mardi 31 juillet 2007

Fondu au noir pour Antonioni

Artistes : Série noire pour le 7e Art. Après Michel Serrault et Ingmar Bergman, c'est au tour de Michelangelo Antonioni de tirer sa révérence, à 95 ans.
Le cinéaste avait débuté comme critique de cinéma avant de devenir assistant-réal de Marcel Carné sur Les Visiteurs du Soir, puis scénariste, et pas pour n'importe qui : Roberto Rossellini et Federico Fellini. Derrière la caméra, il devient célèbre avec L'Avventura (1960). Consécration sept ans plus tard avec Blow-Up, Palme d'Or à Cannes. Antonioni réalisera plusieurs films à Hollywood dont Zabriskie Point et Profession Reporter.
Comme Bergman, Antonioni est considéré comme un maître du cinéma et comme son confrère suédois, son oeuvre, exigeante, est difficile d'accès pour le grand public.
Comme Bergman, le réalisateur a travaillé jusqu'au bout mais il s'est fait aider par ses pairs : un accident cérébral l'a laissé à moitié paralysé en 1985. Wim Wenders l'assistera pour réaliser Par Delà les Nuages (1995) ; Wong Kar-Wai et Steven Soderbergh feront de même pour Eros (2004).
Anderton

lundi 30 juillet 2007

Serrault-Bergman, même combat ?

Artistes : Michel Serrault, Ingmar Bergman. Deux monstres sacrés du cinéma disparus à quelques heures d'intervalle. A priori, tout les séparait : Serrault était un clown (j'emploie ce terme à dessein car il avait beaucoup d'admiration pour ces saltimbanques), tantôt Auguste déconneur, excessif... hilarant (Le Viager, La Cage aux Folles, Le Miraculé, Préparez Vos Mouchoirs, Buffet Froid, Le Cri du Cormoran le Soir au-dessus des Jonques...) ; tantôt clown blanc, voire triste, tout en nuances, sobre... émouvant (Garde à Vue, Mortelle Randonnée, Docteur Petiot...). Bergman, lui, est assimilé à un cinéma exigeant, voire difficile d'accès, à mille années-lumières des rôles "grand public" de Serrault.
Pour autant, chacun à sa manière s'est attaché à décortiquer l'âme humaine, à pénétrer au plus profond des personnages pour en révéler leur vérité. Comme le précisait ce lundi le critique Michel Ciment sur France-Info, l'oeuvre du cinéaste suédois est caractérisée par la diversité : il a réalisé des films très épurés (Le Septième Sceau), des sagas (Fanny et Alexandre) comme des adaptations d'opéras (La Flûte Enchantée)... Le réalisateur était également un grand metteur en scène de théâtre.
Artistes multi-genres
Serrault aussi a usé ses souliers sur les planches, de La Cage aux Folles à Knock en passant par L'Avare. Il a aussi beaucoup oeuvré à la télévision, notamment au côté de Pierre Tchernia (Offenbach, adaptations des nouvelles de Marcel Aymé). De la télé, Bergman en a aussi beaucoup fait, notamment ces dernières années. Et puis, Serrault comme Bergman n'ont jamais cessé de travailler : le second jusqu'en 2003 (Sarabande), le premier jusqu'en 2006 (Pars Vite et Reviens Tard de Régis Wargnier). Bref, des artistes intégraux, ouverts mais exigeants.
Enfin, comme ce blog est largement consacré au cinéma américain, il est intéressant de noter que ni le comédien (à l'instar de Philippe Noiret), ni le cinéaste n'ont répondu aux sirènes d'Hollywood, si tant est qu'elles les aient jamais appelés. Et pourtant, leur influence s'y est fait sentir : Bergman est un dieu pour Woody Allen et il a inspiré de nombreux réalisateurs, jusqu'à Spielberg dans Minority Report. Quant à Serrault, il a d'abord marqué indirectement Broadway, où La Cage aux Folles a été adapté avant de l'être sur grand écran.
L'acteur concluait son émouvante autobiographie, Vous avez dit Serrault ?, en écrivant qu'il était impatient de retrouver Poiret et Carmet pour refaire les cons comme au bon vieux temps. Allez, va Michel, fous-toi à poil devant Saint-Pierre, ça le fera sûrement marrer.
Anderton

