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mardi 19 novembre 2019

Trauma : "Nous aussi, on veut détourner les codes du thriller" - INTERVIEW

Buzz : Sur les traces d'un serial killer, un flic devient amnésique après avoir reçu une balle dans la tête. Alors qu'il essaie de recouvrer la mémoire, il fait une découverte horrifiante dans sa cave. Ne cherchez pas à en savoir plus ! Trauma est une formidable mini-série française que 13ème Rue diffusera tous les lundis à 20h55 à partir du 25 novembre. Réalisés par Fred Grivois, les six épisodes, qui réunissent à l'écran Guillaume Labbé et Margot Bancilhon, nous ont emballés. Nous avons voulu en savoir plus auprès d'Eric Laroche, directeur du développement chez Empreinte digitale, la société de production à l'origine de ce thriller ambitieux et prenant.



Cineblogywood : Trauma est la première série originale française diffusée sur 13ème Rue. Comment est né le projet ?
Eric Laroche : Empreinte Digitale avait travaillé avec NBC Universal France (à qui appartiennent les chaînes 13ème Rue et SyFy) sur un programme court intitulé Les Impitchables. Quelques années plus tard, ils nous ont parlé de leur envie de faire une série originale en France. A condition que cette série ne ressemble pas à ce que font les autres chaînes. Henri Debeurme (producteur et créateur de la série) leur a immédiatement proposé les bases de Trauma. Ensuite, nous avons contacté Aurélien Molas (Maroni, Crime Time) avec lequel nous avions très envie de collaborer. Il a tout de suite été séduit par le projet, écrivant l’histoire dans sa globalité et le script du premier épisode. Il a malheureusement dû quitter le projet car une de ses créations partait en production. C’est là que nous avons proposé à Fred Grivois et Donald Hébert de prendre le relais. Nous venions de produire le second long métrage de Fred, L’Intervention ; nous savions qu’un tel projet pouvait l’intéresser et lui convenir.

Ce qui frappe et séduit d'emblée avec la série, c'est son ambition artistique : des talents impliqués au scénario et à la photo, en passant par la musique. Cette exigence de qualité, c'est devenu la marque de fabrique d'Empreinte digitale. Comment vous y prenez-vous ?
Merci, ça fait plaisir que vous le remarquiez car nous y attachons beaucoup d’importance. Notre premier critère, c’est l’enthousiasme. C’est ça qui nous donne envie de nous investir dans un projet, et pas un autre. Ensuite, pour que ça fonctionne, la clé est de réunir le maximum de personnes qui partagent cet enthousiasme. Le polar avec le flic qui la joue perso, qui privilégie sa vie professionnelle au détriment de sa vie privée, l’enquête autour d’une tueur de jeunes femmes... tout cela n’est pas nouveau, au contraire. Il y en a tous les soirs en prime time à la télévision française. L’idée, c’était de le faire différemment. A nouveau (nous avions vécu cela avec Missions), pourquoi seuls les Anglo-saxons auraient le droit d’investir un registre ? Nous aussi, on veut jouer avec ces codes, les reproduire, les détourner, les revisiter. Nous avons eu la chance de réunir une équipe de tueurs (en série... ha, ha, ha) extrêmement professionnels et talentueux. 


Est-ce que cela a été facile de convaincre des talents comme Fred Grivois, Guillaume Labbé et Margot Bancilhon de participer au projet ?
Fred a immédiatement été emballé. C’est un amoureux du thriller, de David Fincher à Bong Joon Ho, en passant par Denis Villeneuve et Brian de Palma. Il était donc ravi de pouvoir se frotter à cet exercice (plus facile à monter en série qu’en long métrage aujourd'hui en France), qui plus est, en collaboration avec un diffuseur qui nous faisait entièrement confiance et nous laissait faire ce qu’on voulait. Très vite, Fred nous a parlé de Guillaume Labbé qui était dans L’Intervention. C’était parfait : un excellent acteur, suffisamment séducteur pour gagner notre empathie et capable aussi de faire peur et de nous inquiéter. Il ne fallait pas se rater car toute la série est racontée de son point de vue. Quant à Margot Bancilhon [qui a joué dans Ami-ami, NDLR], c’est également une idée de Fred. Une idée brillante car ce qu’elle fait dans la série est hallucinant. Elle nous a tous épatés. 

Combien de temps a duré la production de Trauma, de l'écriture jusqu'au tournage ?
Deux ans séparent l’invitation de 13ème Rue pour parler de séries originales, et la fin du tournage de Trauma. Quand Fred est arrivé sur le projet fin décembre 2018, tout s’est accéléré. Donald Hébert et lui ont écrit très vite, en même temps que nous préparions. Le tournage a eu lieu de début avril à fin mai, dans la région de Tours. Quatre mois plus tard, les deux premiers épisodes étaient en compétition au Festival de la Fiction TV de La Rochelle, et le 25 novembre, la série sera diffusée sur 13ème Rue. Encore une fois, tout cela a uniquement été possible car nous avions les meilleurs avec nous. 

La série a un potentiel à l'export. Sera-t-elle diffusée sur les déclinaisons de 13ème Rue à l'international, voire sur d'autres chaînes ou plateformes ?
Calle 13 (13ème Rue Espagne) a préacheté Trauma avant le tournage. Les autres chaînes devront se positionner sur chaque territoire où elles sont présentes. Notre partenaire en charge des ventes internationales, Playtime, est très confiant quant au potentiel de la série dans de nombreux pays. On croise les doigts. 

Trauma est conçu comme une mini-série mais pourrait-il y avoir une saison 2 ?
Difficile de répondre sans dévoiler la fin. Disons que nous l’avons envisagée comme une mini-série bouclée. Si nous devions réfléchir à une nouvelle saison, ce serait sans doute plus pertinent d’aller vers l’anthologie, et non la suite classique. 

Sur Twitter suivez Eric Laroche aka @erictherock

Anderton

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