Dossier

vendredi 29 novembre 2013

Le Convoi de la peur : 9 infos-clés pour une redécouverte


En salles : C’est désormais officiel, mardi 3 décembre à la Cinémathèque, on pourra enfin voir en France la fameuse version restaurée du Convoi de la peur (The Sorcerer, 1977), le film mythique de William Friedkin, présenté par Billy himself. Le moment de faire le point sur ce film bloqué depuis 35 ans pour des questions de droits détenus et co-partagés par Universal et la Paramount. Alors, pour les chanceux et les non-chanceux, voici les 9 infos indispensables à savoir pour redécouvrir avec délectation ce film maudit, qualifié par notre Anderton national de "trip quasi-expérimental" :



1) Tout d’abord, il s’agit d’une ré-adaptation du roman Le salaire de la peur de Georges Arnaud plutôt que d’un remake du film éponyme d’Henri-Georges Clouzot.

2) Tourné dans des conditions épiques en République dominicaine, gagné par la fatigue et l’épuisement de son équipe, bénéficiant d’un budget king size pour l’époque (22 millions de dollars), le film est un four monumental au moment de sa sortie en 1977 (il ne rapporte que 9 millions de dollars). Ce qui met un coup d’arrêt brutal à l’ascension de Friedkin, tout juste auréolé des cartons publics et critiques de French Connection et L’Exorciste.

3) Il faut dire que sa date de sortie aux Etats-Unis est devenue ironiquement symbolique avec le temps : Le Convoi de la peur est lancé en juin 1977 en même temps qu’un film sans stars, bourré d’effets spéciaux, à faible budget, Star Wars

4) The Sorcerer (titre original bien plus intrigant que sa "traduction" française) est un film sans stars au générique. Prévu et taillé sur mesure pour Steve McQueen, qui finalement refusa le rôle pour rester aux côtés d’Ali McGraw, sa compagne d’alors, The Sorcerer rassemble de solides acteurs, mais peu attractifs auprès du grand public : Roy Scheider (Jaws, All that jazz), le Français Bruno Crémer – en lieu et place de Lino Ventura – Amidou, davantage connu pour ses leloucheries (décédé tout récemment), et le vétéran Francisco Rabal, issu des univers de Bunuel et Antonioni.

5) Film typique d’une époque bénie où blockbuster se conjuguait avec cinéphilie, action avec vision, efficacité avec talent. Avec Heaven’s Gate de Cimino, New York New York de Scorsese et un peu plus tard, One from the heart de Coppola, The Sorcerer marque la fin de l’époque du réalisateur roi à Hollywood.

6) Captivant film d’aventures, brutal et désespéré, dont le scénario est signé Walon Green, complice de Peckinpah sur La Horde sauvage, une référence en la matière.

7) Outre ses scènes devenues mythiques – notamment la traversée d’un pont sous un déluge torrentiel, les hallucinations de Scheider au volant de son camion dans le désert – The Sorcerer est en fait un remake inavoué, celui du Trésor de la Sierra Madre que viendra également présenter Friedkin à la Cinémathèque le 4 décembre.

8) The Sorcerer est nappé de la partition planante et ensorcelante de Tangerine Dream – dont Michael Mann reprendra les volutes synthétiques pour Le Solitaire.

9) Enfin, argument ultime pour vous, lecteurs français, précipiter sur cette version restaurée. Apparaissent dans des seconds rôles deux grands seconds rôles du cinéma français : Jacques François et Jean-Luc Bideau...

Travis Bickle

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