CANNES 2024

lundi 2 février 2009

Espion(s): Bond, Jean Bond.

En salles. Vincent (Guillaume Canet) porte la barbe comme l'étendard de son indépendance. En butte aux règles qui régissent notre société et malgré ses études brillantes, il travaille comme bagagiste dans un aéroport. Heureusement, il a gardé son sens de l'humour puisqu'il lit Bettelheim et se moque gentiment de son collègue illettré. Lorsque celui-ci meurt devant lui en ouvrant une valise diplomatique douteuse (le simplet s'est vaporisé un gaz hautement inflammable sur la main), il s'empresse d'accepter la proposition de la DST, se taille la barbe et devient une source pour les services de contre espionnage français. Sa mission, il l'a acceptée, est d'identifier le détenteur de la valise susnommée. Son intelligence et son charme au service de la nation, il se rend à Londres et séduit Claire (Géraldine Pailhas), la femme peu farouche d'un homme d'affaire manipulé par les commanditaires de l'attentat dont a été victime le simplet. Vincent et Claire filent alors le parfait amour jusqu'à ce que l'espion fraîchement émoulu révèle son activité à la belle.
Ennui...
Nicolas Saada est un ancien critique aux Cahiers du cinéma. Il a vraisemblablement tiré de cette expérience une vision assez complexe du film de genre puiqu'il éprouve de grandes difficultés à nous la transmettre. Peut-être est-ce dû à sa volonté de mêler espionnage et romance dans un même film ? Sans doute est-ce la conséquence d'un trop grand désir de subtilité(s) dans des univers où les conventions sont légions...Toujours est-il que même s'il parvient à grand peine à nous faire croire à l'engagement de Vincent dans les rangs de la DST, il échoue lamentablement à retranscrire l'intensité de sa passion pour Claire. Le pire étant que la progression du récit est laborieuse et chaotique: a trop vouloir suggérer les implications émotionnelles de ses protagonistes, Saada oublie de nous les expliciter et elles apparaissent souvent comme artificielles, sans lien avec la réalité de la situation. La conséquence directe est un emmerdement profond qui ne s'achève qu'avec la fin du film. Espion(s) est un film tellement exigeant qu'on en oublierait de profiter de la plastique irréprochable de Géraldine Pailhas.
Mon conseil: a voir avec sa belle-mère.
Sentenza

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