Dossier Super Bowl

jeudi 23 décembre 2021

Des comédies musicales pour Noël

West Side Story Un Américain à Paris Singin' in the rain DVD CINEBLOGYWOOD


En Blu-ray et DVD : Steven Spielberg m'a ému et ébloui avec sa version de West Side Story. Il est encore temps d'aller profiter de ce grand spectacle au cinéma. Pour prolonger le plaisir, Warner a sorti un coffret DVD réunissant trois chefs-d'oeuvre de comédies musicales produites par la MGM : Singin' in the Rain, West Side Story et Un Américain à Paris. Du bonheur à l'état pur.


Un Américain à Paris (1951)

C'est dans un Paris de carte postale, entièrement reconstitué en studio, que nous plonge Vincente Minnelli. On retrouve tous les clichés de la vie bohème à Paname mais quel plaisir de fantasmer avec le cinéaste et de partager son amour pour notre capitale et la peinture. Car l'Américain à Paris dont il est question, Jerry Mulligan (Gene Kelly), s'est installé à Montmartre pour peindre. Une passion qui rapporte peu jusqu'à ce qu'une riche compatriote (Nina Foch) s'éprenne de son art... et de l'artiste. Mais Jerry est lui-même tombé amoureux d'une jeune Française, Lise (Leslie Caron). 

Sur une somptueuse musique de George Gershwin, Gene Kelly chorégraphie d'impressionnants numéros dans lesquels il fait montre de tout son talent de danseur, aussi à l'aise à faire des claquettes entouré de gamins ou à bondir sur un piano qu'à danser au sein d'un ballet avec des dizaines de comparses. Avec un bouquet final et coloré de seize minutes, Minnelli rend hommage de manière spectaculaire aux grands peintres que sont Renoir ou Toulouse-Lautrec. Leurs tableaux prennent vie. L'émerveillement est total.

 Singin' in the rain (1952)

Don Lockwood, une star du muet (Gene Kelly), s'apprête à tourner son premier film parlant en même temps qu'il s'éprend de Kathy Selden (Debbie Reynolds), une jeune danseuse qui lui tient tête. Problème : Lina Lomont (Jean Hagen), sa partenaire à l'écran, est aussi limitée intellectuellement que vocalement. Et en plus, elle est bien décidée à faire de Don son futur mari. Heureusement, celui-ci peut compter sur l'aide de son indéfectible ami, Cosmo Brown (Donald O'Connor).

Stanley Donen et Gene Kelly, qui ont coréalisé le film, n'ont pas oublié que le musical est un genre qui virevolte sur deux pieds : les numéros chantés et dansés et la comédie. Make Them Laugh est d'ailleurs l'un des titres-phares du film, avec Singin' in the rain et Good morning. Trois chansons devenues cultes et mises en scène et chorégraphiées dans des séquences virevoltantes. L'extraordinaire talent de Kelly et d'O'Connor suscite la même fascination à chaque visionnage. Ces artistes savent tout faire : danser, chanter, jouer la comédie. La grâce absolue ! Debbie Reynolds (la maman de Carrie Fisher) est à croquer et Jean Hagen, hilarante. Cyd Charisse apporte de la sensualité dans un duo mémorable avec Gene Kelly. Rita Moreno (la future Anita dans West Side Story) fait une apparition. Et, cerise sur le gâteau, le film est une magnifique déclaration d'amour à Hollywood, avec son peuple haut en couleurs (producteur, artistes, fans) et ses immenses studios où le rêve devient réalité.

West Side Story (1961)

Comme pour Singin' in the rain, le film est une cocréation d'un réalisateur (Robert Wise) et d'un chorégraphe (Jerome Robbins, qui avait lui-même chorégraphié l'oeuvre à Broadway, en 1957). Et c'est bien ainsi tant le travail de l'un et de l'autre fusionnent pour donner lieu à une révolution du genre.  Si beaucoup de séquences ont été tournées en studio, Wise emmène sa troupe dans les rues de New York. Un choix qui ancre dans la réalité cette version moderne de Roméo et Juliette en même temps que la Big Apple transmet son énergie au film. Une énergie que l'on ressent chez les comédiens, dans la chorégraphie, dans la mise en scène. West Side Story frappe par sa modernité - aussi bien celle du livret signé Leonard Bernstein et Stephen Sondheim que celle de la réalisation. Avec, comme pour les deux autres titres du coffret, une belle inventivité.

Inutile de comparer cette version à celle de Steven Spielberg. Elles ont chacune leurs atouts. Je constate d'ailleurs que les critiques sur le manque de charisme du casting de 2021 seraient tout autant fondées pour celui de 1961. A noter d'ailleurs que les deux artistes qui sortent du lot sont celles qui interprètent Anita : Rita Moreno et Ariana DeBose. Et pourtant, ici comme là, la magie opère rapidement et le spectateur s'attache à ces personnages paumés, qui aspirent à une vie meilleure mais finissent engloutis par l'implacable métropole. Leurs rêves se désagrègent sous leurs yeux, à l'image de leur quartier, démoli pour abriter des buildings modernes dont les protagonistes seront exclus. Nothing is free in America.

Le coffret que j'ai testé réunit trois DVD sans bonus et dont parfois la qualité laisse à désirer. Pour 5 euros de plus, préférez le coffret Blu-ray qui propose des versions remastérisées et complétées par des suppléments.

Anderton

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