Dossier

lundi 26 juin 2017

Tuez Charley Varrick ! : un polar pour en prendre plein Siegel !

En DVD et Blu-ray : Wild Side a le don de redonner du lustre à des joyaux oubliés, des séries B qui vieillissent mieux que bien des "grands films". Démonstration avec Tuez Charley Varrick !, un polar réalisé par Don Siegel avec un étonnant Walter Matthau.


Don Siegel, c'est bien sûr L'Inspecteur Harry (1971), Un shérif à New York (1968), Sierra torride (1970), Les Proies (1971), L'Evadé d'Alcatraz (1979) - cinq films avec Clint Eastwood. On lui doit également L'Invasion des profanateurs de sépultures (1956) et quelques polars teigneux tels A Bout portant (The Killers, 1964) et Police sur la ville (Madigan, 1968). Un cinéma efficace (ce n'est pas péjoratif), sans fioriture, tendu, uniquement guidé par le récit. Et qui se traduit par une mise en scène qui refuse le barouf mais avec un sens du rythme et du cadre qui embarque le spectateur et ne le lâche plus avant le mot "fin".

C'est le cas avec Tuez Charley Varrick ! (1973). Après un générique qui montre des scènes de vie quotidienne dans une petite ville américaine (splendide photo de Michael C. Butler), l'ambiance devient menaçante avec l'arrivée d'une grosse voiture devant une banque. Le casse aura bien lieu et il tourne mal. Contrairement à Siegel, qui le filme brillamment, avec notamment un vif travelling arrière quand deux clients filmés de dos se retournent, affublés de masques, armes au poing. Tout part en vrille : la police débarque, coups de feux, morts de part et d'autre. Au final, les rescapés de la bande, Charley Varrick et son acolyte, se retrouvent poursuivis par les flics... et la mafia. Car ils ont dérobé sans le savoir l'argent sale de l'Organisation.


Matthau déconcertant

Rien que le scénar et la présence de Siegel derrière la caméra suffiraient à se précipiter sur le film. Mais il y a aussi Walter Matthau dans le rôle du cerveau des gangsters. S'il ne fait pas encore papy, l'acteur a clairement la mine d'un gentil tonton un peu bourru. On repense forcément à ses comédies avec Jack Lemmon. Et pourtant, dès sa première apparition, grimé, il impose un personnage qui n'a pas l'air foncièrement méchant mais dont on découvre progressivement que c'est un pragmatique, qui emploie la ruse pour parvenir à ses fins. Son attitude déconcerte, inquiète même. Formidable composition. 

A ses côtés, Andrew Robinson, qui interprétait le psychopathe dans Dirty Harry. Moins dégénéré, son personnage est aussi moins futé et ça lui vaudra des ennuis. Joe Don Baker et John Vernon, deux "gueules" du ciné US, sont au générique, de même que William Schallert, l'un des acteurs fétiches de Joe Dante. Et puis, dans ce monde brutal de mecs à la gâchette facile, il y a quelques beaux personnages féminins qui ne s'en laissent pas compter, dont l'un est interprété avec beaucoup d'aplomb par Sheree North, dont le visage dit quelque chose. Et pour cause, elle a cumulé les apparitions dans les séries TV : Kung Fu, Kojak, Hawai Police d'Etat, Magnum, Arabesque, Les Golden Girls et même Seinfeld !

Et pour finir de vous convaincre, la musique est composée par l'immense Lalo Schifrin.

Wild Side sort le coffret collector Blu-ray + DVD + livre signé Doug Headline. Magnifique version restaurée HD, avec un passionnant bonus dans lequel les membres de l'équipe (ou leurs descendants !) parlent très bien du film et de son impact, intact quatorze ans après sa sortie. Achetez Charley Varrick !

Anderton

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