Iron Man : les premières images

En prod - Sur le web : Le Comic-Con, le méga festival de la BD américaine, s'est terminé dimanche à San Diego. De nombreuses images exclusives de films et séries inédites y ont été présentées.
Je vous ai parlé hier du casting d'Indiana Jones 4 qui a fait un coucou retransmis par satellite. Jon Favreau (Elfe, Zathura) est quant à lui venu s'adresser aux nombreux fans. En bonus, il a projeté quelques minutes de son film Iron Man, avec Robert Downey Jr dans le rôle principal. Un teaser plutôt sympa qui a suscité l'enthousiasme du public. Cela se regarde et s'entend en vidéo sur le très bon site Uruloki. Enjoy !
Anderton

dimanche 29 juillet 2007

L'équipe d'Indiana Jones 4 séduit les fans

Artistes : Chaque fin juillet, se tient à San Diego le plus grand raoût de geeks au monde : le Comic-Con. Non, ce n'est pas une réunion des comiques abrutis (Michel Leeb peut rester chez lui) mais le festival des fans de comics (ou comic books), c'est-à-dire de la BD américaine.
Et chaque année, Hollywood vient y présenter les premières images de ses nouveaux films et séries adaptés de comics... ou pas. Du moment qu'il s'agit d'action, d'aventures, de S-F, d'horreur, de fantastique... les fans adorent ! L'édition 2007 se termine aujourd'hui. Comme l'explique Spielbergfilms.com, Lucasfilms a fait un point sur ses projets en cours et notamment sur sa production phare : Indiana Jones 4.
For the fans only
Steven Spielberg et ses principaux acteurs ont fait un coucou à l'assemblée lors d'une retransmission live depuis leur studio. Le cinéaste y explique qu'après avoir développé des oeuvres très personnelles a décidé de faire ce film pour les fans. Il leur présente ensuite Harrison Ford, dans son "costume sale et plein de sueur", Ray Winstone qui "joue les beaux gosses dans Beowulf" (et qui croit être le beau gosse dans Indy 4, vanne Harrison) et Shia LaBeouf, encensé par Spielberg pour sa prestation dans Transformers. Le "kid" déclare ne pas savoir quel rôle il interprête dans le film !
Ne manquait que Cate Blanchett. Cette absence d'héroïne a été vite comblée par... Karen Allen, qui filait coups de poings et coups de glace à Indy dans Les Aventuriers de l'Arche Perdue. Pour regardez la vidéo, direction : indianajones.com, rubrique, ben, vidéo. Enjoy !
Anderton

Transformers : fondu au noir

Attention spoiler ! Ami lecteur, si tu n'as pas encore vu Transformers, ne lis pas cet article car je balance une information capitale sur l'un des personnages.
En salles : Je suis allé voir Transformers de Michael Bay (je vous en ai dit tout le bien que j'en pensais) avec mes fils. En sortant de la salle, l'aîné m'a dit : "Pour une fois, le héros noir ne meurt pas à la fin". Oui, je sais, il est précoce pour son âge (8 ans).
C'est vrai que régulièrement, dans les films américains (parce que dans les films français, vous pouvez toujours chercher un acteur noir qui ne soit pas figurant), le personnage afro-américain soit se sacrifie pour le reste de l'équipe, soit se fait descendre/tuer/exploser/etc à la dernière minute, laissant en larmes ses comparses - souvent un couple qui finit par se rouler des pelles sur soleil couchant. Pas la peine de chercher des exemples : si vous lisez ce blog, vous aimez le cinoche et notamment le cinoche d'action, donc vous avez forcément quelques titres de films qui vous viennent à l'esprit, genre Deep Blue Sea and co(nneries).
Yo-tobot !
Si dans Transformers, dont voici la bande-annonce, le G.I. black (Tyrese Gibson) échappe à la mort, ce n'est pas le cas de Jazz, l'un des Autobots. C'est le seul gentil robot extra-terrestre à périr lors des combats contre les méchants Décepticons. "Les robots n'ont pas de couleur !", me rétorquerez-vous. Sauf que lorsque chacun des Autobots se présente à Shia LaBeouf et Megan Fox, Jazz (dont le nom est déjà une indication sur sa "blackitude") exécute quelques figures de hip-hop sur un fond de rap.
Chaque Autobot a appris l'anglais grâce au web. Apparemment, Jazz s'est spécialisé sur des sites très "street". Et lors de la méga baston finale, il est la seule victime. CQFD.
Anderton

