mardi 12 août 2014

Noé : trois raisons de se jeter à l'eau


En DVD et Blu-ray : Que tu sois confronté à une température caniculaire ou à d'abondantes pluies sur ton lieu de vacances, tu peux décider de rester enfermé et de (re)voir Noé, que Paramount Home Entertainment sort aujourd'hui en vidéo. Et ce, pour trois bonnes raisons qui n'ont rien à voir avec la météo.


Une aventure avec un supplément d'âme. Noé, le déluge, l'arche... l'histoire est connue. Si tu as été élevé dans l'une des trois religions monothéistes, tu auras forcément envie de te replonger dans un des grands récits du Livre. Et si tu es un laïc convaincu, tu seras davantage attiré par le côté blockbuster du film. Car Darren Aronofsky a signé une oeuvre respectueuse des textes et en même temps complètement hollywoodienne, avec de l'action, de l'émotion, du drame... Il suffit d'un minimum d'ouverture d'esprit (spectateur cynique, passe ton chemin !) pour se laisser embarquer dans une aventure que le cinéaste revisite en mode fantasy, avec une bataille qui aurait pu figurer dans Le Seigneur des anneaux. Une aventure avec du souffle et quelques réflexions sans que le mot "message" ne clignote en permanence dans un coin de l'écran. Le rapport à la nature et aux créatures qui la peuplent, le rapport à Dieu, les relations entre les hommes, au sein d'une famille ou de la société sont quelques-uns des thèmes abordés dans le film et qui peuvent donner à réfléchir. Jamais je ne me suis senti prisonnier d'une thèse ou d'une religion. Chacun peut se faire sa propre idée sur la situation et les choix auxquels chaque personnage est confronté.

Un cinéaste inspiré. Aronofsky porte cette histoire depuis l'enfance. Elle lui tient à coeur. Et on sent bien qu'il a souhaité en proposer une relecture moderne mais fidèle. Avec la volonté d'exprimer par l'image la force du texte. Les fans retrouveront donc les trouvailles visuelles propres à leur cinéaste fétiche ; les autres, ceux que le style Aronofsky insupporte, et bien, ils s'en donneront à coeur joie ! Haters gonna hate. Bref, l'indifférence n'est pas de mise.

Un acteur emporté. Russell Crowe campe un Noé qui n'a rien d'un super-héros. Il doute puis, après "l'illumination", s'engage pleinement dans sa mission. Le brave père de famille frôle alors le fanatisme. Le visage de Crowe est un théâtre à ciel ouvert sur les contradictions qui déchirent Noé - et l'homme d'une manière générale. Formidable prestation ! Les autres acteurs sont tout aussi inspirés : Ray Winstone assure en bad guy prêt à tout pour survivre, idem pour Anthony Hopkins, qui incarne un Mathusalem roublard. Jennifer Connelly joue une mère pleine de dignité. Emma Watson et Logan Lerman sont parfaits en jeunes adultes broyés par une histoire qui les dépasse. En revanche, Douglas Booth manque de présence. Mais globalement, le casting fait oublier les effets spéciaux pas toujours au niveau de l'ambition du film - le seul bémol, à mes yeux. Pas de quoi cependant faire prendre l'eau à ce Noé.

Anderton


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