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vendredi 16 août 2019

Operation Red Sea : Sun Tsunami sur le film de guerre

En DVD et Blu-ray : Avec Operation Red Sea, Dante Lam semble avoir voulu réaliser le film de guerre total. Ultime même. Celui qui se veut indépassable. A la Sun Tzu, ce stratège chinois auteur de L'Art de la guerre. Devenu le deuxième plus gros succès au box-office chinois de tous les temps, Operation Red Sea est disponible en vidéo. L'occasion de se faire une opinion sur cette méga-production aux séquences spectaculaires.



Spectaculaire, Operation Red Sea l'est à plus d'un titre. Par les moyens déployés pour le produire - décors impressionnants construits au Maroc, effets spéciaux de qualité et très bien intégrés. Et par la mise en scène choisie par le cinéaste hongkongais. Inspirée de faits réels, le récit nous plonge au coeur d'une intervention d'un commando chinois pour sauver et évacuer des ressortissants au sein d'un pays du Moyen-Orient en proie à une guerre civile. Le pays est imaginaire (le Yevvaire) mais l'approche se veut en partie réaliste. Parmi les films qui ont certainement inspiré Dante Lam, on pense à La Chute du faucon noir (Ridley Scott, 2001) et Du Sang et des larmes (Peter Berg, 2014). Même volonté d'être au plus près des combats, d'en montrer la fureur et l'horreur - et Lam ne se prive pas de faire des plans sur des corps sanguinolents et déchiquetés.


Tout en reprenant les codes du genre, tels que popularisés par Hollywood - jusque dans les interactions entre soldats (compétition, fraternité, solidarité...) -, Lam s'affranchit du réalisme en apportant une fougue toute hongkongaise à la chorégraphie des combats et à leur mise en scène, nerveuse, aérienne. Tout semble alors démultiplié : les explosions, les coups de feu, les corps projetés en l'air... 

Combat en milieu urbain, intervention dans un camp de terroristes, opération en pleine mer, duel de chars dans le désert... Lam enchaîne les séquences qui seraient à chaque fois le grand final d'un film hollywoodien. L'amateur de films de guerre en a pour son compte. Il pourrait parfois frôler l'indigestion mais Lam emporte l'adhésion par le dynamisme et l'inventivité de sa réalisation. Dans ce déluge de feu et d'acier, le cast, composé de comédiens chinois (Zhang Yi, Huang Jingyu, Hai Qing) et marocains (Khalid Benchagra, Ayoub Layoussifi), fait le job.


Reste la question que soulève tout film de guerre : celle de la propagande. Operation Red Sea met en avant le savoir-faire et la technologie de l'armée chinoise. Il est aussi question de patriotisme et de justification d'intervention sur des théâtres extérieurs. Les productions américaines en font tout autant. La différence notable est que le film de Dante Lam se termine par un double message - en mandarin et en anglais - on ne peut plus clair : l'armée chinoise protégera toujours ses ressortissants (un numéro de téléphone d'urgence est même indiqué) et elle fera face à toute menace sur son intégralité territoriale. Si la production de Top Gun avait été facilitée et soutenue par l'armée de l'air américaine (qui avait même ouvert des bureaux de recrutement près des salles de cinéma), celle d'Operation Red Sea est ouvertement une oeuvre à la gloire de la Marine chinoise. 

L'édition de Metropolitan Films propose en bonus des scènes coupées ainsi que des bandes-annonces.

Anderton

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