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mardi 11 décembre 2018

A la poursuite de Ricky Baker : un buddy kiwi movie signé Taika Waititi

En DVD : Il n'est jamais trop tard pour rattraper son retard. Sorti en vidéo il y a quelques mois, A la poursuite de Ricky Baker (Hunt for the wilderpeople, 2016) est une comédie tendre et piquante signée Taika Waititi. Un buddy kiwi movie atypique dans le bush néo-zélandais.


Le bush, ça évoque la savane australienne. En Nouvelle-Zélande, le terme désigne l'épaisse forêt humide qui abrite des sangliers énormes et les chasseurs venus s'en faire des côtelettes. C'est aux abords de cette "jungle", à la campagne, que débarque Ricky Baker, un orphelin en surpoids, placé de foyer en foyer à cause des conneries qu'il enchaîne. Cette fois-ci, il rejoint Bella et son mari Hec. La première déborde d'amour (enfin, faut la voir étriper un sanglier au couteau....) et le second est fermé et taiseux. Ricky des villes a du mal à s'imaginer Ricky des champs. Il fugue... jusqu'à 200 mètres de la maison mais Bella le retrouve et le couve, alors Ricky commence à se faire à son nouveau foyer. Puis une tragédie survient. Hors de question pour le gamin d'être à nouveau placé dans une nouvelle famille. Il s'enfonce dans le bush, vite rejoint par "Oncle" Hec.


Julian Dennison (Ricky) et Sam Neil (Hec) forment un duo attachant. Pas d'effusions sous de grands violons entre ces deux accidentés de la vie. Ils apprennent à se connaître dans les bois. Le plus vieux indique au plus jeune comment utiliser des feuilles d'arbre en guise de papier toilette tandis que le gamin tente de faire comprendre le concept du swag à son nouveau tonton. Evidemment que ce n'est pas une partie de plaisir : il fait froid, il y a de la boue, il faut parfois manger une "limace" (une anguille) et puis, il y a la police et les chasseurs qui pensent qu'Hec est un kidnappeur. 

Evidemment que la force des enfants acteurs, c'est leur naturel et Julian Dennison n'échappe pas à la règle. Il peut compter en plus sur sa bonne bouille qui alterne air blasé et profondes surprises mais aussi sur sa capacité à balancer avec candeur du grand n'importe quoi. Il est très drôle. Face à lui, Sam Neill, tout en barbe et sourcils froncés, incarne un cousin du Dr Alan Grant dans Jurassic Park : il n'aime pas les mômes mais finit par s'y attacher. Il est parfait dans le rôle de ce dur à cuire grognon. On croise également Psycho Sam (le génial Rhys Darby), un pasteur qui sort de drôles de paraboles (le tout aussi génial Taika Waikiki) plus une poignée de farfelus, pas bien méchants.

Après Vampires en toute intimité et avant Thor Ragnarok, Taika Waititi prouve tout son savoir-faire pour raconter une histoire, en s'attachant aux personnages. Les répliques et les situations (il a signé le scénario, tiré d'un ouvrage de Barry Crump) mêlent humour et tendresse alors qu'elles relatent parfois une réalité finalement très dure. Sa mise en scène est enlevée et inventive, avec quelques hommages ici ou là. Comme ce plan qui rappelle celui du Seigneur des Anneaux, quand les hobbits se cachent en contrebas du chemin où galopent les Nazgûl. D'ailleurs, le spectateur a à peine le temps de reconnaître le plan que Ricky évoque la scène à Hec.

Merci à ESC Editions de nous avoir fait découvrir ce film attachant.

Anderton

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