CANNES 2024

lundi 4 novembre 2019

Yves : love on the fridge

En Blu-ray et DVD (le 6 novembre) : Et si une machine pouvait vous aider à trouver l'amour et le succès ? Déjà vu ? Pas quand la machine est un réfrigérateur ! Avec Yves, Benoît Forgeard réunit à l'écran un casting so fresh (William Lebghil, Dora Tillier et Philippe Katerine) et signe une comédie qui ne sent pas le réchauffé.



Jérém est un apprenti rappeur qui compose ses morceaux dans la cave de son pavillon de banlieue bordélique. Quand So, l'employée d'une société high-tech, lui propose de tester un réfrigérateur intelligent, tout bascule. D'abord parce que Jérém craque pour So et puis parce qu'Yves - c'est le nom du frigo - remet de l'ordre dans ses bacs et dans sa vie.


Benoît Forgeard propose de prime abord une comédie déjantée et lunaire. C'est vrai quoi, un frigo qui parle, c'est plutôt givré, comme idée. Mais tout en poussant parfois loin le délire (un drôlissime Eurovision de l'intelligence artificielle notamment), le cinéaste dépeint finalement avec beaucoup de finesse l'absurdité de notre société dans laquelle chacun confie la gestion de son existence à des machines de plus en plus présentes. A tel point qu'on ne sait plus très bien qui commande quoi - et inversement. On rit donc des situations (pas si) abracadabrantes et des dialogues qui font mouche mais au fur et à mesure que le récit avance, on se prend à réfléchir pour finir par se dire que ce film n'est pas si con(gelé).

Casting on the rocks

Servi par une mise en scène inventive, le film enchante également par son casting. William Lebghil, qui démontre une fois de plus son immense talent, campe un Jérém un peu branleur et un peu paumé, mal à l'aise et maladroit lorsqu'il s'agit d'interagir avec les autres. Il aurait pu être insupportable, Lebghil nous le rend touchant. Dora Tillier, pour sa part, joue avec beaucoup de générosité une jeune femme intelligente et sincère, autant dans la réalisation de ses missions que dans l'expression de ses sentiments. L'actrice est craquante. Quant à Philippe Katerine, il incarne l'imprésario de Jérém avec son style unique, à la fois barge et pas dupe, candide et filou. 

Dans le rôle de la collègue de So, Alka Balbir dévoile une belle sensibilité derrière la sensualité et la force de caractère de son personnage. Lourde tâche pour Antoine Gouy : celle de donner voix et vie à Yves. Et il s'en sort très bien, apportant par ses intonations de la chaleur et de l'émotion à cette boîte à glaçons. Et puis, il y a Darius, avec son phrasé particulier, qui campe un patron high-tech un brin bizarre.


Présenté à La Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2019, Yves est une comédie originale et malicieuse. Le Pacte en propose une édition vidéo riche : making of, entretiens avec les talents, bêtisier et clip de C.R.A.B. (Carrément Rien A Branler), le titre catchy que Jérém imagine et qu'Yves finalise. Clairement rien à bazarder dans le film de Forgeard !

Electric Dreams : un PC survolté
Yves m'a rappelé un film des années 1980 qui était enfoui au tréfonds de ma mémoire. J'ai nommé Electric Dreams (1984). Réalisé par Steve Barron, alors un as du vidéoclip (comme on disait à l'époque), le film raconte comment un ordinateur prend vie après que son propriétaire l'a sauvé d'un court-circuit en l'aspergeant de champagne ! Edgar (c'est le nom de la machine, dont la voix est celle de Bud Cort, Harold dans Harold et Maude) et Miles (c'est le nom de son propriétaire, interprété par Lenny Von Dohlen, vu dans Twin Peaks) vont alors tomber amoureux de Madeline (Virginia Madsen, qui a joué aussi sous la direction de David Lynch, dans Dune), une voisine violoncelliste. S'ensuit un triangle amoureux, entre Cyrano de Bergerac et War Games. La bande son réunit des morceaux de Giorgio Moroder, Culture Club et Jeff Lynne (Electric Light Orchestra) - entre autres. Les séquences sont mises en scène comme une succession de clips MTV. Pas revu depuis l'époque de la VHS. 



Anderton

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