Dossier

mercredi 3 septembre 2014

La Crème de la crème : un DVD qui te met Essec et mat

En DVD et Blu-ray : Pour coller à la rentrée scolaire, TF1 Vidéo sort La Crème de la crème. Le film de Kim Chapiron avait tout pour me déplaire.


Lors de sa sortie en salles, La Crème de la crème m'avait fait mauvaise impression. Le sujet que j'avais résumé à "baise en école de commerce" et l'affiche au look 80's ne me disaient rien qui vaille. J'imaginais bien Patrick Schulmann réaliser ce film en 1986, avec une photo de production AB et des seins tristes au milieu de dialogues creux. J'imaginais à l'inverse le même sujet traité par Judd Apatow, avec des vannes qui fusent, des situations énormes et de l'émotion. Bref, ça sentait la crème brûlée. Ben, je me suis trompé.

Chapiron a signé une comédie acerbe sur le milieu puant des grandes écoles (les étudiants ne sont pas là pour étudier mais pour faire la teuf et "networker"), de la France des castes. Il a surtout brossé le portrait d'une jeunesse désabusée, désinhibée, plus amorale qu'immorale, prête à tout pour du amasser du fric dont elle se contrefout finalement. Et en même temps, une jeunesse qui cherche le grand amour, une jeunesse gauche et naïve, fragile, émouvante... 

Golden generation
 
Et c'est grâce aux acteurs, tous formidables : Thomas Blumenthal, Alice Isaaz, Jean-Baptiste Lafarge, Karim Ait M'Hand, Marine Sainsily... voilà des noms à retenir. On devrait les revoir bientôt sur grand écran. Ils apportent une fraîcheur en même temps qu'une belle maturité artistique à un cinéma hexagonal qui sent trop souvent le renfermé. Fidèle à lui-même, le producteur Pierre-Ange Le Pogam joue également un petit rôle, celui du directeur de l'école. Et il est bon, le bougre !

Quant à Kim Chapiron, il propose une mise en scène réfléchie, avec de beaux plans mais sans tomber dans l'esthétique gratuite. Tout ça a beaucoup de sens même si on sent bien que le bougre refuse de se prendre au sérieux. Une saine insolence qui n'empêche pas le talent. Enfin, la B.O. n'est pas mal non plus - et pourtant, il y a du Sardou dedans. Et si La Crème de la crème était l'oeuvre fondatrice d'une nouvelle nouvelle vague ?

Anderton


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