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vendredi 24 février 2017

Isabelle Huppert en 10 films marquants - VIDEO

Artistes : Rarement une actrice française n’avait autant trusté les récompenses nationales et internationales, en attendant les César et les Oscars. 2016 est incontestablement l’année Isabelle Huppert. Et Juliette Binoche avait eu le nez creux en déclarant à la fin de la cérémonie des César 2016 qu’elle regrettait qu’Isabelle Huppert ne soit pas plus célébrée par la famille du cinéma. Voilà qui est fait !

 
Sa prestation hors du commun dans Elle la hisse au niveau des plus grandes actrices, à la fois control freak et totalement débridée, dont la carrière s’étend des Etats-Unis à la Russie, en passant par la France, l’Italie et l’Autriche. Pialat, Haneke, Chabrol, Losey, mais aussi Schroeter, Cimino, Hartley, Blier, Sautet, Bellocchio, elle a quasiment tourné avec les plus grands. Retour, partiel, donc partial, sur 45 ans de carrière, 110 films, en 10 rôles marquants.
 

Les Valseuses (1973)
Une des toutes premières apparitions de l’actrice, toute jeune, entre les mains du trio infernal Dewaere-Depardieu-Miou-Miou. Tout de suite, la voici associée à une génération qui par son jeu, ses audaces, s’apprêtait à révolutionner le cinéma. Elle retrouvera Bertrand Blier en 1983 avec La Femme de mon pote, endeuillé par le suicide de Dewaere, mais dans lequel elle excelle dans le rôle d’une Betty Boop des dancings.




Loulou (1980)
Nelly la bourge, dans les bras d’un loubard d’un autre monde, le temps d’un film, le temps d’une idylle à la Pialat : brute, brutale, implacable. Dans un rôle prévu initialement pour Sylvia Kristel, puis Miou-Miou, Isabelle Huppert, au départ gracile et fragile, impose sa silhouette face à la masse Depardieu et la jalousie maladie de son époux, Guy Marchand.



Coup de torchon (1981)
Seconde incursion de l’actrice dans l’univers de Tavernier, elle y est totalement extravertie dans le rôle de Rose, femme fatale, qui se joue des ces êtres pathétiques de l’Afrique coloniale de l’entre deux guerres. A l’instar de ses comparses masculins (Noiret, Marielle, Marchand, Mitchell), elle y est grandiose. Un classique.


Une affaire de femmes (1988)
12 ans après son prix d’interprétation au Festival de Cannes, Isabelle Huppert retrouve Claude Chabrol, pour un rôle inoubliable, celui d’une avorteuse pendant l’Occupation, une faiseuse d’anges, condamnée par le régime de Vichy. On n’est pas près d’oublier sa prière finale : "Je vous salue Marie, pleine de m...".
 

 
La Cérémonie (1994)
De nouveau Chabrol, pour une adaptation vaguement inspirée des Bonnes de Jean Genet, pour un polar qualifié de "marxiste" par son réalisateur, qui tourne au jeu de massacre. En postière à couettes manipulatrice et fan de gossips, elle excelle, extravertie, face à une Sandrine Bonnaire, introvertie. A jour, son seul César, malgré 16 nominations au total.

 
La Pianiste (2001)
Deuxième prix d’interprétation à Cannes, également décroché par son partenaire Benoît Magimel. Son rôle le plus dur et le plus dérangeant à ce jour. Qui lui permet de faire une rencontre capitale avec Michael Haneke et permet au cinéaste autrichien d’accéder à la reconnaissance internationale.



Huit femmes (2002)
Face à un casting all stars – Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart, entre autres – Isabelle Huppert incarne avec gourmandise Augustine, vieille fille aigrie et médisante, qui tente de se transformer en femme fatale. Une prestation mémorable.



Gabrielle (2004)
Adaptation d’une nouvelle de Joseph Conrad par Patrice Chéreau, ce film s’apparente à l’autopsie bergmano-proustienne de la dégradation d’un couple à la Belle Epoque. Le feu sous la glace, Isabelle Huppert y livre une des plus intenses prestations, face à Pascal Greggory, tout aussi impressionnant. Injustement oublié.


Villa Amalia (2009)
En se donnant à Benoît Jacquot, autre fidèle de sa filmographie, Isabelle Huppert prête son jeu mezza voce à une chronique de la déréliction, d’inspiration antonionienne.


Avec Elle cette année, elle couronne sa carrière d’un rôle hors normes et dans lequel elle fait impression, par son audace et sa maîtrise, sa banalité et sa monstruosité. Peut-être, à l’instar de ses glorieuses aînées Jeanne Moreau et Catherine Deneuve, est-ce là clé de sa carrière exceptionnelle : une liberté totale dans ses choix, qui lui ont permis d’alterner films d’auteurs et films populaires, cinéastes confirmés et cinéastes débutants, en France, comme à l’international. Et ce n’est pas fini : au moins six films sont prévus de sortir dans les 12 mois qui viennent avec une certaine Isabelle Huppert.

Travis Bickle



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