CANNES 2024

jeudi 23 mai 2019

Le Festival de Cannes selon Jérôme Hilal (Gaumont)

Buzz : Il se présente comme "éleveur de marguerites" sur Twitter. Jérôme Hilal est directeur de la distribution chez Gaumont et il a fort à faire au Festival de Cannes 2019 puisque sont projetés deux de "ses" films : La Vie scolaire et, pour la première Dernière séance, Hors Normes. Nous lui avons donc soumis notre Questionnaire cannois (lire toutes les interviews). Et il y est question de films dangereux, du chameau de Sacha Baron Cohen et d'une fête Wild Bunch, of course. 



Qu'êtes-vous venu faire à Cannes ? 
Pas mal de choses pendant le Festival, mais la principale est que je délocalise mon bureau à Cannes. La distribution est un métier qui n’a pas d’horaires et qui ne fait pas vraiment de pause... donc on continue à travailler sur les films à venir, mais depuis la Croisette. Et puis je vais évidemment voir des films, pour essayer d’identifier ceux qui risquent de faire des succès afin d’en éloigner la sortie de nos films, s’ils me semblent représentent un danger.
Nous avons aussi chaque année des événements de relations publiques, ainsi qu’une projection de l’un de nos films pour les exploitants de salles de cinéma. Cette année nous projetons La Vie scolaire, la nouvelle pépite du duo de réalisateurs de Patients : Grand Corps Malade et Mehdi Idir. Et enfin nous allons inaugurer "la dernière séance" hors compétition avec Hors Normes, le nouveau film de Eric Toledano et Olivier NakacheOn va donc rester jusqu'au bout !


Combien de fois avez-vous participé au Festival ?
C’est mon 15e cette année. 

Qu’attendez-vous de cette édition 2019 ?
J’attends la fin. Le dernier instant du Festival, quand les lumières vont se rallumer sur le Grand Théâtre Lumière à l'issue de la projection de Hors Normes, et qu'on va pouvoir voir l’effet que cet incroyable film aura fait sur les visages du public présent. Pour moi, c’est le film le plus fort des réalisateurs d’Intouchables, et donc j’ai hâte que le public le découvre. Ce samedi 25 mai représente le début d’une grande aventure pour nous avec la toute première projection de ce film, quel bonheur qu’il naisse dans cette belle salle ! 



Quel est votre plus grand plaisir pendant le Festival ? 
Mon plus grand plaisir est un plaisir de cinéma. C’est assez rare pour nous de découvrir un film en n’en sachant rien du tout ; or pour la grande majorité des films de la compétition, je n’ai vu aucune bande annonce et souvent à peine une photo ou une affiche. Mon plus grand plaisir est de me faire "choper" par un film dont je ne sais rien, et dont je me rappellerai longtemps.

Qu’est-ce qui vous énerve le plus ?
Pas grand chose, on a quand même beaucoup de chance d’être là, il faut en être conscient.

Quel est votre plus beau souvenir ? 
J’ai bien sûr beaucoup de souvenirs magnifiques en 15 ans de Festival, à commencer par le Prix du Jury de Capharnaüm l’an dernier, mais je vais vous en raconter un assez incongru : c’était en 2012, lors de la préparation d’un événement pour The Dictator avec Sacha Baron Cohen. Parmi quelques missions assez amusantes sur ce film, j’étais chargé d’emmener un chameau à l’Hôtel du Cap - où séjournait SBC, pour qu’il le rencontre avant l’événement qu’on faisait avec lui et ledit chameau. Le seul moment possible dans son planning chargé était à 6h30 du matin.
Je vous passe pas mal de détails amusants, mais j’ai donc dû me pointer à l’Hôtel du Cap, à 6h30, négocier avec l’accueil de l’hôtel - qui n’avait pas particulièrement envie que je "gare" le chameau devant la réception, puis j’ai attendu Sacha Baron Cohen qui est sorti en peignoir, au pas de course, en criant "Where’s the camel?" avec un air exalté. On a fait les présentations devant l’hôtel, il a vu comment il pouvait diriger le chameau en 2 minutes, et il retourné dans sa chambre au pas de course avec son peignoir, aussi vite qu’il était apparu... c’était assez unique comme moment !


Qu’y a-t-il dans votre valise ?
L’intégralité de ma maison.

Quel est votre truc pour tenir le coup pendant la quinzaine ?
Je tente de me coucher le plus tôt possible, mais tout est décalé à Cannes, on sort rarement de table avant minuit... donc vers 2 heures si je peux. Mais parfois on ne peut pas ! En tout cas, j’essaie vraiment de ne pas sortir tous les soirs.

Pour quel(le) artiste redeviendriez-vous un fan de base si vous le/la croisiez sur la Croisette ?
J’avoue que je ne suis pas vraiment fan de base... je n’ai jamais demandé un selfie ou un autographe de ma vie ! Mais peut-être que si ma route croise celle de Martin Scorsese, ça risque de me faire un petit truc ;-)

Votre fête cannoise la plus délirante, c’était où et quand ?
J’ai un souvenir assez génial d’une fête Wild Bunch - ça ne surprendra personne - pour le film Maradona d’Emir Kusturica, donc en 2008. C’était dans une villa avec des jardins gigantesques dans lesquels il y avait plein d’activités foot assez chouettes, dont un baby-foot humain géant et plein d’autres trucs cools. Ça n’était certainement pas la fête la plus décadente, mais c’était sans doute la plus cool.


Quelle est votre Palme d’or préférée ? 
Pulp Fiction, sans aucune hésitation.


Quel est votre programme après le Festival ?
Je vais sans doute prendre quelques jours de vacances et dormir !

Sur Twitter, suivez @Jeromehilal et @Gaumont.

Anderton

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