mardi 28 février 2017

Captain Fantastic : la smala des bois qui déboîte

En DVD et Blu-ray : Présenté au Festival de Sundance, primé au Festival de Cannes et à celui de Deauville, Captain Fantastic est une de ces bonnes surprises que réserve parfois le cinéma indépendant américain. Une œuvre pleine de fraîcheur qui suscite autant d'émotions que de réflexion.



Le film débute au cœur d'une forêt, où évolue un jeune cerf, près d'un ruisseau. Images poétiques d'un paradis végétal d'où émergent peu à peu les visages couverts de suie d'une bande de gamins et d'ados vêtus de peaux de bêtes, tels les enfants perdus dans Peter Pan. Ils sont là pour chasser. Le cervidé est poignardé puis éventré. Un homme barbu, également camouflé, rejoint le groupe. On devine qu'il s'agit du père. Que fait cette famille au cœur de la forêt ? Sont-ils les survivants d'une catastrophe qui a mis fin à la civilisation ? Les rejetons d'une secte ?

Je n'en dirai pas plus. Car le film nous emporte dans un univers (d)étonnant au côté d'une famille atypique, pour ne pas dire barrée, et surtout attachante. On est à la fois épatés et effarés de découvrir comment le père éduque sa progéniture. Esprits sains dans des corps sains en mode survival. A peine approuve-t-on sa capacité à susciter le dialogue et la réflexion qu'on s'offusque des dangers qu'il fait courir à ses mômes. Lesquels ont l'air heureux avant de révéler leurs failles. Des enfants perdus.
 
Viggo : héros de conduite

Viggo Mortensen est impeccable en paternel impliqué et aimant, dont l'autorité naturelle flanche parfois le temps d'un regard qui se voile. Les jeunes comédiens qui l'entourent sont formidables de spontanéité. On l'aime illico, cette smala des bois. Tout en comprenant les réserves et inquiétudes de "ceux du dehors" (Frank Langella et Steve Zahn notamment).
 


Matt Ross (Gavin Belson dans la série Silicon Valley), qui a lui même été élevé dans une communauté "alternative", a réalisé un film très émouvant, un poil dérangeant et qui fait réfléchir, notamment sur notre système d'éducation et notre société de consommation. Les personnages ne sont pas monochromes. Personne ne détient la vérité. Il n'y a pas de héros mais des gens sincères, qui peuvent se tromper. Prix de la mise en scène dans la Catégorie Un Certain regard à Cannes. Amplement mérité. L'édition de TF1 Vidéo comprend des bonus qui renseignent sur le tournage du film, les motivations du réalisateur et l'accueil à Cannes et Sundance. 

Anderton
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