives, cet album est un page turner qu'on referme, comblé.

Anderton

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