Cannes 2022

samedi 22 janvier 2022

High Ground : traque mortelle dans le bush

High Ground Simon Baker CINEBLOGYWOOD

En VoD :  Loin de son rôle dans Mentalist, Simon Baker est revenu sur sa terre natale, l'Australie, pour prendre part à un western tendu : High Ground. Disponible sur FilmoTV, le film de Stephen Maxwell Johnson délivre également un implacable message anticolonialiste.


En 1919, dans le Nord de l'Australie, un groupe de policiers et de fermiers poursuivent deux aborigènes qui ont tué une vache. Les fuyards se réfugient au sein d'une tribu aborigène. L'opération vire au massacre. L'un des policiers, Travis, parvient à sauver un enfant, Gutjuk. Dégoûté, il quitte la police. Douze ans plus tard, un groupe d'aborigènes s'en prend aux colons blancs dans la région. A sa tête, Baywara, un survivant du massacre et oncle de Gutjuk. Travis, ex-sniper pendant la première guerre mondiale, est forcé par la police d'éliminer Baywara et sa bande. Il demande à Gutjuk de l'accompagner dans sa traque afin de tenter d'éviter un nouveau carnage.

On n'attend pas Simon Baker dans ce rôle de "cowboy" australien mais il est totalement convaincant. Son personnage s'avère tenace et mué par un code d'honneur qui détonne parmi les fermiers et policiers blancs. Lesquels sont ouvertement racistes. Avec son oeil fuyant et son regard mauvais, Callan Mulvey (Jack Rollins dans Captain America Le Soldat de l'hiver et Avengers Endgame) est impeccable en salaud intégral, qui se permet même de crier que Blancs et Aborigènes ne peuvent pas vivre ensemble dans le même pays. Un pays qui est évidemment celui du peuple originel, dont le film nous montre la vie simple, dure mais en harmonie totale avec la nature. Les Aborigènes qui ont rejoint les Blancs sont traités comme une main d'oeuvre servile ou des âmes à "sauver".

Injustice et majesté

Stephen Maxwell Johnson nous donne à voir l'injustice d'un système colonial qui considère les Aborigènes comme des sous-hommes en même temps qu'il nous fait découvrir un peuple et une culture peu connus dans notre hémisphère. Dans le rôle de Gutjuk adulte, Jacob Junior Nayinggul révèle tout son talent pour exprimer le déchirement ressenti par son personnage, qui se retrouve au croisement de deux civilisations et au coeur d'un conflit sanglant, lui qui n'aspire qu'à la paix.

Un message fort parfaitement associé au récit. La traque, ponctuée de scènes de tension ou d'action, se déroule au sein de paysages grandioses, que le cinéaste prend le temps de nous faire admirer. Des plans longs qui impose le tempo du peuple aborigène, dont la voix résonne également à travers les chansons traditionnelles qui composent la musique du film.

High Ground est une belle découverte. 

Anderton

1 commentaire:

Joe Le Mort a dit…

Merci pur l'info. On regardera ça !
J'avais adoré THE NIGHTINGALE qui 'était un superbe film tourné dans le bush également. Peut etre plus dur que celui ci...