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samedi 22 septembre 2018

Ether - God country : voyages dans des mondes parallèles

A lire : Urban Comics enchaîne décidément les bonnes sorties en ce mois de septembre. Cette fois-ci, dans des approches radicalement différentes, deux excellents albums de BD nous transportent au coeur de mondes parallèles : Ether et God Country. Des récits où la fantasy et le fantastique font la part belle à l'émotion.



Ether T.1 : l'assassinat de la flamme d'or

Gros coup de coeur pour ce premier volume, qui réunit les cinq premiers épisodes publiés aux States par l'éditeur de comics Dark Horse. D'emblée, nous voici plongés au coeur du royaume magique de l'Ether, où la flamme d'or vient d'être assassinée. En charge de l'enquête, Boone Dias, un scientifique terrien qui a découvert comment se transporter dans cet univers alternatif. A ses côtés, un singe géant, gardien du carrefour entre le Terre et l'Ether et qui fait entrer Boone dans le royaume magique d'un magistral... coup de pied au cul ! Le scénariste Matt Kindt a créé un univers baroque et barré, habité de créatures bizarres, tantôt poilantes, tantôt inquiétantes. Son compère David Rubin a su leur donner forme avec beaucoup d'inventivité. Son dessin, très détaillé, fait la part belle au mouvement, flirtant parfois avec le style cartoon. Le dessinateur s'est également chargé de mettre en couleurs l'album. Tons vifs et tranchés pour les séquences dans l'Ether, ambiance plus "éteinte" pour celles sur Terre.


Planches tirées de la version originale
Alors que l'enquête nous réserve son lot de rebondissements, Matt Kindt nous révèle progressivement le passé de Boone Dias, évoquant avec justesse, sans pathos, ce qu'il en coûte d'être un "explorateur" quand on est également père de famille. Car Dias, sorte d'Indiana Jones vieillissant, s'est enfermé dans sa bulle, égoïstement. Sa quête a viré à l'addiction. La grande aventure se double, mine de rien, d'une émouvante réflexion sur la paternité. Rubin est aussi à l'aise pour faire passer l'émotion que pour nous embarquer dans des courses-poursuites délirantes. Excellent départ donc pour cette série dont on attend le tome 2 avec impatience. En supplément de l'album, un carnet de croquis commenté par Kindt, qui nous permet de découvrir comment le duo a travaillé de concert, ainsi qu'une galerie de couvertures originales.

God Country 

On retrouve dans ce deuxième comic book le principe de deux mondes qui entrent en contact. Mais cette fois-ci, l'ambiance est radicalement différente. Très sombre, à l'image du dessin de Geoff Shaw, où le noir domine et que Jason Wordie complète de taches de couleurs plutôt que de fonds unis. Dans le fin fond du Texas, Emmett Quinlan, un vieil homme atteint de la maladie d'Alzheimer, devient incontrôlable, au désespoir de son fils. dont l'épouse et la fille sont épouvantées par la situation. Emmett est une force de la nature capable d'excès de violence. Alors que la famille se déchire, une tornade s'abat sur la maison, la réduisant à néant. Le père Quinlan surgit des décombres armé d'une gigantesque épée magique. L'épée de toutes les épées, qui commande à toutes les lames de l'Univers et choisit le guerrier méritant de la soulever. A son contact, Emmet retrouve toute ses facultés. Mais l'ancien propriétaire de l'épée débarque sur Terre, avec la ferme intention de récupérer son bien.


Planches tirées de la version originale
Donny Cates signe un récit plein de fureur, dans le droit fil des grands récits mythologiques. Mais comme Matt Kindt dans Ether, il n'en oublie pas ses personnages, racontant également comment une maladie bouleverse l'harmonie d'une famille. Histoire poignante de l'amour qui unit un père malade et son fils impuissant face à cette épreuve. Un carnet de croquis complète également l'album.

A noter que ces deux excellents comics contiennent des références au grand Jack Kirby. L'artiste aurait été fier du talent de ses fils spirituels.

Anderton

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