Cannes 2022

lundi 31 décembre 2018

Equalizer 2 : Denzel justicier badass et humaniste

En DVD et Blu-ray : La sortie en vidéo d'Equalizer 2 permet de se rendre compte à quel point le film d'Antoine Fuqua avec Denzel Washington est beaucoup plus (et beaucoup mieux) qu'un Revenge movie.


Denzel engagé

En 40 ans de carrière, c'est la première fois que Denzel Washington reprend un rôle qu'il a déjà incarné. C'est dire que le personnage de Robert McCall ne l'a pas laissé indifférent. Il faut dire que le bonhomme n'est pas banal : désormais à la retraite et veuf, cet ancien militaire passé par la CIA vit seul dans un appartement propret, à la décoration minimaliste. Hier vendeur dans un magasin de bricolage, aujourd'hui chauffeur de VTC, il aime aider son prochain, client ou voisin. Et s'il y a bien une chose qui le fait sortir de ses gonds, c'est l'injustice. Il intervient et la machine à tuer se remet en marche. Ses TOC laissent alors place à une implacable minutie.

Dans le premier Equalizer, McCall venait en aide à une prostituée. Cette fois-ci, il cherche à venger le meurtre d'une amie chère. En même temps qu'il enquête sur l'affaire, il prend sous son aile un jeune homme de son voisinage, Miles, qui suit des études d'arts graphiques mais traîne avec un gang. Plus qu'une "backstory", cette relation permet à Denzel Washington et Antoine Fuqua de passer un message sur le vivre ensemble. Des propos simples, pleins de bon sens, autour du respect, de l'éthique et de l'effort, que seul un acteur comme Denzel peut faire passer sans tomber dans le sermon ringard ou réac. L'Amérique d'Equalizer, c'est l'opposée de celle de Trump : une Amérique diverse où la bienveillance et l'entraide viennent à bout de la violence. 

Denzel Washington livre une fois de plus une prestation magnétique, ponctuée de moments de grâce, très émouvants. Il faut voir McCall serrer dans ses bras un ancien collègue pas revu depuis vingt ans : l'acteur affiche d'abord un grand sourire accompagnant la poignée de mains avant de passer à une expression d'émotion pure une fois contre l'épaule de son ami. Le tout en une seconde. Du grand art qui cueille le spectateur. 


Fuqua inspiré

Les affrontements du premier opus reposaient sur un gimmick visuel : McCall analysait chaque détail de son environnement ainsi que les postures de ses agresseurs pour ensuite dérouler une succession de gestes précis et parfois mortels. Une mécanique d'une redoutable efficacité. Antoine Fuqua reprend cette "signature" mais sans s'y attarder autant que pour le premier film, partant du principe que le public a compris comment fonctionne McCall. Reste que les séquences d'action sont toujours aussi spectaculaires et les affrontements très "graphiques" : ça craque, ça gicle.

Melissa Leo et Bill Pullman sont à nouveau au générique tandis que deux acteurs parviennent à s'imposer face à l'immense Denzel : Pedro Pascal, dans le rôle de l'ex-collègue, apporte une intensité à son personnage ; dans le rôle de Miles, Ashton Sanders compose un jeune homme empli de doutes et d'envie de bien faire. Leurs face-à-face avec McCall donnent lieu à des scènes fortes et marquantes.

L'édition de Sony Pictures Home Entertainment regorge de bonus. Comme le résume un intervenant, on aimerait tous connaître un Robert McCall à qui faire appel quand nous sommes confrontés à la violence ou l'arbitraire. Porté par le grand Denzel Washington, Equalizer 2 est un bon film d'action avec un supplément d'âme.

Anderton

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