Dossier Super Bowl

mardi 3 février 2009

Trahison : thriller et la manière sur le terrorisme

En salles : Parler de l'islam et du terrorisme islamiste aujourd'hui au cinéma, c'est à la fois gonflé (ou inconscient) et casse-gueule. Surtout à Hollywood. On imagine déjà un film bourré de clichés, de préjugés et/ou de bons sentiments. Et bien, Trahison (Traitor), qui sort le 4 février en France, évite tous ces écueils.
Samir Horn (Don Cheadle) est un ancien "commando" américain. Musulman, il semble mal vivre la politique de son pays au Moyen-Orient. Après avoir rendu son béret et un passage par la case prison (au Yémen), où il s'est lié d'amitié avec Omar (Saïd Taghmaoui), Horn se retrouve au sein d'une organisation islamiste qui prépare des attentats dans le monde. Les agents de renseignements US Roy Clayton (Guy Pearce) et Max Archer (Neal McDonough) se lancent à sa poursuite de Marseille à Londres en passant par les States.
Thriller naturaliste
Soyons clairs : Trahison est un thriller au style "naturaliste", à la French Connection, si vous préférez. La photo, les décors (naturels) et la mise en scène façon reportage sur le vif contribuent à ancrer le film de Jeffrey Nachmanoff dans la réalité du monde. Celui du terrorisme et du contre-espionnage. Le principe du "coupable-désigné-seul-contre-tous" est ainsi revisité à travers le prisme de l'actualité brûlante.
Pas de temps morts donc, ni de rythme trop trépidant. On suit un homme accusé de trahison mais qui, évidemment, porte en lui un fardeau qui rend ses actions ambiguës. Il fallait le talent de Don Cheadle pour incarner avec humanité ce personnage coupable et culpabilisé. Bonne surprise : il n'est pas entouré d'affreux barbus sanguinaires mais au contraire d'hommes a priori normaux et bien sous tous rapports devenus terroristes pour défendre leur foi. Là encore, l'interprétation de Saïd Taghmaoui fait la part belle à l'humain (rappelez-vous déjà de ce qu'il avait apporté à son personnage dans Les Rois du Désert). Même les agents du gouvernement américains échappent à la caricature.
D'où un film plein de rebondissements (avec un final original) et qui donne à réfléchir. Sur le sens de la trahison et du devoir, sur le dialogue et la tolérance. Les cyniques s'en moqueront à l'avance. Tant pis pour eux. Les amateurs de films américains faisant preuve d'ouverture d'esprit devraient en revanche y trouver leur compte.
Anderton

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ca fait sincèrement plaisir de voir Saïd Taghmaoui faire une telle carrière. Cet acteur est superbe.

Sentenza a dit…

ça donne envie d'aller le voir... J'ai hâte de revoir Don Cheadle dans un grand rôle.