Dossier Super Bowl

mardi 5 février 2019

Arctic : survis ma vie avec Mads Mikkelsen

En salles : Comment survivre quand on est isolé de tous et de tout et qu'on n'a sous la main ni un ballon de volley, ni un cadavre de cheval ? Mads Mikkelsen nous répond avec force et humanité dans l'excellent Arctic, réalisé par Joe Penna et présenté au Festival de Cannes 2018


Le film nous plonge directement au coeur de l'action. Un homme tente de survivre au sein d'un désert de glace et de neige. Sa mine et l'état de ses vêtements nous apprennent d'emblée que plusieurs jours ont passé depuis l'accident de son avion, dont on découvre bientôt la carcasse. Qui est-il ? Pourquoi son avion s'est-il crashé ? Nous le savons pas. Pas plus qu'on en apprendra plus sur son parcours ou son passé. Et pourtant, tout est dit dès ces premières scènes. Nous assistons aux tâches que l'homme s'est fixées pour se nourrir, se désaltérer et signaler sa présence aux éventuels secours. Chaque activité est rythmée par le bip de sa montre. Une routine pour ne pas se faire surprendre par la nuit ou le froid. Pour ne pas non plus se laisser abattre par le désespoir.


Méthodique, organisé, l'homme pourrait être à l'image de l'environnement arctique : un monstre froid. Mais Mads Mikkelsen l'illumine d'une humanité, qui ne le quittera jamais. D'un regard, d'un souffle parfois, le comédien fait autant passer son courage et son obstination que ses moments de doutes ou de peur. Au fur et à mesure du film, la fatigue, les privations, la souffrance creusent son visage. Il faut dire que rien n'est épargné au personnage - ni au comédien, qui donne de sa personne, ni au spectateur qui a l'impression de prendre part au combat du Robinson des glaces. Joe Penna filme avec réalisme et honnêteté les efforts menés dans des conditions extrêmes. 

C'est très étonnant mais Arctic se rapproche d'une expérience de réalité virtuelle tant nous vivons les difficultés et les frustrations du personnage. Coup de génie de Joe Penna, réalisateur de quelques courts-métrages, qui signe une mise en scène simple, à l'opposé de ses délires sur Youtube, une mise en scène sans esbroufe ni coup de tonnerre mais redoutablement efficace. Il filme le combat d'un homme pour sa survie au milieu de paysages à la beauté létale. C'est aussi le combat d'un homme pour conserver sa dignité et préserver son humanité. Un homme qui se met à nu - littéralement - pour accomplir le don de soi ultime. C'est beau, c'est fort et Mads Mikkelsen y livre une de ses prestations les plus marquantes. 

Anderton

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