samedi 28 juillet 2007

Le marketing selon Homer Simpson

En salles - Buzz : Voici un post que j'aurai dû écrire il y a un mois mais bon, "vieux motard que jamais", comme disait Coluche. Pour la sortie de Les Simpson, Le Film, dont voici la bande-annonce, la Fox a pratiqué une campagne de pub dans l'esprit de la célèbre famille créée par Matt Groenig : irrespectueuse, décalée et marrante.
Une campagne commencée en amont de la cérémonie des Oscar avec les pronostics d'Homer Simpson. Puis il y a eu cette vraie-fausse vidéo amateur qui a circulé sur le net. Un touriste de passage à New York a filmé la Statue de la Liberté vandalisée avec un donut, le gâteau préféré d'Homer Simpson. Comment ? Quoi ? Le symbole de la liberté et de l'espoir aurait servi à promouvoir un dessin animé ? La polémique n'a pas eu le temps d'éclater : la vidéo était un fake.
Donuts et supermarchés
Poursuivant son entreprise de simpsonisation de sites chargés d'histoire, la Fox a fait dessiner un gigantesqueHomer en calbute (ce qui est mieux qu'à poil) offrant un non moins gigantesque donut au géant de Cerne Abbas, en Angleterre - un dessin vieux de 300 ans. Vive émotion chez les associations païennes britanniques, comme l'a expliqué Le Monde.
Autre bonne idée des as du marketing de la Fox : transformer des supermarchés américains en Kwik-E Mart tout droit sortis de Springfield ! Façades, rayons et produits... tout a été refait à la sauce Simpson. Grandiose !
Anderton

vendredi 27 juillet 2007

Beowulf : une bande-annonce bluffante

En prod - Sur le web : Ras-le-bol de ces acteurs qui ne font pas exactement ce que vous leur demandez ? Marre de l'équipe technique qui met trois heures à installer un malheureux travelling ? Assez de la météo capricieuse ?
Cinéastes, faites comme Robert Zemeckis : passez à la CGI. Non, ce n'est pas une boîte d'assurances tous risques ou un nouveau studio. C'est juste l'abréviation de "computer generated imagery", soit toutes les images réalisées par ordinateur. Et bien, Bob a décidé de tourner ses films entièrement en numérique.
Première tentative avec le gentil conte de Noël : Le Pôle Express. Le réalisateur avait fait appel à son pote Tom Hanks pour interpréter plusieurs personnages devant un écran vert. Autant de scènes qui avaient été retravaillées pour donner lieu à la naissance d'avatars de l'acteur.
Réalisme
Zemeckis a persisté en produisant Monster House, un gentil conte d'Halloween. Puis il est repassé derrière la caméra, euh pardon l'ordinateur, pour livrer sa version d'un poème épique anglo-saxon du VIIe siècle : Beowulf. Mais cette fois-ci, Bob a voulu faire un film au rendu 100% réaliste. Il s'est entouré d'un casting de choc (Angelina Jolie, Anthony Hopkins, Ray Winstone). Pas d'avatars stylisés donc mais des personnages hyper ressemblants. Le résultat est impressionnant comme le prouve la bande-annonce de Beowulf.
Même démarche chez Peter Jackson et Steven Spielberg qui se sont associés pour adapter les aventures de Tintin dans un style réaliste qui respecte l'univers d'Hergé ! A priori, c'est antinomique. Je suis curieux de voir ce que cela va donner.
Anderton

Michael, le mouton qui fait Bay !

En salles - Artistes : Transformers est sur 850 écrans en France, et il faut avoir avalé une boite de lexomil pour ne pas en avoir entendu parler. Ici même, Anderton vous en dit tout le bien qu’il en pensait entre 3 couches et 2 biberons (ou l’inverse). Pour ma part, je n’ai pas trouvé ça aussi Transformidable que lui, mais ce n’est pas une Transformerde non plus, loin de là.
Ce qui me surprend le plus avec Michael Bay, c’est son aptitude a reproduire les mêmes scènes dans chacun de ses films. Je m’explique.
Il y a dans Transformers, dont voici la bande-annonce, le même travelling circulaire autour de Bernie Mac dans son garage, qu’il y avait déjà dans les deux Bad Boys autour des deux bad actors. Un peu plus tard, dans le film, le même travelling circulaire mais en numérique (où le lecteur notera la différence) et où la caméra élargit le champ d’action en tournant autour d’un gunfight entre un robot et les soldats, en passant entre les meubles et autre pots en verre (un peu comme le générique de Télématin mais avec du budget). Scène que l’on retrouvait dans les gunfights de… Bad Boys 1 et 2 et où la caméra passait entre les trous de balles (et oui).
Michael sur ebay ?
Le plus ennuyant, c’est sans doute le plan final de Transformers où Shia LaBeouf et Megan Fox échangent des globules par voie orale au sunset, avec un arbre rempli de guirlandes lumineuses, les mêmes qui étaient dans le même arbre dans la même scène d’Armageddon où Ben Affleck faisait le coup des "animal crakers" à la belle Liv Tyler.
Et quand Shia court sur les toits de la ville avec son fumigène, on revoit Nicolas Cage et ses fumigènes à genoux sur The Rock pour éviter de se faire bombarder.
Bref, Michael refait souvent la même chose, mais force est de reconnaître qu’il le fait avec la seule volonté de distraire ses semblables, avec un humour potache et une autodérision qui rend bien plus digeste ses pop corn movie que pas mal de ses confrères qui ont une tendance à se prendre pour… Michael Bay.

