Dossier

dimanche 6 mars 2016

Adama : une éblouissante odyssée africaine

En DVD et Blu-ray : La guerre de 1914-1918 vue par un enfant africain... Adama Le Monde des Souffles est un film d'animation aussi original par son point de vue que par son esthétique. Ce finaliste malheureux aux César 2016 mérite d'être (re)découvert à l'occasion de sa sortie en vidéo.


L'histoire nous transporte en Afrique de l'Ouest, dans un village reclus, entouré par de gigantesques falaises. Pays de cocagne, comme hors du temps, qui évoque le Bandiagara d'Amadou Hampâté Ba dans Amkoullel l'enfant peul - dont je ne saurais que trop recommander la lecture. S'y déroule une vie paisible, trop paisible même pour Samba, un adolescent qui décide de partir à la découverte du "monde des Souffles", au-delà des falaises. Face à la détresse de ses parents, se sentant coupable de ne pas avoir révélé les plans de son aîné, Adama décide alors de ramener Samba au village. Il traverse le désert, arrive au grand port du pays et embarque dans un bateau à destination de la France, aux côtés de tirailleurs envoyés sur le front.


Sur cette belle histoire de Julien Lilti, Simon Rouby signe un film visuellement magnifique : les personnages semblent être des créatures de glaise qui se meuvent au sein de peintures animées. Une technique moderne (CGI) pour un rendu traditionnel. Etonnante combinaison, pour autant très réussie. D'autant qu'Adama évolue entre séquences oniriques et scènes très réalistes. On se retrouve plongé dans une époque, dans des mondes, d'un continent à l'autre. Belle composition musicale de Pablo Pico, qui mêle également avec bonheur les instruments africains et européens. Enfin, le choix des voix s'avère également judicieux, avec les participations d'Oxmo Puccino, Pascal N'Zonzi, Jack Mba et Azize Diabaté Abdoulaye.

Dans cette belle édition de FranceTV Distribution, un passionnant bonus revient sur la production du long-métrage, qui s'est déroulée à La Réunion, ainsi que sur les effets visuels développés pour le film (quand le street art rencontre le 7e art). 

Anderton



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