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mardi 15 septembre 2015

La Vie en grand : du biz, du blues, du bonheur et du Bellay

 
En salles : Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage en découvrant au cinéma le premier film de Mathieu Vadepied, La Vie en grand.

Pas de jugements, pas de clichés, mais une manière de filmer au plus près deux enfants qui, dans la jungle de leur quartier de Stains, découvrent ensemble l’amitié, l’argent, le mensonge, la complicité, la peur, la générosité et... Joachim du Bellay.


Dans son survêtement de l’équipe de France de foot, Adama observe le monde du haut de la fenêtre de son immeuble. Il rêve à une vie plus douce, pour lui et les siens, à commencer par sa mère. Une vie où il pourrait contempler d’autres horizons, non ternis par la misère silencieuse, les inquiétantes descentes de police ou les allées et venues de dealers sans foi ni loi.


Quand Mamadou, son alter ego, lui présente un paquet de drogue tombée du camion, Adama décide de franchir le pas… et de se jeter dans le grand bain. Les deux enfants se lancent alors dans un business qui les dépasse mais leur permet de se découvrir et de rendre leur monde meilleur.
 
Courbes de destinées positives

Ce grand tourbillon de l’argent facile - et c’est ce qui rend ce film particulièrement réussi - ne leur fait pas tourner la tête. Au contraire, il les rend meilleurs. Dans la complicité et dans l'adversité ils cultivent ce qui donne du sens à la vie : l’amitié, l’amour et l’altruisme. 

En nous racontant cette histoire réaliste et magnifiquement interprétée par de jeunes acteurs qui n’en sont pas, Mathieu Vadepied dessine les courbes de destinées positives. Même dans ce décor, les enfants ont des rêves, les parents sont aimants malgré les difficultés matérielles et la Police, Pôle Emploi comme l’Ecole jouent leurs rôles respectifs. Ainsi les professeurs se battent-ils pour transmettre et donner à leurs élèves les moyens de s’élever afin - à défaut de connaître la grande vie - de vivre heureux... et d’éviter un jour, comme feu ce bon vieux Joachim, d’avoir des Regrets.
 
Pierre Delhomeau
 
 

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