Dossier

mardi 27 juin 2017

La Planète des Singes Suprématie : un final grandiose

 

En salles : La Planète des Singes Suprématie, qui sortira le 2 août sur nos écrans, est une réussite totale. Un film comme Hollywood ne semble plus savoir produire. Divertissant, émouvant, fluide, visuellement époustouflant, techniquement parfait, humainement terrifiant.


Etonnante trilogie, commencée en 2011 par Rupert Wyatt avec Rise of the Planet of the Apes qui fut une indéniable bonne surprise, surtout pour cette franchise que l’on croyait morte après la désastreuse parenthèse ouverte et aussitôt refermée par Tim Burton. Après quelques brouilles avec la Fox, c’est finalement Matt Reeves qui reprend le flambeau. Le réalisateur est récemment venu à Paris pour présenter son film en compagnie d'Andy Serkis. Cineblogywood y était. 

"Quand la Fox est venue me chercher, explique Matt Reeves, j’étais partagé entre l’excitation de rejoindre cet univers dont je suis fan depuis que je suis gamin et la peur de rentrer dans une grosse machine qui m’écraserait complètement. J’ai rencontré la Fox et je leur ai présenté mon idée. Ils m’ont donné leur accord sans aucune réserve. Je me demandais où était le piège. Puis j’ai écrit le scénario et là encore, il a été approuvé. La seule contrainte, c’était le temps. Fox trouvait qu’ils avaient perdu beaucoup trop de temps pour faire cette suite. Ils ne m’ont laissé qu’un an. Techniquement, je n’avais même pas d’expérience avec la motion capture... C’était un challenge mais on y est arrivé."

Oui, il y est arrivé. Le deuxième volet est encore une réussite. Reeves se met plus que jamais du côté des singes. Les hommes ne sont déjà plus que des restes de nuisances. Et le film gagne en ampleur et sera un second succès pour la Fox.
 

 
L'anti Rogue One

On arrive à ce troisième volet. Une conclusion parfaitement maîtrisée, du logo d’introduction jusqu’à sa dernière scène. Un scénario qui nous rappelle ce que l’on aime à Hollywood et qui surtout nous fait réaliser les problèmes de tant de blockbusters récents. Avec ses références assumées à de nombreux classiques comme Apocalypse Now, La Grande Evasion, Les 10 commandements, et tant d’autres, le déroulement de ce Suprématie est absolument fluide, organique, oserait-on dire : personnel. Le film prend le temps de développer ses personnages, les relations entre eux. Il prend le temps de nous immerger dans ses décors, on sent les kilomètres qui passent, rien n'est superflu. Ce Suprématie est l’anti Rogue One : c’est le film d’un homme et de son co-auteur. C’est le film de ces acteurs qui ont pu s’approprier leur personnage des pieds à la tête.
 
Andy Serkis confirme ce sentiment : "Je me souviens, nous étions dans un hôtel à côté de la Fox qui venait de donner son accord pour ce troisième volet. Matt m’a présenté sa vision. La réunion devait durer 30 minutes, elle a duré 2 heures. Tout était déjà là, je ne me souviens pas d’un seul changement majeur par rapport à ce que Matt m’a présenté ce jour-là." Et Matt Reeves d'ajouter : "La différence entre Suprématie et Dawn, c’est que cette fois nous avons eu le temps. J’ai écrit le film avec Mark Bomback, mon co-auteur. Tous les jours, on se forçait à regarder au moins deux films. C’est un exercice que chaque scénariste devrait faire, mais nous en avons rarement le temps. Le scénario que nous avons écrit pendant cette période, c’est exactement le film que nous avons tourné. Il n’y pas eu de rewriting et pas eu de reshooting. Les quelques scènes que j’ai coupées, ceux sont celles où je trouvais que l’on redonnait trop de place aux hommes en oubliant le singe. Et je voulais vraiment que ce film se raconte uniquement du point de vue du singe".
 
Curieuse trilogie
 
Les singes, la réussite totale de cette trilogie, atteignent ici la perfection. Techniquement, le niveau est tel que même un œil aguerri peine à reconnaître l’ordinateur derrière l’image. Artistiquement, la prestation d’Andy Serkis est tout simplement parfaite de justesse, de précision et de subtilité. Oui, avec Suprématie, on peut enfin associer les mots CGI et subtilité. Tout ceci servi par une énième réussite musicale de Michael Giacchino.

Suprématie conclut brillamment cette trilogie. Curieuse trilogie dont chacun des films a trouvé grâce aux yeux des critiques et du public, mais qui n’a jamais semblé atteindre le niveau de notoriété des films Marvel, Star Wars, Hunger Games, X-Men et tant d’autres. Pourtant, on pourrait bien tenir la grande trilogie de notre époque. Il aura fallu un film composé à 80% d’animaux pour arriver au résultat le plus personnel, le plus touchant et finalement le plus humain qu’il nous ait été donné de voir depuis... trop longtemps.
 
L'Oncle Owen

 

Enregistrer un commentaire