Dossier

mercredi 15 mai 2019

Le Festival de Cannes selon Mehdi Omaïs (journaliste)



Buzz : Pour la 7e année consécutive, Cineblogywood soumet son Questionnaire cannois (lire toutes les interviews) à  des professionnels du 7e art qui participent au Festival de Cannes. Mehdi Omaïs est notre premier invité. Ce journaliste, qui sait parler des films avec passion et sensibilité, couvre le Festival de Cannes 2019 pour Le Journal des Femmes. Ses réponses évoquent une transe et des débats enfiévrés mais aussi des brownies et une tronçonneuse. 



Qu'allez-vous faire à Cannes
Comme chaque année, je vais tenter de regarder des films de manière stakhanoviste. Il est difficile d'y être à la diète, de faire la fine bouche. L'intérêt, c'est de voir des œuvres jusqu'à l'étourdissement, jusqu'à l'extase, pour arriver à une transe, quelque part dans un formidable ailleurs. Le buffet est super copieux en plus. Mes couverts sont prêts et ma serviette nouée.

Combien de fois avez-vous participé au Festival ? 
8 fois, avec le même plaisir et les yeux toujours brillants. Bientôt neuf. A chaque édition, je réalise pleinement la chance que j’ai. C’est important d’en être conscient car ça rend les chutes moins douloureuses. En effet, la triste réalité économique de ce milieu fait que personne n’est jamais vraiment garanti de rempiler.

Qu’attendez-vous de cette édition 2019 ? 
Des chocs salutaires, des révélations, des promesses, des larmes... J’aime Cannes pour ce moment où tout le monde est en communion avec un film. C’est beau un chef-d’œuvre qui éclot là. On a l’impression d’assister à une naissance. J’attends bien sûr impatiemment la suite de Mektoub, My Love, qui a été mon film préféré de 2018. Il y a aussi le Dolan, le Suleiman, etc. Etant de nationalité sénégalaise –je suis né à Dakar–, j’ai aussi hâte de voir le film de Mati Diop ! 

Quel est votre plus grand plaisir pendant le Festival ? 
Voir des films. Existe-t-il une autre réponse possible ? J’aime aussi les débats enfiévrés aux sorties de projos. 

Qu’est-ce qui vous énerve le plus ?
Les accompagnateurs qui ont de trop grands droits (heureusement qu’il y en aura plus cette année), les gens qui oublient de se doucher, ceux qui bousculent et écrasent nos chevilles pour une place (sans s’excuser), les postures critiques et le fait que, parfois, certains oublient qu’on ne sauve pas des vies. C’est juste un (grand) festival. 

Quel est votre plus beau souvenir ? 
Mes larmes devant les 40 ans de Massacre à la tronçonneuse à la Quinzaine, devant un Tobe Hooper aussi en larmes. C’est si beau de chialer à Cannes. Les larmes roulent différemment sur nos joues. Ma première fois aussi, quand j’ai découvert Melancholia, qui a changé ma vie.


Qu’y a-t-il dans votre valise ?
Beaucoup de vêtements. C’est toujours comme ça, où que j’aille. Même pour deux jours. Ça doit être pour ça que j’ai un double écrasement discal. 

Quel est votre truc pour tenir le coup pendant la quinzaine ?
Les pâtisseries boostées au sucre de chez Vilfeu. Il y a un brownie skull qui peut vous donner la force de courir le marathon de Paris en une heure. J’aime aussi leurs bagels si confortables. Ils ont plein de sauces à dispo.

Pour quel(le) artiste redeviendriez-vous un fan de base si vous le/la croisiez sur la Croisette ?
Meryl Streep parce que je veux lui dire de revenir en arrière et d’ouvrir cette putain de portière dans Sur la route de Madison. Je l’aime.

Votre fête cannoise la plus délirante, c’était où et quand ?
Ça doit être celle dont je ne me souviens plus. 

Quelle est votre Palme d’or préférée ? 
Celles que Melancholia ou Carol n’ont pas eues. Sinon La vie d’Adèle, évidemment. 


Quel est votre programme après le Festival ?
En général, mon corps me demande de dormir et de prendre de l'Acerola... Et mon cerveau réclame du calme. Cannes est un rouleau-compresseur hystérisant qui décuple toutes les émotions. Une cocotte-minute où tout se vit plus fort, jusqu'à une délicieuse déraison.

Sur Twitter suivez @MehdiOmais et @journalDfemmes
Anderton

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