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jeudi 24 septembre 2015

Le Tout Nouveau Testament : mon Dieu, mon Dieu !

 
En salles : Elle m’avait prévenu et elle ne s’était pas trompée. Revêche au brossage, elle me disait : "Tu ne sauras pas quoi penser de ce film". Elle, c’est ma moustache. De fait, il est difficile d’avoir un avis tranché sur Le Tout Nouveau Testament de Jaco van Dormael, sorti en salle début septembre.
J’essaie quand même...
 
Dieu existe et il est incarné par Benoît Poelvoorde. C’est un parfait salaud qui habite Bruxelles et vit reclus terrorisant sa femme et sa fille Ea ("Celle-là" en latin, sympa le prénom). Son fils JC s’est fait la malle depuis longtemps avec le succès que l’on connait. Bref. Ea vit donc entre sa mère complètement dominée, son père dominateur (forcément !) et leur appart d’une absolue "beaufitude" ©. Dieu passe sa journée entre la pièce de vie tout droit sortie des Deschiens (ça tombe bien, Yolande Moreau campe la déesse soumise), sa télé qui ne diffuse que du sport (ordre de Dieu), la table dressée pour quatre bien que JC ait quitté le "doux" nid familial, et son bureau, grande pièce lugubre dont les murs sont recouverts de casiers et au centre de laquelle trône un ordinateur qui fonctionne sous DOS (je vous avais dit que c’était un beauf). Il a ainsi tout loisir de provoquer le malheur et les catastrophes du monde, car il n’aime rien tant que ça. Faire chier, faire chier et faire chier.
 
Ea étouffe et décide de suivre le destin de son frère avec qui elle s’entretient régulièrement. Celui-ci la convint de partir non sans avoir piqué à son père six fiches pour ses futurs six apôtres (je passe sur le pourquoi du six), et de les faire parler eux. Ça sera le tout nouveau testament (yeah). Ea déteste son père. Elle s’exécute, et dans un geste prométhéen contre lui, envoie par texto à tous les hommes (et femmes) leur date de mort. Elle verrouille le sacrosaint ordinateur et se casse.
 
Réflexion et fuite
 
S’ensuit une série de tableaux, où Ea et Victor (un SDF qui écrit pour elle. Bah oui, il faut bien un évangéliste) rencontrent tour à tour les six apôtres, qui ayant appris la date de leur mort vivent chacun une vrai crise existentielle (on ne peut pas leur en vouloir). Aurélie, la pure bombe mais désespérément seule parce que n’assumant pas sa prothèse de bras. Jean-Claude, enfermé dans son métro boulot dodo. Marc, accro aux sex shop mais toujours puceau. Martine, la bourge déjà morte d’ennui. François, "cohabitant" avec sa femme et son fils qu’il n’aime pas. Et enfin, Willy jeune garçon diabétique que les traitements ont condamné à très brève échéance. Ea loin de pouvoir éviter l’issue fatale, connecte ses apôtres avec la vie, avec l’amour, avec le bonheur, tandis que Dieu descend sur terre pour récupérer non pas sa fille, mais le code de déverrouillage. Bon l’histoire continue et je ne vous dis pas la fin.
 
Voilà. Que dire de plus ? Et bien que Jaco van Dormael fait à peu près tout ce qu’il faut pour faire fuir les spectateurs dans les trente premières minutes du film. Ça n’a d’ailleurs pas manqué. Quinze personnes se sont barrées. J’y ai moi-même pensé. Discours brouillon, scènes triviales et vulgaires, particulièrement le flash-back sur l’accident de Murielle qui a conduit à la perte de son bras (moins cinq personnes d’un coup). Que le film propose néanmoins une réflexion intéressante sur la ville, la solitude, et quotidien si tant est que l’on dépasse l’agacement parfois ressenti.
 
Je vous ai tout dit. A vous de vous en faire une idée.
 
Moustachement vôtre,

Jean-Jacques Castella
 
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