Marcel Martial (aka Michel B.)

jeudi 26 juillet 2007

La mort de l'un, La Vie des Autres

Artistes : Avec ses faux airs de Kevin Spacey, Ulrich Mühe s'est fait connaître en France dans La Vie des Autres. Il y incarnait l'officier de la Stasi qui espionne un auteur de théâtre dans le Berlin-Est des années 80.
Un beau rôle pour un bon film, signé Florian Henckel von Donnersmarck et récompensé de l'Oscar du meilleur film étranger en 2007. Tout en émotions retenues, Mühe transformait au cours du film son personnage froid et distant en homme progressivement bouleversé par la culture, l'art, la vie. Le succès de La Vie des Autres doit beaucoup à son interprétation. Il a également joué en 2006 dans le film polémique Mein Führer de Dani Levy.
L'acteur, originaire de l'ex-RDA, n'aura pas eu le temps de s'imposer en dehors de son pays : il vient de mourir des suites d'un cancer de l'estomac. Considérez ce post... mortem, pour reprendre l'expression de Marcel Martial, comme un hommage sincère.
Anderton

mercredi 25 juillet 2007

Transformers : une mécanique bien huilée

En salles : De tous les blockbusters qui déferlent dans les cinémas cet été, Transformers, dont voici la bande-annonce, est à mon sens le plus emblématique. C'est tout pour le show ! Et, comme toujours, Michael Bay assume et assure.
Il enchaîne scènes spectaculaires sur morceaux d'anthologie. Les rares moments sans explosion ni crissements de pneus servent à préparer, le plus souvent avec humour, une nouvelle séquence à couper le souffle. Pas de philosophie à asséner, ni de message à délivrer : Michael est là pour en mettre plein la vue et les oreilles. Mission parfaitement remplie au bout de 2h25.
Je ne sais plus quel critique américain disait (comme beaucoup d'autres, j'imagine) que dans ce film, tout est prétexte à transformer des véhicules rutilants en robots géants. Traduction : y a pas d'histoire. C'est vrai. Et je suis le premier à regretter les films d'action sans queue ni tête. Mais là, cela ne gâche en rien le plaisir. Et puis, le spectateur qui paie sa place pour voir une Camarro devenir un extra-terrestre mécanique, franchement, il n'attend pas un scénario de Paul Haggis.
Derrières les machines, les hommes
Le spectacle est total. C'est grandiose, hénaurme même, mais toujours réussi. Bon, le défaut de Bay, c'est parfois d'en faire un peu trop et au bouquet final d'explosions, de cascades et d'immeubles en ruines, on frôle l'indigestion, le trop-plein, le déjà vu. Mais on frôle seulement. Mike a le bon goût de s'arrêter à temps.
Et puis, à côté de cette débauche d'effets spéciaux, on côtoie une belle brochette d'acteurs. Shia LaBeouf crève l'écran. Ce mec est parti fort (Transformers, Indiana Jones...) mais son succès est amplement mérité. Dans le rôle de l'anti-bimbo, Megan Fox remporte la timbale : faut la voir soulever le capot d'une bagnole pour y diagnostiquer la panne. J'en connais dans les garages qui vont jeter leurs vieux calendriers crasseux d'Union pour les remplacer par des affiches de la belle brune. Franchement, je n'y connais rien en caisses mais avec une meuf pareille pour mécano, je suis prêt à m'abonner à Tuning Hebdo !
Mention spéciale à une tripotée de seconds rôles, tels John Turturro, l'immense John Turturro, qui prend son pied à se ridiculiser en "salopard-du-gouvernement-au-bon-fond" ou Bernie Mac, hilarant en revendeur de bagnoles.
Fun, c'est du Bay !
Car ce qui est aussi sympa dans ce film, c'est que l'on se marre. Souvent. Michael Bay ne se prend pas au sérieux. Il se moque même de lui, lorsqu'un ado déclare après une chute de "météorite" que c'est encore plus fort qu'Armaggedon.
Je n'ai pas toujours apprécié les films de Michael Bay (vas-y Marcel, dis-nous pourquoi ce type est un génie) mais là, il m'a transformé en fan.
Anderton