A LA UNE

mardi 2 juillet 2013

Tatanka : poings levés contre la camorra


En DVD et Blu-ray : Avec son livre Gomorra (découvrez notre dossier), Roberto Saviano a donné un immense coup de projecteur à l'organisation et aux activités de la camorra, la mafia napolitaine. Son enquête scrupuleuse, écrite comme un roman, a ensuite été bien adaptée au cinéma par Matteo Garrone. Depuis, Saviano vit sous protection policière : sa tête a été mise à prix par le clan des Casalesi. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à écrire sur la camorra. 

Tatanka, qui sort en vidéo chez The Corporation, est cette fois-ci tirée d'un "destin" narré dans le recueil La Beauté et l'Enfer. Le destin d'un boxeur napolitain qui a refusé de se battre pour les boss locaux.

Au plus près du réel

Autant Matteo Garrone avait soigné l'esthétique de son Gomorra, autant Giuseppe Gagliardi a, lui, choisi un traitement au plus proche du réel, quasi documentaire. Filmé caméra à l'épaule, Tatanka réunit à l'écran acteurs confirmés et novices. Deux amateurs incarnent notamment, à deux âges de sa vie, le héros de l'histoire : Michele, surnommé "Tatanka", le bison (remember Danse avec les Loups). C'est le boxeur pro Clemente Russo qui interprète Michele adulte. Et, sans avoir la technique, sa sincérité crève l'écran.

Sincérité. Le maître-mot de cette oeuvre coup de poing. Sans effet de mise en scène, grâce à un montage cut et des comédiens au jeu "naturaliste", Gagliardi brosse un sombre tableau d'une région laissée pour compte, abandonnée aux mains d'affairistes sans morale ni scrupules. Michele refuse de "se coucher" quand son ami Rosario embrasse une carrière de mafieux. Deux vies qui basculent et des questions qui se bousculent : quand on vit à Naples, a-t-on encore le choix de décider de sa vie ?

En bonus : une vidéo sur les coulisses du tournage et surtout, un portrait de Roberto Saviano. La caméra d'Elisa Mantin le suit au gré de ses discours et débats publics, entouré d'une demi-douzaine de gardes du corps, privé d'une vie normale. Et pourtant, Saviano refuse la posture du héros, préférant se définir comme un homme libre. Passionnant.

Anderton


Enregistrer un commentaire