Belmondo : films, anecdotes...

lundi 8 mars 2021

Cadors de la comédie (4/4) : Claude Zidi, décontracté du gag

Juste une mise au point Claude Zidi CINEBLOGYWOOD

Artistes : Le dernier épisode de Juste une mise au point, la série documentaire consacrée aux maîtres de la comédie à la française et diffusée sur OCS Géants, donne la parole à Claude Zidi. Rangé du cinéma depuis quelques années, le cinéaste revient avec modestie et décontraction sur quelques-uns de ses 25 films. Lesquels ont tout de même totalisé 80 millions d'entrées en France.


Voix douce, regard qui brille, Zidi fait face à des écrans qui diffusent des extraits de ses comédies ainsi que des images d'archives. Les souvenirs jaillissent, les anecdotes fusent. Tout commence avec Claude Chabrol, dont il est l'assistant caméraman. Retour sur la méthode du journaliste devenu metteur en scène : pas de plan de travail, le bonhomme travaille en fonction des événements. Zidi amène son savoir-faire de technicien. En parallèle, il écrit des gags. Chef opérateur sur La Grande java de Philippe Clair, il participe au découpage du scénario et apporte quelques gags. Voici Zidi repéré par les Charlots, immenses stars des 70's, qui lui demandent de travailler avec eux. "Vous avez une idée ?", demande leur producteur. Ce sera Les Bidasses en folie. 

"Si je ne l’assume pas, je ne le fais pas"

Quelques gags passent à l'écran. Petite moue de Zidi, qui semble chercher du regard l'approbation de l'équipe du documentaire. "Si je ne l’assume pas, je ne le fais pas", assène le réalisateur en voyant un des Charlots donner un steak peint en bleu à un client de restaurant qui demandait un steak bleu. Et d'expliquer le délicat passage de l'idée sur papier à la mise en place à l'écran. "On se pose la question si ça va faire rire. Cela m'amusait de le filmer."

Hommage à Christian Fechner et Claude Berri, qui n'étaient pas que des financiers mais aussi des artistes. Un 31 décembre en boîte de nuit, le premier, un peu alcoolisé, lui dit : "Cette année, tu me fais un film". Zidi, tout aussi imbibé, répond, bravache : "Non, je t'en fais deux !" Ce sera La Moutarde me monte au nez et Les Bidasses s'en vont en guerre. Deux salles, deux ambiances. Pour La Moutarde, Zidi voulait raconter l'histoire d'un paparazzi et d'une star. Il pense à Belmondo et Bardot. Ce sera Pierre Richard et Jane Birkin. Joli succès. "On enchaîne avec les mêmes" pour La Course à l'échalote. "Les films se montaient très vite car ils marchaient", lâche-t-il, avec bonhommie, soulignant que c'est alors plus simple de convaincre les acteurs, les financiers et les exploitants.

"Cela ferait un bon titre"

Parfois un film se fait sur nom d'acteur (Belmondo et Depardieu veulent tourner sous la direction de ZIdi : cela donnera L'Animal et Inspecteur la bavure), parfois sur un titre. Au restaurant, quand le maître d'hôtel lui demande "L'aile ou la cuisse ?", Zidi se dit que ça ferait un bon titre. En sortant du déjeuner, il appelle Fechner, avec une idée de film autour d'un critique culinaire. "Le lendemain, il me dit : 'On a De Funès et on sort à telle date'. Mais, attends, je n'ai que le titre ! Il me répond : 'Ben oui, démerde-toi !'." Le duo Louis de Funès-Pierre Richard est constitué. Les décors sont lancés pendant que Zidi conclut le scénario. Quinze jours avant le tournage, il envoie le script à Richard... qui ne l'aime pas et refuse de le faire. "Pourquoi pas ?, déclare Zidi, visiblement pas énervé. Il a peut-être raison, ça installe un petit doute." Pour le remplacer, le cinéaste pense à Coluche. Madame de Funès le trouve trop vulgaire mais l'un des fils du comédien dit à son père : "Coluche ? Il est plus drôle que toi !" Le duo s'entend à merveille, même si Coluche est obligé de demander à Fufu de ne plus rire pendant ses prises. En revoyant une scène du film, Claude Zidi repère une erreur de scénario. Il aurait aimé la retourner...

"Pour Les Sous-doués, la star, c’était le film". Jeunes acteurs peu connus, avec quelques vétérans ; tournage en six semaines en décors naturels. Pas cher. Enorme succès. Archives : interrogé par une journaliste sur le tournage des Sous-Doués en vacances sur le cinéma commercial, Zidi balance : "Je n’en connais pas d’autre. Je n’ai pas trouvé de mécène, je ne tiens pas à être entretenu et je préfère que la relation entre moi et le public soit la plus courte possible". Plus tard, il confiera ne pas vouloir s'apesantir sur les critiques qui ont souvent eu la dent dure à son égard : "Quoi dire ? Ils font leur métier. C’est le public qui repère les talents".

Pour Banzaï, Zidi rejoint Didier Kaminka dans une maison à Cadaqués. Le scénario s'écrit entre séances de piscine et parties de yams. "Ce n'était pas un travail intense mais les idées venaient quand même. Les films légers, ça suppose un travail un peu décontracté."

Presque à Cannes

L'idée des Ripoux vient quand Simon Michaël, alors flic aux RG, lui évoque ce terme insolite et quelques anecdotes. "Cela fait tilt." Le flic devient coscénariste. Au départ, le script vire au burlesque mais le duo n'est pas satisfait. "On a tout repris en pensant à Noiret. Cela nous a amené l’idée de l’amateur de courses." L'histoire est née. Noiret accepte, hésite un peu sur le profil de son partenaire : Thierry Lhermitte vient du café-théâtre, Noiret du TNP. "Mais ça a fonctionné entre eux dès la première scène." Enorme succès critique et public. Deux César. Gilles Jacob aurait même voulu le sélectionner au Festival de Cannes !

Zidi enchaîne avec Les Rois du gag, qui sera à l'affiche alors que Les Ripoux y est encore ! Michel Serrault incarne un acteur et un metteur en scène iconique. "L’erreur, c’est de l’avoir appelé Welson. Les gens ont pensé à Orson Welles. [Alors que] Serrault m’a raconté l'histoire d'un metteur en scène italien qui s’est endormi pendant une scène et personne n’a osé dire : coupé."

Enfin, extrait de La Totale ! Que James Cameron adaptera avec Arnold Schwarzenegger dans la rôle-titre. Malgré un procès qu'il n'évoque pas, Zidi déclare : "J’aime beaucoup True Lies. Je n’aime pas voir mes films car je me dis que j’aurais dû [tourner autrement]"... Perfectionniste.

Le documentaire produit par Sébastien Labadie s'achève de la plus belle des façons. Extrait des Rois du gag : "Le réalisateur le plus profond, affirme Serrault, c'est Cousteau !". Claude Zidi fait une moue comme pour s'excuser... avant de se mettre à se marrer. Gentleman gagman !

Découvrez les prochaines diffusions sur OCS Géants.

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