Dossier

lundi 22 juillet 2013

Hommage à Denys de la Patellière


Artistes : Denys de la Patellière nous a quittés. Agé de 92 ans, le cinéaste avait depuis longtemps quitté les plateaux de télévision (1993) et de cinéma (1973). Sans aucune posture, de la Patellière a souvent dit avoir voulu divertir le public, rien de plus. Il se considérait davantage comme un "faiseur" que comme un auteur. Et pourtant, il laisse à la postérité quelques grands films. Trois m'ont marqué.

Un Taxi pour Tobrouk (1960)
En 1942, un commando des forces françaises libres erre dans le désert libyen avant de capturer un officier allemand. Lino Ventura, Charles Aznavour, Maurice Biraud font partie de la troupe franchouillarde et râleuse tandis que Hardy Krüger incarne l'officier allemand cultivé. Les dialogues, signés Michel Audiard, font mouche et certaines répliques sont restées dans les annales ("Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche"). Avec cette comédie d'aventure qui bascule dans le drame, Denys de la Patellière crée un climat quasi surréaliste et livre un bouleversant plaidoyer pacifiste et humaniste.


Le Tatoué (1968)
Gabin et de Funès. Sur le papier, l'association des deux plus grandes stars françaises promettait de faire des étincelles. Elles se sont surtout produites sur le tournage, les deux acteurs ne s'appréciant guère. Cela se sent un peu. Restent deux grands numéros d'acteurs - l'un dans le rôle d'un ancien combattant avec un tatouage de Modigliani dans le dos, l'autre dans celui d'un marchand d'art prêt à tout pour récupérer ladite oeuvre d'art - et quelques scènes hilarantes. J'ai usé la cassette VHS du film à force de le regarder.


Les grandes familles (1958)
Portrait au vitriol d'un clan d'industriels français. Un patriarche autocrate (Jean Gabin), un fils naïf et dépassé par les événements (Jean Desailly), un cousin manipulateur (Pierre Brasseur), un homme de main véreux (Bernard Blier). A nouveau, Audiard au dialogue. Cela grince, cela claque et cela fait mal. Un autre grand film sans concession.


A l'occasion de la diffusion de la série Borgia, nous avions eu l'occasion d'interviewer Fabrice de la Patellière, responsable de la Création originale à Canal+ et fils du défunt réalisateur. Nous lui adressons nos plus sincères condoléances.


photo : Ouest-France

Anderton



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