mercredi 13 novembre 2013

The Corner : les prémices poignantes de The Wire


En DVD : Avant The Wire (Sur Ecoute en VF), considérée par beaucoup de critiques et de fans comme l'une des meilleures séries de tous les temps, il y avait The Corner. Cette minisérie en six épisodes, produite et diffusée par HBO en 2000 et qui ressort en coffret DVD, est également l'adaptation d'un ouvrage de David Simon : l'ex-journaliste devenu scénariste et producteur à succès s'était immergé (avec son compère Edward Burns) dans un ghetto de West Baltimore pour y décrire le quotidien des drogués. 

En soi, The Corner est une très bonne minisérie - ses trois Emmy Awards en attestent. Elle est aussi intéressante en ce qu'elle met en place les principes sur lesquels The Wire construira son succès : approche quasi-documentaire mais pleine d'empathie, personnages bien construits, récits poignants, acteurs peu connus mais d'une sincérité totale... Certains d'entre eux deviendront d'ailleurs des piliers de The Wire, tel Clarke Peters ou Lance Reddick. 


True stories

La minisérie adopte une approche naturaliste, proche du documentaire. Pas de mise en scène élaborée, images filmées caméra à l'épaule, au plus près des acteurs, dans la rue. Pas non plus de musique d'ambiance, uniquement du son direct. Seuls recours à un procédé cinématographique : quelques flashbacks. Chacun des six épisodes débute et se termine par une interview d'un personnage. L'intervieweur est Charles S. Dutton, réalisateur de The Corner (et acteur vu notamment dans Seven, Mimic, Gothika ou Oz), qui introduit d'ailleurs la minisérie par un monologue. Comme pour mieux effacer la frontière entre documentaire et fiction. D'ailleurs, chaque épisode s'ouvre sur cette phrase : "True Stories".

Et ces histoires vraies, ce sont celles principalement d'une famille de "Fayette" (La Fayette Street) : Gary McCullough (T.K. Carter) et son ex-femme Fran Boyd (Khandi Alexander), devenus tous deux junkies, et leur fils ado DeAndre (Sean Nelson), qui cherche à s'élever sans parvenir à rompre avec le trafic de drogue. Des histoires crues racontées crûment donc mais avec empathie. 

Car le propos de The Corner, ce n'est pas de porter un regard moralisateur sur la déchéance de junkies mais bien de révéler leur humanité, de raconter leur histoire, de pointer leurs difficultés à mettre un terme à leur addiction. Les personnages se battent ou s'abandonnent, souvent conscients du mal qu'ils se font et qu'ils font aux autres. Au fur et à mesure que l'on pénètre dans leur quotidien certes sordide, que l'on découvre leurs rêves brisés, leurs secrets espoirs et leur aspiration à la dignité, on comprend mieux les personnages. Et on s'attache à eux jusqu'à un final poignant. The Corner est une minisérie qui vous rendra maxi-accro.

Anderton


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