Dossier

jeudi 20 juin 2013

Flight : un crash qui donne Denzel

En DVD et Blu-ray : Un pilote qui parvient à limiter les conséquences d'un crash aérien peut-il être à la fois un héros et un salaud ? Quand c'est Robert Zemeckis qui pose la question, et Denzel Washington qui y répond, on ne peut que jubiler. Flight est sorti en vidéo et c'est l'occasion de faire un point sur un plan de vol non sans turbulences.


Un décollage spectaculaire
Le film commence par la spectaculaire séquence du crash. Tellement spectaculaire que la jaquette du DVD tend à faire passer Flight pour un film-catastrophe. C'est évidemment exagéré puisque l'essentiel de l'histoire ne réside pas dans l'accident mais s'intéresse à ses conséquences sur le personnage principal, le capitaine Whip Whitaker. Reste que la séquence de l'accident prend aux tripes. Pour son retour au cinéma live, Zemeckis filme à nouveau un avion qui s'écrase (comme dans Seul au Monde) : mise en scène fluide, montage nerveux. On s'accroche à son fauteuil. Et je regrette un peu de devoir prendre à mon tour un vol Orlando-Atlanta cet été...

Quelques trous d'air
L'histoire d'un héros qui n'est pas si irréprochable que cela, c'est plutôt intéressant. Malheureusement, Zemeckis n'est pas toujours très fin dans sa manière de dépeindre la dépendance à l'alcool du personnage principal et son regard s'avère rapidement réprobateur, et même moralisateur. La chute et la rédemption, un chemin éminemment scorsésien mais n'est pas Scorsese qui veut. Jusque dans la mise en scène et la B.O. (les Stones !), Bob semble vouloir marcher sur les traces de Marty. Mais il ne peut s'empêcher d'en faire parfois trop, jusqu'au final trop bien pensant. Dommage...

Un équipage de haut vol
A la tour de contrôle, Zemeckis assure que le film atterrisse sans trop d'encombres. Oui, le trajet a été imparfait mais globalement, j'ai été séduit par la technique du cinéaste. Et puis quel équipage ! Kelly Reilly est touchante en junkie fragile mais décidée à s'en sortir ; Don Cheadle fait le job en avocat propre sur lui mais décidé à en découdre ; et John Goodman casse la baraque en dealer bien barré et décidé à s'éclater. Mais avant tout (et tous), il y a le commandant de bord : Denzel Washington, une nouvelle fois, signe une performance mémorable. Il porte le film sur ses épaulettes, le fait décoller malgré ses gros sabots et rend son personnage profondément attachant et émouvant. Lors d'une scène, Denzel laisse couler une larme qui rappelle celle de Glory lors de la séquence du fouet : même sobriété, même intensité... mêmes frissons chez le spectateur.

Vous l'aurez compris, si Flight pêche parfois par son discours moralisateur et quelques effets grossiers, le film est prenant, riche en émotions, bien réalisé et magnifiquement interprété. Prenez donc votre billet !

Anderton
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